‹ Jacques Callot, sa vie, son œuvre et ses continuateursChapitre 5 sur 22 · CAHOT A BRUXELLES · texte numérisé non relu

CAHOT A BRUXELLES

Mariage de Callot. — Discussion sur le séjour de Cal lot à Bruxelles à propos du siège de Bréda. — Les prétendus dessins de Callot à l’Albertine de Vienne; le livre de M. Moritz Thausing. — Portrait de Callot par Antoine Van Dyck, gravé par L. Voslerman. — Les planches du siège de Bréda préparées sous l’inspiration de Spinola. — Comment les topographes dessinaient les sièges au dix-septième siècle. — Retour à Nancy pour terminer le travail. — Mort du duc Henri II et besognes modestes auxquelles Callot se condamne à ce sujet. — Estampes gravées dans les moments perdus de Callot. La Grande Passion. — Callot sort des sentiers battus du hiératisme — Le Parterre de Nancy. — Achèvement du siège de Bréda. — Dons du duc Charles à Callot pour le fixer définitivement en Lorraine.

L’histoire du mariage de Jacques Callot avec Catherine Kuttinger de Marsal est une courte histoire, comme le sont celles des bourgeois honnêtes et tranquilles. Heureuses les unions dont on parle peu! Les deux familles tenaient à la noblesse récente, les apports étaient égaux, les ambitions modestes. Callot apprenait d’année en année à aimer le foyer lorrain qui lui assurait la paix et la réputation. 11 se maria sans grand entraînement de cœur, mais bien plutôt par envie de transmettre à ses enfants une bonne partie de la renommée péniblement

acquise. Malheureusement il n’aura pas cette joie.

« Notre graveur, — dit Félibien, qui connaissait Callot par des amis communs, — notre graveur n’eut pas la satisfaction d’avoir des enfants de son mariage, mais en récompense il eut celle d’en produire un si grand nombre d’autres de son esprit et de sa main, lesquels ne mourront point, qu’on peut dire qu’il a laissé une postérité beaucoup plus glorieuse pour lui que celle que beaucoup de pères laissent après eux, dans des enfants qui souvent ne leur font pas beaucoup d’honneur. »

La philosophie, hélas! n’a rien à voir en pareille matière, et Callot ne pensait pas comme Félibien.

A peine marié, les commandes le poursuivent. C’est l’Infante Claire-Eugénie, gouvernante des Pays-Bas, qui l’appelle à Bruxelles pour lui faire retracer les péripéties du siège de Bréda. Ici nous allons entrer de plain-pied dans les discussions; M. Meaume croyait, comme nous le pensons nous-mêmes, que l’artiste était allé dans les Flandres postérieurement à la chute de Bréda, soit après le 2 juin 1625. Au contraire, M. Moritz Thausing, se fondant sur un album de croquis conservé à l’Albertine à Vienne, prétendait qu’il y avait été appelé beaucoup plus lot, au commencement des opérations, et que dans ce séjour au camp espagnol il avait eu le loisir de prendre sur nature les éléments de son travail u 1 té-

rieur. Examinons la théorie de M. Thausing1.

Les dessins de LAI berline attribués à Cal lot furent trouvés à Pesth chez M. François Pulszky par un marchand qui les vendit à la collection du prince Albert. Ils étaient au nombre de 72, collés sur 52 cartons. Ce sont des croquis à la plume assez habiles, représentant, avec de nombreux changements, des fragments de la Danse des morts dTIolbein, du Calvaire de Lucas de Leyde, des études d’après Durer ou Léonard de Vinci. La partie intéressante de l’album consiste en divers petits sujets traités lestement et qui paraissent l’idée première de certaines parties du siège de Bréda; on y voit entre autres choses Callot tournant le dos au spectateur et dessinant sous les yeux de deux soldats; puis des scènes isolées de pillage qui sont effectivement dans la planche définitive gravée par lui.

