‹ Jacques Callot, sa vie, son œuvre et ses continuateurs (volume 2)Chapitre 20 sur 53 · CALLOT A PARIS · texte numérisé non relu

CALLOT A PARIS

Cailot vient à Paris dans les premiers jours de lt>20. — Il retrouve Israri Henriet. — Les artistes graveurs d'alors. — Michel Lasne entreprend le portrait de Cailot. — Impressions de Cailot à Paris. Le Passage de la mer Rouge. — Le portrait terminé par Michel Lasne, ses légendes élogieuses; les copies qu'on en fait. — Le siège de La Rochelle : les bordures et les planches. — Faiblesse relative de ce travail. — Siège de Sainl-3Iartin de Ré; préface lyrique de Cailot. — Combat de Yeillaiie: courlisanerie de Cailot à ce sujet. — Le portrait de Charles Dclorrae, médecin de Gaston d'Orléans, et ses emblèmes. — Les deux seules pièces datées de Paris par Cailot : le Passage de la mer Rouge et le Marché d'esclaves. — Cailot quitte Paris avant le tirage des deux sièges.

Lt' lui Louis XIÏI élaiil reiitir à Paris vers lo 15 (léceinbie, Cailot ne prit vraisemblablement le chemin de France qn'après le 1" janvier. Il alla droit chez Israël Henriet, alors logé au Petit-Bonrbon; sur la place du Louvre, dans celle partie de riiotel des ducs de Bourbonnais conservée lois des démolitions de Id^T. Sa réputation lui lit un séjour agréable dans le milieu d'artistes où il arrivait. Il se lia vite avec Michel Lasne, peintre et graveur de portraits, qui lui demanda séance, heureux de se mesurer à Van Dvck. Cailot, excellent bdinine, très liant et très

loirniii, capable de faiie iiieiitir le vieux proverbe

Traître à Dieu et à son prochain,

comme la suite le proiivei'a. ])liil à tout le monde Le jour, il s'occiipail à recueillir les renseignemenls nécessaires à sa besogne, consultant les ingénieurs retour du siège, et croquant, de-ci de-là, quelques soldats errants par la ville. Les soirées se passaient en visites aux graveurs parisiens, aux amateurs tels que Delorme, et dans les téte-à-téte avec Henriet, son ami d'enfance.

J'aurais voulu décrire un de ces intérieurs « d'iiomme de mestier », la petite cliambre à poutrelles saillantes, assez mal éclairée dans une rue étroite, ayant des murs encombrés d'estampes fixées par des clous ou des épingles, dans laquelle travaillaient les vieux artistes de ces temps. La pièce est en commun, et tandis que le père, assis au meilleur endroit dans le plein jour, dessine sur le vernis ou baigne le métal dans l'acide, la ménagère fait bouillir le pot ou ravaude des bas. Dans leurs plus grands Iriomplies les tailleurs d'images ne rêvaient rien daulre; avant eux leurs pères s'étaient contentés de cette médiocrité, ils n'imaginaient pas avoir droit à plus. Callot lui-même, en dépit de son blason à cinq étoiles, tout fils de noble qu'il fût, ne connaissait pas les tentures ou les meubles rares. La mode était la simplicité dans la' confrérie, et quiconque s'en

l'ùl atfranclii fût Init liicii riiv. lirc iiiihnit (iiTiiii l'orgeron logé dans un pahiis.

Le mouvement efTiayant delà grande ville enserrée dans ses remparts, le monde joyeux et remuant des seigneurs, les réunions de la place Royale, la vie tumultueuse des quais, firent une impression profonde sur Jacques Callot. C'était la première fuis qu'il rencontrait les vraies grandes foules dont il goûtait plus que tout autre la poésie et l'entraînement. Que de projets ne conçut-il pas alors! Combien n'avonsnous pas à regretter qu'une entreprise colossale comme celle des sièges ait occupé ses meilleurs instants! A peine détournera-t-il son attention pour jeter à la liàte une impression sur le cuivre; il s'arrêtera quelque jour sur les quais de la Seine: très lestement il nous fera assister à une fête nautique, au mouvement du port : et ce sera tout. Nous perdrons à cette précipitation des chefs-d'œuvre, contre-partie de VImpruneta ou de YÊventaiU môme peut-être des Caprices parisiens à mettre à coté de ceux de Florence. D'autres viendront après lui qui combleront de leur mieux cette lacune. Etienne La Belle gravera une vue magistrale du Pont-Xeuf couvert de cette population parisienne si variée dans ses élégances ou ses guenilles: Callot n'eût pas dit mieux, mais autrement.

