V. 27 février 1538.— Même sujet
VI, 11 mars 1588.—Avis favorable à la révocation du privilège. Cet avis, signé Dourdin, paraît être une consultation d'avocats au Parlement de Rennes provoquée par les bourgeois, (Ramé, 1ère série, p. 44-48.)
VII. Sans date. Annotation en marge d’une copie authentique des Lettres patentes du 14 janvier et de la consultation qui précède. On y conteste les découvertes de Jacques Cartier. On y avance qu'il est resté débiteur des habitants de Saint-Malo pour des sommes équivalentes aux 8630 livres réclamées par lui au Roi. (Ramé, lère série, p. 33-44.)
VIII 17 mars 1588.—Délibération des Etats de Bretagne réunis à Nantes, visant une requête des habitants de Saint-Malo contre les capitaines Jannaye el Jacques Nouel, décidant de faire présenter au roi, par les députés en Cour, des remontrances à ce sujet, dans l'intérêt de la liberté du commerce. (Ramé, 2e série,
(1) Voir Appendice Pièce D, (2) V. Appendice Pièce E,
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IX. Mars 1588.—Remontrance des Etats de Bretagne pour obtenir l’abrogation du même privilège. Pièce inédite (1).
X. 5 mai 1583.—Arrêt du Conseil en conformité d’une requête des Malouins. Pièce non citée dans Ramé.
XI Rouen, 9 juillet 1588.—Lettres de révocation pure et simple, sur faux donné à entendre, du privilège accordé à Etienne Chaton et Jacques Nouel, habitants de Saint- Malo. (Ramé, lère série, p. 48-50.)
XII 16 juillet 1588.— Intimation des Lettres de révocation à Saint-Malo.
OELAPLTERE ICI
Note À.—Les MaALouINs A TERRENEUVE AVANT ET APRÈS JACQUES CARTIER (2).— Les marins de Saint-Malo commencèrent à visiter Terrencuve dès le commencement du XVIe siècle. En 1519, on faisait sécher la morue au Sillon. Lors de son premier voyage, nous avons vu que Jacques Cartier avait rencontré une forte opposition de la part des armateurs malouins pour le prélèvement de son équipage.
(x) Voir Appendice Pièce KF, (2) Cette note est une analyse d’un chapitre de l'ouvrage de M, Joïon des Longrais.
Plus tard nous voyons Macé Jalobert, ‘mestre après Dieu du navire La Marguerite Bonnadventure de Sainct Malo,” François Cronier, Guillaume Sequart, Thomas Mainguart, Jehan Hamon, armateurs, soutenir des procès concernant la pêche aux Terres neuves. Nous avons des lettres du roi, les ordonnances du gouverneur de Saint-Malo, Georges de Bouillé, qui défendent, retardent ou autorisent les départs de pêche selon les vicissitudes de la politique ou les besoins de la guerre. On la voit £e poursuivre pendant tout le cours du XVIe siècle. Cette industrie semble même un des principaux éléments de la vie bretonne.
En 1565, la morue avait même acquis une grande importance au point de vue fiscal. On devait payer pour chaque charge de cheval de toute mollue ou toute espèce üe poisson sec ou vert, qui sera vendu pour porter ‘au plat pais de Bretagne ”, ou en Normandie, un denier tournois; la pipe où charrette, double de la charge du cheval, deux den. maille tournois.
Par une faveur spéciale, le sel chargé par les navires de pêche est exempt des droits de gabelle.
L'affaire du séchage de la morue amène des 1èglements spéciaux. On la laisse étendre non seulement au Sillon, au Talard, à Bé, sur les
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rochers qui entourent la ville, mais encore sur les murs, les tours, au haut des maisons. De 1610 date le commencement de l’organisation régulière des armements en vue de résister aux hostilités des sauvages. Les Malouins présentèrent une requête au roi pour armer deux navires, ct ils en répartirent les frais sur les intéressés de Saint-Malo et des petits ports voisins de Cancale et Saint-Suliac. C’est alors aussi que prit origine cette longue lutte devant les Etats et le Parlement entre les Malouins et les villes maritimes de Bretagne pour obtenir la contribution de celles-ci aux dépenses d’un armement si onéreux.