Au fond, rien ne prouve que ces dessins soient des croquis originaux sur nature plutôt que des copies. Le dessinateur qui transcrivait Holbein, Lucas de Leyde, Durer et Vinci, pouvait tout aussi bien imiter Callot. Mais M. Thausing, qui avait rencontré au milieu de ces esquisses des soldats polonais, et qui tenait ferme pour Callot, précisait que l’album avait été composé par lui pendant le siège de Bréda, quand Sigismond, prince de Pologne, était venu saluer l’Infante à Bruxelles vers la fin de septembre 1624. Où

1. Livre d'esquisses de Jacques Callot . Wien. II. O Miethke, 1880, n-folio. Cinquante héliogravures et huit vignettes.

Callot aurail-il pu voir jamais des Polonais, sinon dans cette occasion unique?

La question n'est pas là. Elle est tout entière dans ce fait que le petit cahier découvert est un livre de notes pris par un bon élève en vue de se faire la main; et pourquoi pas Stephano délia Bella, je vous demande, lui qui serra de si près son modèle le maître Callot, qui le suivit pas à pas et chercha à le parodier, si je puis ainsi dire? Et si je ne vois jamais dans l’œuvre de notre Lorrain la moindre allusion aux emprunts faits à Holbein, à Lucas de Leyde, si je ne retrouve aucun Polonais dans ses estampes, les voici par contre dans les eaux-fortes de La Belle. C’est aussi la Mort à cheval, empanachée, conduisant la guerre, transposition habile de la pensée d’Holbein; ce sont des imitations pures et simples de Lucas de Leyde; et pour finir, les Polonais, accoutrés comme dans l’album, un peu différents de postures, mais gardant leur physionomie.

M. Thausing s’était donc trompé, et l’idée émise par lui d’un voyage de Callot à l’armée dès la fin de 1624 tombe d’elle-memc. On ne l’appela que beaucoup plus tard quand on eut réussi, et qu’il devenait glorieux de chanter sa victoire. M. Meaume, qui ne connaissait pas les dessins de l’Albertine, avait bien jugé. Quant au portrait de Jacques Callot mis en tète du cahier de croquis, il est une preuve de plus. Pourquoi l’auteur se fût-il dessiné lui-même en tête

de son recueil? Combien n’est-il pas plus vraisemblable de supposer un portrait fait par le copiste, par l’élève glanant à droite et à gauche une pose, une tête, une attitude?

Restons-en donc à la date de Juillet 1625 pour le passage de Jacques Callot à Bruxelles. Ce qu’il allait demander aux vainqueurs, c’était les renseignements topographiques indispensables, les situations respectives des armées. Quant au reste, il saurait toujours assez broder et inventer.

La recherche de ces documents ne lui prenait point un temps si considérable qu’il ne pût visiter les maîtres des Flandres. C’est avec un sentiment d’admiration profonde qu’il alla chez Yan Dyck. Quelle gloire et quel immense génie pour le Lorrain modeste! Quand le grand artiste voulut qu’il posât devant lui pour un portrait dessiné, Callot se sentit mal à l’aise sous le regard du maître. Il avait alors trente-deux ans, la vie bourgeoise l’avait engraissé et arrondi, ses joues étaient pleines et ses mains potelées. Lucas Vosterman grava plus tard le crayon de Yan Dyck, mais Callot ne fut pas le dernier à déplorer que le peintre n’eût pas lui-même tenté la gravure, avec la maîtrise qu’il mettait dans cet art spécial. Vosterman nous montre un Callot trop frais, un peu trop joli, trop bien portant. C’est la première effigie, de beaucoup la meilleure et la plus reproduite depuis. Callot est à son travail, tourné de trois

quarts à gauche, la tête et le regard dirigés vers le spectateur; il sourit à peine, il semble éprouver le saisissement d’un enfant devant une personne qui l’intimide; si choyé qu’il soit des princes, si fortement trempé qu'il se sache, il se trouve bien petit en face de Yan Dyck.