Sans aucun doute ses cahiers de voyage se couvraient d'esquisses de tout genre. Un pan de muraille, une vieille tuur. les gens affairés allant à leurs

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li'jivjiiix, iiiillc clioscs en un mol le; retieiincnl djnis ses promenades. Mais, si rapide que lût son exécution, il ne trouvait guère l'instant de donner un corps à ces notes fugitives, ^on camarade Ilenriet le pressait (le lui lournir un passage de la mer Rouge qu'il pût éditer séance tenante. Callot s'interrompit momentanément pour contenter son vieil ami. Il fit d'imagination les Hébreux assistant au désastre de l'armée égyptienne, en reprenant de-ci, de-là, les éléments graphiques de la Grande Passion, les chemins creux où se perd la coliuc des Juifs, les rochers baignant dans la mer, et Moïse arrêté sur le rivage. Au sortir des séances il se rendait chez Michel Lasne, qui le portraiturait avec une attention particulière. Cet artiste était l'héritier direct des Dumonstier; il tenait d'eux le naturel et la correction, mais son procédé de gravure manquait de légèreté. Comparé au portrait de Van Dyck, le Callot de Michel Lasne parait dur et froid, et si la ressemblance est boime, la ])hysionomie n'a pas cette note idéale que le maître llamand savait donner à propos.

La légende latine placée au bas est des plus élogieuses, Callot « (^st une merveille de la nature et de l'art. Il dessine, il grave sur un cuivre de dimensions restreintes les plus grands et magnifiques spectacles de la nature. On peut dire même que la nature y voit ses œuvres poussées à la perfection, d'où l'on peut justement penser qu'il est le dernier

Callot. par Micliel La^iic.

iK'i'iticr de ridée divine sur l;i Iciie «. Kt puis Michel Lasiie nous fixe sur làge vrai de Caliut ; à lépoquedu portrait, en 1629, l'artiste lorrain a juste trente-six ans; c'est donc qu'il est né en 1595. et non en 1592 comme le prétendent Mariette et M. Meaume.

I Le portrait gravé par Miclid Lasne eut un succès ! égal à celui de Van Dyck: il lut copié et recopié par tout le monde, depuis Raphaël Custos, qui en doinia une transcription médiocre, jusqu'à Loemans dont nous avons parlé déjà, jusqu'à Mnutcornet et Desrochers; ce dernier affuhla le sien d'un quatrain digne (h' l'ahlié de Marolles :

Le cuivre favorable à mes inventions S'anime sous l'effort de mes productions ; J'ai donné d'un seul trait la vie à mes figures Et mon nom s'étendra dans les races futures.

Certes la prophétie n'est point menteuse, et nomhre de vers meilleurs que ceux-là n'ont pas toujours dit aussi vrai.

Le siège de La Rochelle, qu'il ne quittait guère,

I comportait six planches de 56 sur 44, et dix fragments de bordure destinés à être réunis et à h)rmer un cadre complet. A vrai dire. Taccumulation de matériaux officiels l'effrayait un peu ; les ingénieurs

