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Ces dessins sont au Louvre

JACQUES CALLÜT

On juge par là quelle conscience le maître apportait dans ses moindres productions. Quand il se résout à transporter ses croquis sur le cuivre, il les a longuement caressés, repris et étudiés. Quelquefois meme il enlève au repoussoir sur le métal les figurines qui lui paraissent inutiles ou mal au point, telles que ce faisceau de verges de la flagellation de Jésus-Christ rencontré dans le premier état de sa planche, et depuis gratté par lui. S’il lui arrive d’improviser à la pointe comme dans la foire de Y Impruneta, c’est qu’il a conçu par avance et déterminé sévèrement ce qu’il veut décrire; il n’est sûr de lui que dans la transcription de sa pensée, il sait ce qu’il va dire.

11 grava dans ces mêmes années le Grand rocher pour le comte de formelle, son ancien protecteur à la cour pontificale, sorte d’allégorie sur les aigles par allusion à la devise du comte : Nec imhellem feroces progenerant aquilæ columbam. La montagne imaginée par lui procède de sa manière habituelle de comprendre les rochers; c’est une masse ronde dont la pointe la plus élevée domine un massif de fortifications auquel on accède par une suite de degrés; au bas, la mer.

Il lit également la suite dite des Quatre banquets, sur les Noces de Cana, le Repas chez Simon, la Cène, et les Disciples d’Emmaüs, un saint Laurent, le Porte-Dieu ou le petit prêtre portant l’Eucharistie, toutes estampes charmantes d’expression et de finesse.

Les Martyrs du Japon sont un peu plus une image de piété, conçue dans les données du Wiérix; elle est de celles qui n’augmentent en rien la gloire d’un maître.

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