Esme de Boulonnois, Jacques Lubin, Polanzani ont, à des époques différentes, repris pour leur compte l’estampe de Vosterman, mais ils l’ont outrageusement dénaturée.

A son passage à Bruxelles, le graveur lorrain était devenu l’homme des cours, le gentilhomme artiste faisant parade de ses armoiries et de ses distinctions. Et c’est bien quelque chose alors, au milieu de ce monde espagnol intolérant, peu à même de comprendre autre chose que le noble métier des armes. 11 est reçu chez l’Infante, confère avec Spinola, le vainqueur de Bréda, sur les dispositions à donner à son travail. On convient de traiter la scène à vol d’oiseau, comme si le dessinateur se fût trouvé sur quelque édifice élevé permettant d’embrasser les horizons dans leur plus grande étendue. Le jour choisi sera l’arrivée de Doua Isabelle-Claire-Eugénie au milieu des Espagnols victorieux, prêts à entrer dans la ville prise. Eu égard aux dimensions inusitées, Jacques Cal lot gravera le sujet en six planches différentes, destinées à être rejointes et aboutées; une bordure générale se continuera d’une pièce à l’autre

JACQUES CALLÜT

de manière à former un cadre complet après le tirage définitif.

Si l’album de l’Albertine eût été l’œuvre préparatoire de Callot, il eût renfermé le croquis des équipages de l’Infante, le dessin des carrosses spéciaux qui lui servirent à faire son entrée, et que Jacques Callot ne pouvait concevoir d’imagination. Il eût mentionné les accidents de terrain indispensables, le groupement des compagnies suivant leur ordre vrai, car c’est là surtout ce qu’il était allé chercher à Bruxelles. Or nous n’y voyons rien de tel. Les petits épisodes isolés qui s’y rencontrent sont précisément ceux qui se traitent d’abondance; ils sont vraisemblables, mais non pas authentiques.

Le siège de Bréda était une lourde tâche pour un artiste adonné par tempérament aux choses microscopiques; mais Callot n’avait point à changer sa manière. Ce qu’on lui demandait avant tout, c’était de rester lui et de remplir un grand espace du panorama complet de la bataille. Comprise ainsi, la composition ne comportait pas des figures de plus de cinq ou six centimètres dans les plus grandes dimensions; en revanche les lointains devaient se couvrir de masses énormes, rangées en bataille ou déployées sur la ligne, de forêts ou de terrains traversés par des cours d’eau. Un mètre quarante sur un mètre vingt à couper de scènes et d’épisodes variés! La perspective aérienne s’employait alors couramment

clans ces sortes de représentations militaires; Perissim et Tortorel en avaient fait usage dans leurs planches des guerres de religion en 1572; Claude Chastillon, ingénieur topographe attaché aux armées d’Henri IV, s’était essayé aussi à ces descriptions idéales des principaux châteaux forts de la France. Callot n’avait qu’à les suivre en corrigeant ce que leurs esquises renfermaient de naïvetés ou de méprises. 11 revint à Nancy joyeux de son voyage dans les Flandres et des hommes éminents qu’il avait rencontrés par delà. Mais, tout en se mettant à la besogne avec l’ardeur fiévreuse qu’il déployait, il n’oubliait point les commandes moins sérieuses.

Quand le duc Henri était mort, Jacques Callot s’était mis bravement à graver, sous les ordres de la Ruelle, dont nous avons parlé déjà, les plaques de métal qu’on allait fixer à la bière. Elles contenaient « les an et jour et heure que feu le duc Henri IIe du nom est déceddé, ensemble les ans mois et jours qu’il a vécu et régné avec un éloge à sa louange. »

Dans ce travail purement manuel l’artiste rappelle le grand François Clouet occupé à mouler en cire le visage du roi Henri H; si honorés qu’ils fussent l’un et l’autre, ils ne pensaient pas déchoir, ni perdre leur temps, et l’idée ne leur fût point venue de refuser ce devoir suprême.