I royaux qui lui fournissaient les renseignements abondaient, suivant l'habitude, en détails techniques qui n'avaient rien à faire avec l'art. Chacun tenait à

son avis, le pins souvent contraire à celui du voisin. lJ'ai)rès Félihien, Gallot fût allé sur les lieux, uiais nous avons peine à le croire. Il y a dans cette besogne immense et fastidieuse un tel sentiment de lassitude et (]'(Mnuii, on relève tant d'erreurs de topographie, qu'on ne saurait admettre la désignation sur nature des espaces décrits. Une seule chose paraît donner raison à Félihien, c'est que dans un cartouche des hordures, Callot esquisse le profil assez exact de La Rochelle. Mais n'y avait-il pas, dans le monde d'ingénieurs, d'ofiîciers de toutes armes occnpés au siège, quelque dessinateur capable de lui procurer un croquis passable sur lequel il eût brodé? Onoi qu'il en soil, il n'est bien lui que dans les jtordures. Ce sont de petits épisodes qu'il nous montre dans le cadre historié d'un fleuron comme celui de VÉvenlail de Florence. En haut voici les P»ochellois proshM'ués aux pieds du roi et criant merci. Feutrée de bonis XIII à La Rochelle; en bas, le maréchal de Schomberg pi'ésentant les Anglais |)iisonniers, le profil de La Rochelle et d(^ la Digue. Mais Callot ne grava ni les attributs, ni les trophées, ni les cartouches, ni surtout les portraits en buste de Louis Xin ou de Gaston. Peut-être même conlia-l-il à des comparses certaines parties dn siège; ce qui est certain, c'est qu'il néglige visiblement les villes et les maisons. Dans cette représentation idéale de plusieurs lieues carrées, remnlies de chevaux et d'hommes,

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Mil l'orl n'apparaît pas sensiblemeiil plus i^ros (jiriiiiL' cliairelte. Je sais que la mode était, pour les dessins de ce genre, de figurer les courtines et les bastions en plan, alors qu'on mettait tout auprès une maison en perspective, mais Callot ne j)ouvciil-il pas reprendre, pour son compte, les épures qu'on lui donnait et leur communiquer un peu de la vie intense qu'il savait mettre en toutes choses? Une fois la vraisemblance détruite, le reste intéresse moins, et les

Entrée du roi à La Rochelle. — Cartouche de la planche du siège.

premiers i)lans couverts de nefs anglaises bâties sur le même modèle n'ont point fimportance nécessaii'c pour l'aire oublier les erreurs des lointains.

'".es sortes d'épopées à l'eau-forte étaient conçues suivant certaines conventions dont il est bon de parler ici. Par exemple, le héros principal se rencontre à la l'ois en diverses places. Dans le siège de La Rochelle, Louis XIII est à la pdinte du Chef-du-Bois d'un coté, et de l'autre reçoit la soumission des Rochellois. Ce don d'ubiquité procédait des représentations na'ives des triptyques: on l'avait étendu aux

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œuvres (riinc seule veuue sans y laelli'c plus de inaliee. Liviv à lui-nièine, Callol ue Teùt peulèlre point osé; mais il opérait par ordre, il fallait quand même courtiser le monarque.

On joignit une légende à ce tableau énorme pour en expliquer les divers points. En tête, Callot plaça une sorle de préface ou mieux un manifeste dilliyrambique destiné à toutes les nations. Qu'on ne parle plus des merveilles dn monde, des Pyramides, du Colosse de Rliodes, du tombeau deMausole. Louis XIII a fait plus que tous les peuples réunis, il a vaincu La Rocbelle « que Callot, Lorrain de nation, vous représcjde, cette monstre espouvantable d'iiérésie et de rébellion qui avait plus de cent testes! »

Le siège de Saiiit-Martin-de-Ré s'ins})ire des mêmes données, mais une part plus large y est réservée aux opérations militaires. Sur le devant de la composition, Louis XIII à clieval, accompagné de Gaston d'Orléans, surveille le transport des munitions. Cette partie de la scène est conçue dans la manière ordinaire du maître; les soldats.' les matelots forment un tableau parfait. La légende rapporte que le Lornùn avait glissé, par inadvertance ou par malice, un cardinal de Riclielieu en soutanelle montant un elieval fringant et brandissant ime baguette dans la direction du roi, comme s'il eût voulu marquer la "façon dont se passaient les choses. Callot dut eflacer le malencontreux ])ersomiage et le remplacer par un

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officier insignifiant. Je laisse à juger le prix d'une estampe de 17/^ (le Ré où se renconlrerait le Richelieu à la baguette!

