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aultre logis que soubz leurs dites barques qu'ilz tournent, avant de se coucher, sur la terre... ”
Ces sauvages appartenaient à la tribu de Honguedo (1) que le P. Le Clereq et le P.
Charlevoix croient être celle des Gaspésiens. Rassuré sur leurs intentions bienveillantes, Cartier fit planter solennellement, sur une pointe à l'entrée du port, une croix de trente pieds d’élévation ; il plaçga sur un endroit apparent de cette croix l’écusson fleurdelisé surmonté de cet exergue écrit en gros carac- {ères : Vive le Roi de France. À cette vue, les sauvages semblèrent alarmés, et le sagamo, revêtu d’une vicille peau d'ours, s’approcha du Capitaine, et lui fit une longue harangue, montrant tantôt la croix, tantôt le pays avoisinant, comme s’il eût voulu lui faire comprendre qu’il était le seul roi et maître de ce pays, et que Cartier n'aurait pas dû arborer cette croix (2) sans sa permission.
Mais laissons parler l'écrivain de la Relation (3) :
“ Nous estans retournez en no3 navire, vint le cappitaine, vestu d’une vielle peau
(1) Lescarbot a lu Hongnedo, Voir Note E, chap, IV, (2) Voir Note F, ch, IV.
(3) Relation originale, p. 40, 41, 42 et 43.
d'ours noire, dedans une barque ävecques trois de ses filz (1) et son frère, lesquelz se aprochèrent si près du bort, comme avoyent de costume, et nous fit une grande harangue, nous monstrant la dite croix et faisant le signe de la croix avec deux doydz, et puis nous moñstroit la terre tant à l’entour de nous, comme s’il eust voullu dire que toute la terre eatoit à luy, et que nous ne devyons pas planter la dite croix sans son congé, [Et après qu’il eut finy sa dite harangue, nous luy monstrasmes une hache, faignant la lui bailler pour sa peau, à quoy il entendit et peu à peu s'aprocha du bout de nostre navire, cuydant avoyr la dite hache; Et l’un de noz gens estant dedans nostre bateau, mist la main sur sa dite barque et incontinant il en entra deux ou troys dedans leur barque et les fist on entrer dedans nostre navire, de quoy furent bien estonnez, et eulx estans entrez, furent assenez par le Capitaine qu’ilz n’auroient nul mal, en leur monstrant grant signe d'amour ; et les fist on boyre et manger et faire grant chère, et puis leur monstrasmes par signe que la dite croix avoit este plantée pour faire merche ot ballise, pour entrer dedans le hable
(1) Taignoagny et Domagaya étaient du nombre,
CqUues elz se oyent \ngue, signe nous nous, , terre lanter s qu'il monsr pour à peu 1ydant z gens \in sur
mou’ ; grant signe r faire > hable
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et que nous y retourneryons bien tost et leur apporteryons des ferremens et aultres choses, et que nous voullyons amener deux de ses filz avesques nous, Et puys les rapporteryons audit hable ; et accoutrasmes ses ditz deux filz de deux chemises et de livrées et de bonretz rouges, et à chascun sa chainette de laton au col, de quoy se contentèrent fort et baillèrent leurs vieulx hallyons à ceulx qui retournoient ; et puis donnasmes aux trois que renvoyasmes à chacun son hachot et deux cousteaux, de quoy menèrent grant joye et eulx estans retournez à la terre, dyrent les nouvelles aux aultves. Envyron midi d’icelluy jour, retour.
nèrent six barques à bort, où il y avoit en chacune cinq ou six hommes, lesquelz venoyent pour dire adieu aux deux que avyons retenus ; et leurs apportèrent du poisson et nous firent signe qu'ilz ne habbateroyent la dite croix, en nous faisant plusieurs harengues que n’entendions.”
Le chef fut si satisfait, qu'il consentit à laisser partir avec les Français deux de ses fils, Domagaya et Taignoagny, qui devaient jouer le rôle d’interprètes dans l'expédition suivante.