Dans les instants qu’il se donnait à lui-même entre chaque fragment du siège de Bréda, Callot reprenait

Le crucifiement.

la gravure interrompue de la Pandore, représentée debout au milieu de l’assemblée des Dieux, de la Généalogie de Lorraine, en l’honneur du nouveau duc Charles IV, de la Grande Thèse. 11 terminait également les sept pièces dites de la Grande Passion, sur la vie du Christ. Cette dernière œuvre est une des plus sincères du maître ; les Hébreux qu’il nous mon tre procèdent à la fois des Gueux, des Bohémiens, et des paysans des Caprices. Dans la M ise en croix, d’un réalisme saisissant et profond, nous assistons à quelque scène de l’estampe des Supplices. Sur un tertre avoisinant, refoulé par les gardes costumés à la mode du temps, le peuple attend que la croix s’élève. La Vierge s’évanoui t ; les charrons cherchent à dresser I ’arbre de justice; derrière, les deux larrons solidement garrottés et qui seront crucifiés à leur tour. Tous les appétits féroces et bas des foules sont peints sur les visages des spectateurs : dans leurs toiles les plus vantées, les grands maîtres de la peinture n’avaient pas mieux surpris la majesté effrayante et lugubre du sujet.

Eu bon courtisan Callot n’oublie pas ses princes, et leur succession au trône appelle à chaque fois une offrande nouvelle. Un jour de l’été 1625, il s’est égaré dans cette partie des jardins du Palais appelée le Parterre; il y a rencontré Charles IV et sa jeune femme Nicole, arrêtés devant les joueurs au ballon. Quel cadre plus charmant eût-il pu imaginer que ces terrasses ombragées, ces corbeilles de fleurs, pour y

enfermer le couple princier? Tel qu’il est cependant avec le bastion des clames dans le lointain, le parterre lui parait un peu bourgeois; il l’accommode à sa guise, il le transforme; le bastion devient une terrasse magnifique prolongeant la vue. Une foule brillante parcourt les allées, recherche l’ombre, c’est le printemps, le gai printemps de la Lorraine; des vers viennent sous la pointe de Callot, réminiscence heureuse, ou bien improvisation habile :

Ce dessein façonné des honneurs du printemps Enjolivé d’objets de divers passetems C’est vostre aage madame, où les douceurs encloses Nous sont autant de fleurs ou rosiers précieux Qui pousseront sans fin les doux-flairantes roses Dont l’odeur aggréra aux hommes et aux dieux.

Le titre porte : « Parterre du palais de Nanci taillé en eau-forte et dédié à Madame la duchesse de Lorraine par Jaque Callot son très humble serviteur et sujet le 15 d’octobre 1625. »

Le succès du Parterre fut très grand à Nancy, et Charles IV comprit ce que perdrait la Lorraine à laisser un pareil homme chercher fortune ailleurs. Le siège de Bréda, continué sans relâche, n’était pas sans faire concevoir des craintes : l’artiste n’irait-il pas quelque jour se fixer à Bruxelles, où les promesses les plus brillantes l’appelaient? Les générosités de Henri 11 étaient un exemple que son successeur voulut imiter de son mieux. Cette fois le don gracieux

Le Parterre de Nancy.

de deux mille livres fait à Jacques Callot laissait clairement entrevoir la pensée du prince :

« Au sieur Jacques Callot, sculpteur en taille douce, demeurant en ce lieu, la somme de deux mil frans que S. A. par effectz de sa libérallité lu y a octroyé en don pour luy donner moyen de continuer sa demeure en ses païs, ou il auroit esté arresté par feue S. A. que Dieu absolve! »

Au fond le maître ne songeait point à quitter la Lorraine; son ménage nouveau l’y retenait, ses amis l’entouraient, il vivait largement de la situation personnelle acquise et de celle de son père. Et puis qu’eût-il fait dans les Flandres, perdu dans ce monde inconnu pour lui, qui lui avait fait bonne chère à son passage, mais qui pourrait voir d’un œil moins favorable une installation définitive?