Les troupes descendues ilans l'île sous la conduite du maréchal de Thoiras y donnent la chasse aux Anglais. Ici encore mêmes culorscs à la vraisemblance dans la représentatinii (hi fort de la Prée. La mei* couverte de brigantines, de lougres, de barques de pêche, n'est point non plus très vraie; les réminiscences du Combat des Galères se font sentir. Insipide besogne pour le créateur des très petits que ces surfaces à couvrir de tailles, à aménager, à découper par tranches! 11 n'en cache pas son dépit, et si son lyrisme l'emporte dans la seconde préface, il détonne singulièrement. « Callot à tous les potentats de la terre, et à tous ceux qui possèdent et dominent les mers, pour la gloire perpétuelle du roy très chreslien Louis le Juste, Empereurs, roys, princes et toute sorte de souverains, c'est l'Isle de Ré que Callot le Lorrain vous représente, l'une des moindres de celles qui sont habitées!., etc. »

Une entreprise aussi considérable, aussi fastidieuse, une fois sur le chantier. Callot se donnait à lui-même des congés, comme nous l'avons dit. Tantôt il collabore avec Michel Lasne à im portrait équestre du roi, en gravant dans les fonds une scène militaire qui lui servira à figurer, à quelque temps de là, le Combat de Veillane. Dans cette dernière œuvre la

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coiirlisaiiorio ir prend ses droits. Le vainqueur de Vcillane, c'est le duc de Montmorency, c'est lui qu'on doit représenter en haut de la planche dans un médaillon. Mais sur les entrefaites il se compromet dans le i)arti de Gaston. Que t'ait Callot? Il remplace le véritable Ikm'os par une doublure, un surintendant ^les fmances, soldat à ses heures, le marquis Ruzé d'Effiat, et, tandis que Montmorency en personne charge dans le combat, c'est l'autre qui trône à la place d'honneur. Malheureux Lorrain, obligé de politiquer en France en faveiu' d'un roi qui allait, sous peu, traiter ^'ancy comme La Rochelle I Au moment précis où Callot terminait le Combat de Veillanc, Gaston d'Orléans s'était retiré à la cour du duc d(^ Lorraine; de là il négociait pour obtenir du roi et du cardinal un accommodement. Richelieu, fort occupé ailleurs, notait précieusement ses griefs contre un prince ami ou soi-disant tel, devenu l'hôte préféré des mécontents; il n'oubliait pas les fêtes à Madame de Chevreuse. Pour un instant néanmoins il consentit à faire sa paix avec le duc d'Orléans, et celui-ci rentra en France le 9 février 1050.

C'est vers cette époque que Jacques Callot entreprit leportrait emblématique du médecin Charles Delorme, confident de Gaston; un des plus grands admirateurs de l'artiste. Il le conçut à la mode d'alors, dans un cadre d'attributs embrouillés et complexes empruntés à Paul .Iî)ve et à Alciat, 'sortes de casse-tete à l'usage

\0O.CARDL0 DELORML RLGVM CHRJSTlANfSS.''^ HENtUCf \MACNI,X^LVD0\1CI IVS^TI • Consil et^Uedico ordmanoyE^a \nj Galliœ apud durcie ôaîenses Qufshn Inteéemmû DNl \ GAS^TONir FRANCVÉ PnmanoJîcJiro E^XHMONEZIATS) t\ Sun bol tram hatic sw Emôiem^rîediceis crrmibusdonhuracvfre Sun adot-natam^ chseriiaiiria' yyn^iocnuot^ IACOB! CALLOT NOBlLIi LOTH/\RINg' Jecir, vowr, dtrmurj^ancej MDCXXK

-^yLMAli CAPrr hc^mST^ adJnstarJ'frtt-

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Portrait de JJelonne.

JACOITS CALLOT 1".7

(les désœuvrés. Toutefois il ne dut eu faire la planche détlnitive (|u*à son retour à Nancy: seule la composition en l'ut arrrli'e à Pari> (kins les lignes princijiales. A droite et à gauclie du portrait, deux arbres confondant leurs branches dans bipartie supérieure: l'un est un orme par allusion en ré])us au nom de Delorme. l'autre un laurier. Des oiseaux sont perchés sur les branches; au milieu, un anneau formé d"uu serpent engoûlant sa queue, tiré des devises de Paul Jove. Partout des légendes latines se rapportant à la fois aux choses représentées et au personnage.