Le 25 juillet, le vent étant devenu favorable, les navires gonflèrent leurs voiles pour remon-
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ter le bras méridional du Saint-Laurent (1), e et regagner Terrenouve. Cartier fit quelques te découvertes de peu d'importance, jusqu'à ce \ qu'il arriva au Cap Tiennot, aujourd’hui le EL Mont-Joly, près de l'embouchure de la rivière Nataskouan. a Le 9 août il entra dans le havre de Blanc- BE d Sablon, d’où il partit le jour de l’Assomption, te après avoir assisté à la sainte messe avec DE d tout son équipage, et après ‘“ une grande () tourmente de vents d’avaulx, laquelle avec d l’'ayde de Dieu, dit Cartier (2), nous souffrismes (9 (1) Les détails (sur le premier Voyage de Jacques : Cartier) empruntés à l’analyse qu’en a faite le savant M. EL Rossel permettent de suivre facilement le navigateur a dans cette première partie de son voyage,le ?i/ofe de Q Terreneuve, publié par le dépôt général de la marine, è ayant conservé l'authenticité des découvertes de notre b célèbre Malouin, en inscrivant les noms de ceux qui 1 : sont actuellement en usage, M. Rossel ne trouve pas aussi claire la description de la route suivie par Cartier te après son départ de la baie de Gaspé ; il regarde PA néanmoins comme certain que prenant pour un golfe © le canal du fleuve Saint-Laurent, situé entre la rive f.
droite du fleuve et l’île d’Anticosti, il en traversa y l'ouverture, et chercha ensuite à pénétrer par le canal qui passe au nord de la même île, On est fondé à d croire qu’il s’avança jusqu’à la pointe occidentale, où 8 il vit le caual s’élargir, et où il éprouva des courants violents qui durent lui indiquer que c’était l'embouchure d’une très grande rivière.—(Voir Note D, ch, IV.)
Cf, Zevot, Biographie des Malouins Zlustres, (2) Relation originale, p. 51,
e avec œrande e avec frismes
Jacques avant M.
avigateur Pilote de marine, de notre ceux qui ouve pas r Cartier | regarde un golfe > Ja rive iraversa le canal fondé à entale, où courants 1bouchure IV.)
Justres,
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etendurasmes ; et despuis eusmes temps à gré, tellement que arrivasmes au hable de Saint Malo dont estyons partiz, le ve jour de septembre au dit an.”
Le premier voyage de Cartier au Canada (1) avait duré 137 jours. On peut dire qu’il se fit dans d'excellentes conditions : pas de grandes tempêtes, pas de maladies à bord. Chacune des traversées n'avait pris que vingt jours. Si on considère l’exiguité de ces vaisseaux, et les dangers de la navigation sur l'Atlantique, on est surpris d’un aussi beau résultat, La Providence, dont les desseins sont impénétrables, veillait sur Cartier et le protégeait. Catholique avant tout, le capitaine breton n'avait perdu aucune occasion de faire preuve de sa foi.
Son premier acte fut d’arborer en présence des barbares qui s’offrirent à lui, l’étendard de la Rédemption du monde. L'extension de la foi, tel est un des plus puissants motifs qui l’engageaient à poursuivre ces découvertes. Ilen faisait en cela du reste que rentrer dans les vues de son souverain. Lescarbot lui-même, dont le témoignage ne peut être suspect, n’a pu s'empêcher de rendre aux monarques français, à qui on a pu attribuer des motifs de lucre ou
(1) Voir Note G, ch, IV,
d’ambition plutôt que des vues religieuses, co témoignage flatteur :
‘ Nos rois, en se mettant en mouvement pour les découvertes, ont eu une autre fin que nos voisins (les Anglais et les Hollandais).
Car je vois par leurs commissions qu'ils ne respirent que l'avancement de la religion chrétienne, sans aucun profit présent (1).
(1) Lescarbot, livre 1, chap. 1, p. 3.
gieuses, Co
nouvement tre fin que [ollandais), s qu'ils no a religion nt (1).