Le travail du siège de Bréda tire à sa fin; toutes les péripéties des derniers jours de l’investissement ont été décrites dans des petits tableaux indépendants et successifs, comme si les opérations se fussent déroulées les unes après les autres devant le spectateur. Les meilleures qualités de l’artiste se retrouvent là tout entières; les effets d’arrangements et de groupements ont été ménagés avec une discrétion merveilleuse. L’étendue immense des plaines n’est point vide comme on l’eût pu craindre, elle n’est point non plus trop chargée de monde. L’objet principal qui frappe les veux, c’est l’arrivée de

l’infante Claire-Eugénie au camp. Dans un défilé incroyable de troupes de tous genres, parmi les piquiers et les carabins, au milieu des compagnies de cheval ou de pied en ordre de bataille, les carrosses espagnols cheminent en longue procession ; sur le passage de la princesse, les têtes de ces héros lilliputiens s’inclinent. Au loin les escadrons s’ébranlent, les estafettes portent les ordres. Toute l’économie spéciale des sièges apparaît clairement dans son pêle-mêle curieux d’hommes, de bêtes et de charrettes ; les yeux les moins préparés conçoivent les dispositions d’approches, et surprennent dans nue déduction logique la marche des opérations. Jacques Callot se révèle dans cette page l’interprète subtil et disert fie l’histoire, en même temps que le metteur en scène hors de pair des renseignements fournis par Spinola. 11 a su d’ailleurs conserver son indépendance, il a voulu faire vrai sans s’inquiéter des prétentions espagnoles. Les sièges sont une grave affaire où les généraux ne paradent guère en écharpes brodées; et d’ailleurs les allégories fastidieuses ne sont point son fait, il les abandonne aux moindres compagnons. Ce qu'il veut, c’est la vie toute simple, un bivouac où se réchauffent quelques cavaliers, une ferme pillée, un officier désarçonné, un cheval lançant une ruade, un chien égaré, des riens charmants qui sont la physionomie d’une époque, sa note propre, et qui en disent plus long

Le Char de l'Infante. — Partie de la gravure du Siège de Brêda.

que les parades solennelles et musquées des peintres de cour.

Les planches dn siège de Bréda eurent nn texte explicatif publié chez Plantin, à Anvers, en 1628, et joint ordinairement aux épreuves collées sur toile. Il faut bien croire que les premiers tirages datent à peu près de ce temps ; on s’expliquerait difficilement en effet la légende suivant à deux ou trois ans d’intervalle l'apparition des estampes. D’ailleurs l’effet causé par la prise de Bréda se continua longtemps dans les Flandres espagnoles. Herman Hugo en publiait une relation en 1629, traduite par Chifflet en 1651; des relations anonymes pour ou contre les Espagnols racontent les mêmes choses en 1625, 1626 et 1628. Quoiqu’il soit, Callot avait mis la dernière main à son travail longtemps avant 1629, car c’est la diffusion de ces estampes qui lui vaudra la commande du sièçe de La Rochelle et 1 amènera à Paris; nous en reporterions volontiers à l’année 1627 l’achèvement définitif.

Sans qu’il s’en doutât Callot venait de faire œuvre d'orthodoxie, il comptait comme un militant parmi les catholiques. La défaite du prince d’Orange commentée par lui devait fatalement le conduire à célébrer la ruine des protestants par Bichelieu. Et cependant, pour bon catholique qu’il fut, sa pointe n’était point Parme d’un sectaire, il plaçait l’art trop haut pour se compromettre à politiquer. S’il

consentit à décrire ces campagnes, c’est bien plus à cause de leurs côtés pittoresques, de la nouveauté des scènes à composer, que pour satisfaire l’orgueil des vainqueurs, ou ses haines particulières. C’est son scepticisme meme qui le prémunit contre les entraînements et lui permet de manœuvrer à l’aise sur une donnée scabreuse; jusqu’à la fin de sa vie Callot restera le poète tranquille des bohémiens ou des gueux.

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