‹ Jacques Callot, sa vie, son œuvre et ses continuateursChapitre 7 sur 23 · Ces dessins sont au Louvre · texte numérisé non relu

Ces dessins sont au Louvre

On juge par là quelle conscience le maître apportait dans ses moindres productions. Quand il se résout à transporter ses croquis sur le cuivre, il les a longuement caressés, repris et étudiés. Quelquefois même il enlève au repoussoir sur le métal les figurines qui lui paraissent inutiles ou mal au point, telles que ce faisceau de verges de la flagellation de Jésus-Christ rencontré dans le premier état de sa planche, et depuis gratté par lui. S'il lui ai'rive d'improviser à la pointe comme dans la foire de Ylmpruneta, c'est qu'il a conçu par avance et déterminé sévèrement ce qu'il veut décrire; il n'est sûr de lui que dans la transcription de sa pensée, il sait ce qu'il va dire.

Il grava dans ces mêmes années le Grand rocher pour le comte de Tornielle, son ancien protecteur à la cour pontificale, sorte d'allégorie sur les aigles par allusion à la devise du comte : Nec imbdlein féroces progenerant aquilœcolumbam, Ldi montagne imaginée par lui procède de sa manière habituelle de comprendre les rochers; c'est une masse ronde dont la pointe la plus élevée domine un massif de fortifications auquel on accède par une suite de degrés; au bas, la mer.

Il fit également la suite dite des Quatre banquets, sur les Noces de Cana, le Repas chez Simon, la Cène^ et les Disciples d'Emmaûs, un saint Laurent, le Porte-Dieu ou le petit prêtre portant l'Eucharistie, ' outes estampes charmantes d'expression et de finesse.

Les Martyrs du Japon sont un peu plus une image de piété, conçue dans les données du Wiérix; elle est de celles qui n'augmenteut en rien la gloire d'un maître.

Page 1