‹ Jacques Cartier [microforme]Chapitre 20 sur 58 · P, TRUBLET · texte numérisé non relu

P, TRUBLET

Ne serait-ce pas Jà une jeune Indienne ramenée par Cartier du Brézil? C’est une conjecture qui n’est pas sans témérité. Mais il est assez singulier de voir figurer à l’occasion de ce baptême d’infidèle, l'épouse de Cartier, et le beau-frère de sa tante Thomasse.

Il y a un fait connu et rapporté par Francisco de Andrade dans sa Cronica de Dom Joan TITI, c’est que des tentatives d'expédition furent organisées par François I dans le but de s’eraparer du Brésil, en 1523 et 1524. (2)

Nous avons lieu de croire que Cartier dut partager le sort des Portugais dans leurs voyages à l'étranger. Los marins de Saint- Malo prenaient souvent du service sur les

(1) Etat civil de Saint-Malo. A la date, (2) Vid. Harrisse, Xevue Critique, 1876, 1° semestre p. 20, note 3.

hs être aven-

28), fut re noble mari de de Saint ranczoise baptizée lieu, led.

UBLET,

ndienne ’est une é. Mais occasion artier, et

orté par 1 de Dom xpédition ns le but 24. (2)

rtier dut ins leurs de Sainte sur les

1e" semestre

navires espagnols et portugais. Cartier fut peut-être de ce nombre, car on ne saurait expliquer autrement que par des relations d’une assez longue durée avec les marins du Portugal, sa connaissance approfondie de la langue portugaise. Deux documents en font foi.

Le 10 avril 1544 (1) Cartier apparaît comme interprète d'Anthoine Albarès, portegallois, dont le navire La Fantaisie avait été pris par Lhostellier et Clavegris.

Dans une autre circonstance, et à une date très rapprochée de sa mort, le 25 mars 1557, (2) Jacques Cartier assiste de nouveau des marins portugais, en remplissant auprès d'eux l'office de certificateur d’interprète. Bertran de Serences, gentilhomme de la garnison du Chateau, (3) et Jacques Boullain sont commis à la besogne d'interpréter Manuel Alfonce et Gonsalo Gonces, portugais. Jacques Cartier vient devant la Cour pour linformer de la prodhomye et suffisance des deux interprètes choisis.

Nous arrivons maintenant à cette période de la vie de Cartier, la plus intéressante et la

(1) Audiences, 1544, à la date.

(2) Audiences, 1557 à la date.

(3) Souvent désigné comme représentant le lieutenant gouverneur de la ville,

plus fertile en événements. C’est celle de ses voyages au Canada dans les années 1534, 1535, 1541 et 1543. Ici, la discussion tombe quant à l’authenticité des trois premières expéditions, admises par tous les historiens, et dont il nous reste des récits circonstanciés. Nous en parlerons dans des chapitres particuliers.

Mais la difficulté surgit au sujet d’un quatrième voyage. S'il y a unanimité d'opinions pour affirmer que Cartier fit trois fois la traversée de l'Atlantique dans le but de découvrir de nouvelles terres, il y a grande divergence d'idées au sujet d’un quatrième voyage. Ceux qui adm ettent son existence, ne s'accordent pas sur -'époque où il eut lieu. C’est le voyage de huit mois que l’on trouve mertionné dans plusieurs auteurs. Lescarbot le signale en ces termes : ‘ Je trouve par le compte rendu de Cartier, qu’il employa huit mois à l'aller quérir, (1) après y avoir demeuré dix sept mois” (2). En effet dans ses comptes, Cartier mentionne un voyage de huit mois que (le tiers navire) a esté à retourner querir le dict Roberval au dict Canada.

L'abbé Ferland croit à ce quatrième voyage de huit mois, mais il fait partir le capitaine

(1) Roberval,

(2) Allusion au 3° voyage.

Ile de ses es 1534, >jn tombe Jremières istoriens, istanciés.

es parti-

Pun quaopinions s fois la

but de à grande aatrième xistence, eut lieu.

1 trouve escarbot e par le ya huit lemeuré omptes, mois que r le dict

voyage ipitaine

aie: DU vos

malouin dans l’automne de 1543 pour retourner en France au printemps de 1544. Cette assertion du savant abbé ne peut tenir devant les pièces suivantes, dont l’une établit qu'il était présent dans sa ville natale durant l'hiver de 1543-44, occupé à la vérification de ses comptes. Ces trois paragraphes sont extraits des Archives d’Ille-et-Vilaine (1).

Le 17 février 1544, Jacques Cartier est témoin dans un incident de procès entre P.

Arthur et Jacques Le Fer.

Le 21 février 1544, dans une affaire entre Thomas Boulain fils de Jehan et Jehan Le Moyne, Jacques Cartier ‘ apier ung dial où y a des quittances particulières parmi autres acquits qui lui sont requis pour la vérification de son compte.”

Le 10 avril 1544, J. Cartier interprète le portugais dans une affaire de course.

Il ne peut donc pas être question d’un quatrième voyage de Cartier à la période fixée par l'abbé Ferland. Est-ce à dire qu’il n’a existé que dans l'imagination de quelques-uns des historiens du Canada ? Nous croyons au Voyage de huit mois, mais nous le plaçons dans le printemps, l'été et l'automne de 1543.

(1) Greffe d’Audiences, à la date,

es DO ce

Il ne peut pas avoir eu lieu, ni avant ni après cette époque. Cartier était présent à Saint- Malo après son troisième voyage, dans l’automne de 1542. On le voit figurer personnellement dans plusieurs affaires de cour et à des baptêmes, comme il appert par les extraits suivants des archives d’Ille-et-Vilaine.

