LA SOCIÉTÉ ROYALE DU CANADA
de l'état civil de Saint-MAlo, commencés en 1454 sont très incomplets à venir jusqu'à l'année 1553.
‘Les baptêmes ont d'énormes lacunes et manquent même totalement de 1472 à 1494; les mariages sont mentionnés à peu près sans texte, jusqu'en 1553; les actes de sépulture font entièrement défaut." (Jouons des Longrais, Jacques Cartier, Documents nouveaux, p. 9.)
“Plus on étudie cette question de la généalogie de Jacques Cartier, plus les difficultés s'amoncellent. Ne possédant que des actes imparfaits, l'écrivain se trouve très souvent réduit à des conjectures plus ou moins risquées."”" (Dr. Dionne, Jacques Cartier, 1889, Québec, p. 15.)
Mais alors, comment savoir si cette famille ayant autant de lacunes dans sa filiation appartenait à une caste spéciale? Si le champ d'action est défectueux aux archives civiles n'y en aurait-il pas un autre ailleurs pour y conduire des recherches avec plus de chances de succès. Sans avoir toute une lignée complète pour prouver le point qui nous intéresse, ne suffrait-il pas d'un document, d'un acte civil, dans d'autres archives, ceux du Parlement ou de la Chambre des Comptes, ou encore la présence bien constatée d'un représentant à l'occasion d'une des réformations ou recherches ordonnées par le roi pour la découverte des usu-pateurs des titres de noblesse? Si les prétentions de ce personnage ne sont pas déboutées, n'est-ce pas assez alors pour en conclure qu’il était noble ?
M. Jouons des Longrais connaissait l'Armorial ct nobiliaire de Bretagne de M. Potier de Courcy puisqu'il le mentionne à la page 96 de son livre précité, lors du choix de priseurs nobles pour le partage des biens d'un Huchestel, de Saint-Mâlo, mais nous ne comprenons pas pourquoi il a passé sous silence ce qui suit, copié à la page 162 du premier tome de cet Armorial:
“Cartier, sieur du Hindret, paroisse de Saint-Coulomb, de la Boulaye, paroisse de Betton.
‘“‘Réformations et montres de 1478 à 1513, paroisses de Saint- Coulomb et de Saint-Lunaire, évêchés de Dol et de Saint-MAlo.
‘Robin, secrétaire du duc en 1444; Jacques, célèbre navigateur de Saint-Mâlo, découvrit le Canada en 1534. (Armorial de l’Arsenal.)
Plus loin à l’article Hindret, M. de Courcy ajoute:
“Hindray ou Hindret, sieur dudit lieu et de la Motte-Jehan, paroisse de Saint-Coulomb.
“Réformations et montres de 1478 à 1513, dite paroisse, évêché de Dol. :
“(La branche aînée fondue dans Cartier.)
[roy] JACQUES CARTIER 63
Les historiens ont admis que Paramé dans les parages de Limoilou (dont Cartier fut sieur ou propriétaire) et de Saint-C “oulomb, du côté de la seigneurie du Hindré ont été des pépinières de Cartier qui ont très bien pu venir à Saint-Mâlo cemme le faisait de toute antiquité une foule d'immigranits des paroisses du diocèse, dont la parenté collaiérale avec les habitants se perd dans la nuit des temps. (M. des Longrais, Idem, p. 10.)
Le savant Ogée rapporte en un article sur Saint-Coulomb: “En 1500 on voyait dans ce territoire les maisons de Bouais, du Cartier, de la Ville-Galbrun, du Vieux-Chatel, de la Fosse-Ingrand, etc."
L'auteur du Nobiliaire et armorial de Bretagne, n'a pas dû mettre par à peu près la composition de l'article Cartier ci-dessus, puisqu'il dit dans la préface de sa première édition: “On ne trouvera dans notre travail, tout de patience et d'érudition, rien de frivole, rien d'asservi à des intérêts actuels; nous n'avons pas voulu flatter les amours-propres, spéculer sur les vanités. . . . Notre but est plus élevé et consiste à présenter le tableau historique de la noblesse bretonne. Nous avons donc cru traiter avec le même soin les articles consacrés aux familles éteintes même depuis plusieurs siècles et ceux relatifs aux familles existantes.”
Plus loin, il affirme qu'il n'a inclus dans son travail que des faits prouvés par des actes authentiques ou puisés à des sources toujours indiquées.
La première réformation ou recherche connue en Bretagne {ut commencée en 1423 sous le règne du duc Jean V et continuée pendant plusieurs années dans les neuf évêchés.
Une nouvelle recherche eut lieu sous le duc François 1 en 1440 et se continua jusqu'en 1483 pour les évêchés de Rennes, Nantes,
Saint-Mâlo et Dol.
La reine Anne, de par l'autorité de Louis XII, en :‘rdonna une autre, en 2513, qui fut effectuée dans les évêchés de Rennes, Nantes, Saint-Malo, Vannes, Saint-Brieuc et Dol.
Le roi François I fit réformer de 1535 à 1543 les évêchés de Saint- Brieuc, Vannes, Cornouailles, Léon et Tréguier.
Dans ces recherches, réformations ou montres datant de 1423 à 1543—période où vivaient Jacques Cartier et ses ascendants—M. de Courcy a trouvé des notes sur notre Malouin, puisqu'il en parle. Ce gentilhomme qui imprime un ouvrage d'un caractère sérieux et important, mérite, il nou: semble, la bonne confiance du public. Autrement, pourquoi aurait-il travaillé, pourquoi tant de recherches, un labeur aussi dur ?