La figure n"a rien de celles des médecins de Molière, elle laisse au contraire entrevoir un rafllné de marque, un seigneur couvert de dentelles et de soie ; elle est enfermée dans une étoile formée par l'entrelacement du double A grec ou de deux triangles, images ordinaires de la divinité. Autour du charmant buste ou lit : Carolus Lormeus oracuhnn solers Charles Delorme oracle impeccable. Et puis chaque compartiment des triangles porte un mot grec décrivant les qualités supérieures par lesquelles Delorme a mérité son titre de médecin : ses aptitudes, son travail, sa réussite, son expérience, sa compassion, la théorie et la pratique de son art. En outre de ses fonctions de chirurgien, Delorme avait été trésorier à Bordeaux; c'est ce que Callot nous indique par le dragon des Hespérides, l'un des supports de ses armes, et la devise Ozi/.ii'. -/.a-. ;r/; ,3/.7-t£'.. H rend des services sans

011 tirer bénéfice : allusion transparente aux reproches lorniulés d'ordinaire conli'e les gens de finances. En résumé, les seules traces du séjour de Jacques Callol à Paris, en dehors des douze planches du sièj>e de La Rochelle et de Tlle de Ré, — je devrais dire la preuve irrécusahle — c'est le Passage de ht mer Rouge, daté de Pai'is, et le Marché cV esclaves, fantaisie enlevée de verve, où l'artiste nous montre à la fois des marchands d'esclaves levantins, et une vue du Pont-Neuf dans le fond. Le reste est douteux. Il allait retourner à Nancy, laissant même son travail des sièges inachevé dans la partie accessoire, livrée aux graveurs des cartouches et des portraits. Il n'en (levait voir les épreuves qu'après tout le mon(]e, mais il n'y mettait pas sa coquetterie ordinaire; il sentait que ses moyens personnels s'étaient faussés par l'observation trop exacte des ordres reçus. Il est rare qu'un homme de génie évolue à l'aise sur commande.

YIII

^Tliot de retour à .\ancy. — Mort de son père. — Les vues de Paris gra-

vée-s en Lorraine. — Gaston d'Orléans à la cour du duc Charles: son mariage

avec la jirincesse de Lorraine: ses rapports artistiques avec Callot. —

I. ivures de monnaies. — Les Grands Apôtres. — Petites estampes reli-

isfis. — Portrait de Claude Iieruet. — Période militaire dans le talent

Callot. Les Misères de la Guerre. — Invasion de la Lorraine p;ir

li- XIII ; siège de Nancy. — Patriotisme de Jacques Callot, sa réponse an

— Vie du soldat et ses misères. — La Revue. — Les Exercices mili-

s. — .Mort de Callot : son èpitaplie auxCordeliers ; sa sépulture actuelle

Juvrcs inaclievées de Callot: la Petite Treille; VEnfant Prodigue. —

rurtrait de Catherine Kuttinger.

Callot ne paraît pas avoir conservé de Paris le souvenir enchanté et pieux qu'il avait gardé de Florence : la tâche pénible à laqnelle il s'était condamné pendant son séjour, les intrigues de cour aux- ([I telles il s'était trouvé mêlé, avaient contribué à lui faire voir la France sous im jour plus sombre. Il n'emportait pas en Lorraine de nombreux matériaux pour des œuvres ultérieures. A peine rentrait-il chez lui ([ue son père Jean Callot mourait, le 17 août 1650. Li- mauvais jours commençaient pour l'artiste comme pour son maître le duc Charles.

Dans le cloître des Cordeliers de Nancy où le héraut d'armes fut inhumé, Jean Callot, frère de Jacques, fit placer une simple épitaphe de marbre en l'honneur du père et de raïeul ; elle portait :

DEVANT CE MAliURE GISENT NOBLES

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