Le 21 octobre 1542, J acques Cartier est parrain d’une fille du sieur de la Péraudière.

Le 1er décembre 1542, il est présent dans l'affaire La Gente, et donne son opinion sur la valeur du blé.

Le 9 janvier 1543, Cartier, par procureur, contre Bertran Manet.

Le même jour, Cartier, présent en personne, jure à l'évocation de Chaton,

Le 25 mars 1545, jour de Pâques, il est parrain de Jacquette, fille de Jacques Patris et Guillemette Maingart.

Cartier n’a donc pas pu partir avant le 25 mars 1543.

Voici ce que pense M. Joüon des Longrais de la date du quatrième voyage : ‘ Le départ . en avril ou mai 1543, avec retour en octobre ou novembre, aurait toutes les probabilités, si l'on n’était forcé pour l’admettre d'éliminer une pièce qui semble accuser la présence de Jacques Cartier à Saint-Malo le 3 juillet 1543.”

ni après à Saintins l’aupersonour et à extraits

tier est audière.

nt dans ion sur ocureur,

ersonne,

s, il est s Patris

nt le 25

ongrais e départ octobre ilités, si éliminer ence de t 1543.”

Voici cette pièce :

Le ‘rendredi tier jour de juillet VCXLIII, M. l’ailoué.

Thesmoins de Fabi, procureur de (F. Hes).

Jehanne Cartier.

Ceulx desoubz chez moi appelés : Jac. Cartier.

Estienne” Richomme, Jehan Boulain et Yvonnet Daulphin et Jehan Picot, jurés.

Nous sommes quelque peu désarmé en face de ce document, qui semble indiquer que Jacques Cartier était présent à Saint-Malo au commencement de l'été de 1543. Mais rien ne prouve que Cartier y fût présent plus tard, durant un intervalle de huit mois. Sa première apparition aux archives est à la date du 17 février 1544, c’est-à-dire sept mois et demi après le 3 juillet 1543. Nous pourrions donc placer, sans être téméraire, le voyage de huit mois entre ces deux dates, mais la précision historique exige mieux que cela. C’est ce que nous allons essayer de faire.

Nous avons recueilli certains détails de cour, antérieurs et postérieurs à l'affaire dont il est fait mention aux archives à la date du 3 juillet 1543, qui nous font croire que Cartier n'était pas présent en personne, ce jour-là, mais par procureur.

Chaque fois que le nom de Cartier apparaît aux archives, soit avant, soit après le 3 juillet, le greffier a eu soin d'indiquer sa présence. Ainsi :

nu DÙ

Le ler décembre 1542, dans l'affaire La (rente, on lit : Cartier présent ;

Le 9 janvier 1543, dans une cause contre Bertran Manet, on lit: Cartier par procureur ;

Le même jour, Cartier, présent en personne, jure à l'évocation de Chaton ; D

Le 8 juin 1543, dans la même affaire, Cartier ost présent par procureur.

À la page qui suit le procès-verbal de la séance du 3 juillet, Cartier comparaît par procureur. Nous croyons qu’il en fut ainsi le 3 juillet, et que, Cartier appelé ce jour-là, comparut par procureur. Du reste le texte de ce manuscrit est presque illisible, et la version adoptée est même douteuse, au témoignage de M. Joüon des Longrais.

Ce qui nous porte à croire que Cartier a réellement entrepris ce quatrième voyage, c’est le silence qui se fait autour de son nom durant l’été de 1543. Les années suivantes il est mentionné à tout instant, soit dans les annales judiciaires, ‘soit dans les archives paroissiales, Durant l'été et l’automne de 1543 nous ne ‘trouvons dans les divers registres que l’unique mention de ce procès où, d’après toute probabilité, il n’apparut pas en personne. Pas de baptêmes signés par lui durant cet intervalle.

faire La

> contre OCUreur ; personne,

il de la raît par ainsi le > jour-là, le texte le, et la u témoi-

artier a voyage, on nom vantes il dans les archives de 1543 tres que rès toute ine. Pas ct inter-

s— JE: ne

Cartier avait donc continué à menor cette vie de courses aventureuses qui avait marqué les neuf dernières années précédentes, et qui avait valu à la France et au monde européen la découverte d’un pays immense. Le but du quatrième voyage est bien connu. Il s'agissait d'aller chercher Roberval que l’on croyait perdu. Cartier résumait en sa personne toutes les qualités du marin habile et expérimenté.

Sa réputation était faite à la cour de France aussi bien que parmi ses concitoyens, les Bretons. Rien d'étonnant que le Roi ait jeté les yeux sur lui pour le commandement d’une expédition, dans des contrées qu’il connaissait mieux que personne.

Plusieurs historiens se sônt demandés si le Découvreur du Canada n’a pas entrepris un cinquième voyage en Amérique.

Bien qu'il soit avéré que les marins de Saint-Malo, ses contemporains, continuèrent après lui à aller à Terreneuve (1) pour y faire la pêche, ou le trafic des pelleteries avec les sauvages, il paraît certain que Cartier ne traversât plus l'Océan après l’année 1543.

(1) Voir Note A, ch, III,

nr DZ mn

Les dates des procédures où se trouve mêlé son nom, Ses présences aux baptêmes, depuis l'automne de cette année-là, jusqu’en 1557, époque de sa mort, ne laissent guère de doute sur Ce point. Pendant cette période de quatorze ans, Cartier ne quitta pas sa patrie, et vécut dans une certaine obscurité, à Saint-Malo d’abord, puis dans sa terre de Limoilou,

uve mêlé 28, depuis ’en 1557, de doute > quatorze et vécut aint-Malo lou,

Page 1