‹ Jacques Callot, sa vie, son œuvre et ses continuateurs (volume 2)Chapitre 6 sur 53 · lACOlKS CALI.OT · texte numérisé non relu

lACOlKS CALI.OT

(léeiivail iiu paysage, ou la dislinclion un peu lliéàtrale dont il enjolivait une figure. Primaliee ou le Rosso demeuraient tout entiers chez ces Florentins décadents, et 1(^ bon goût d'alors, c'était de les imiter en les exagéianl. Jacques Callot, en cherchant à sur- [)rendi'e le secret (h* ces e\ignïl('s savantes, gagnait crun côté ce qu'il perdait de Tautre. 11 gagnait de se débarrasser des lourdeurs et des grossièretés loiraines ou flamandes, mais il y perdait un peu de celte naïveté charmante, de cette fleur provinciale dont plusieurs ai'tistes moindres restèrent imprégnés à leur louange.

Les grands-ducs de Florence aimaient les fêtes; sur le théâtre du Palais-Ducal, au milieu de la place Sainte-Croix, les artistes trouvaient à exercer leur talent de mise en scène. Parigi était le grand ordonnateur de ces réjouissances. Soit qu'il préparât les décors d'une tragédie, soit qu'il dirigeât en plein air les joutes ou les tournois, Ganta Gallina était chargé ])ar lui de conserver la physionomie de ces journées populaires. Sur le thème magnifique fourni par le grand ingénieur, et non point sur ses dessins comme { on l'a cru, le graveur brodait à sa guise, s'ingéniait surtout à garder intacts les machines décoratives, les palais ou les chars inventés par Julio Parigi, . et semait parmi ces accessoires les figurines, au I hasard des improvisations. La nature ne comptait j guère en l'espèce, tout était sacrifié au détail bizarre

JACQUES CALLUT '2?i

(le costumes imaginaires, de déesses assises sur les nuages, de rochers en carton figurant des grottes, où des dieux coiiïés de toques à aigrettes, des princes nccommodés à l'antique ('voliiaient gravement, comme il roiivienl aux dieux.

l.e carnaval de raim«''e IG15 amena à Florence le duc dlrhin, et Cosme H lui prépara une réception magnifique. Des écliafauds en gradins furent élevés en ellipse sur la grande place, ménageant une carrière énorme aux acteurs principaux de la fête. Parigi voulut que son élève prît sur nature des croquis des diverses phases de la cérémonie, qu'il montrât les figurants groupés, qu'il décrivît les deux faces opposées de la scène. Les notes d'alhuin de Callot le rassuraient complètement sur la réussite; il y découvrait certaines qualités de perspective, de mise au point que Ganta Gallina n'avait point toujours eues dans ses esquisses même les plus poussées.

Jacques Callot se révéla subitement dans ce travail. Très Italien par la tournure spéciale des ligurines, il sut dire à merveille chaque chose; depuis les masques du premier plan gardant leur existence propre dans le fouillis inextricable des foules, jusqu'aux spectateurs microscopiques entassés sur les gradins, les moins heureux juchés sur les toits des maisons, tout ce petit monde vit, s'agite, sans se confondre. Dans leurs plus grandes dimensions les estampes dépassent à peine l'in-S'' oblong ordinaire, et c'esl

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