CEAPITRE IV
Note A.—RELATION DU PREMIER VOYAGE.
—La relation du premier voyage de Cartier au Canada est intitulée : Discours du voyage
fait par le capitaine Jacques Cartier en la terre
Neufve de Canadas dite nouvelle France, en l'an mil cinq cens trente quatre C’est à Ramasio, célèbre collectionneur italien, que nous devons la conservation de ce précieux document. Il se trouve dans le volume IIT de la collection, sous le titre: Prima relatione di Jacques Carthier della terra nuova detta la nuova
Francia. Cette version italienne, publiée en 1536, fut reproduite dans les réimpressions de 1565, 1606 et 1613. Richard Hakluyt publia à Londres en 1599-1600 dans son livre Principal Navigations une relation, en anglais, de ce premier voyage. Lescarbot l’inséra aussi dans son Æistoire de la Nouvelle France, dont il y a quatre éditions antiques, aux dates de 1609, 1611, 1617 et 1618. L'on avait cru d’abord que ces relations italienne et anglaise n'étaient que des versions de l'édition française originale ; mais, en les confrontant, on s’aperçoit facilement que les deux auteurs ont puisé à des sources différentes. Quant au texte donné par Lescarbot, ce n’est qu’une reproduction plus ou moins exacte de celui du Petit-Val.
Raphaël du Petit-Val avait fait en 1598 une version prise sur un texte aujourd'hui perdu. Celle-ci a été réimprimée à Québec par la Société littéraire et historique, sans corriger toutefois les inexactitudes qui fourmillent dans Lescarbot.
En 1867, M. Michelant et M. Ramé publiaient chez Tross, libraire, à Paris, une relation originale du premier voyage, d’après un manuscrit découvert à la Bibliothèque Impériale de Paris. Ce manuscrit se compose de dix sept feuillets et porte pour suscription :
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Voyage de Jacques Cartier. M. Michelant avait publié en 1865, une première édition, calquée sur celle de 1598, avec addition do plusieurs documents inédits communiqués par M. Alfred Ramé. La seconde édition, celle de 1867, à part un certain nombre de nouveaux documents, €st enrichie de deux portraits de Jacques Cartier, et de deux vues de Limoilou. Les originaux de ces portraits se trouvent, l’un à l'hôtel de ville de Saint-Malo, et l’autre au département des estampes de la Biblio- ‘hèque Impériale. [ls sont peu ressemblants, t cela se conçoit, car ils ont dû être copiés à des époques différentes de la vie du capitaine. Lo premier, placé au frontispice de l'ouvrage, reproduit les traits du navigateur tels que nous les voyons souvent dans les gravures conservées religieusement au sein des familles canadiennes, Le second, représente un vieillard portant une barbe touffue, retombant en pointe sur sa poitrine.
La toile conservée à Saint-Malo, peinte par Riss, mesure environ sept pieds sur cinq; c'est probablement l'original des portraits répandus dans notre pays.
D’après MM. Michelant et Ramé, la première relation a dû être rédigée par Jacques Cartier. Malgré la précaution prise par l’auteur pour
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cacher sa personnalité, il arrive assez souvent qu'il se trahit lui-même, quand il lui échappe de dire, par exemple: ‘ Je nomme icelle isle saincte Katherine... . j'estime... jai seu... je présume........” Le plus souvent cependant l’auteur emploie un terme plus général et se sert du pluriel Nous.
Nous retrouvons encore le récit du premier voyage dans les Archives des voyages de Ternaux-Compans parues en 1840, et dans le XIIe volume de Pinkertons Voyages and Travels.
Note B.—LEs FRÈRES CORTEREAL.— Harisse dit que Cortereal fit trois voyages en Amérique, le premier sans résultat, avant le mois de mai 1500; le second, entre mai et décembre de la même année; et un troisième en janvier 1501. Pasqualigo ne mentionne que le voyage de 1500. Les historiens espagnols et italiens ne parlent aussi que d’une seule expédition. Gomara, dans un ouvrage publié à Saragosse en 1552-53, intitulé: Primera y segunda parte de la historia general de las Indias, etc, dit que Cortereal donna son nom aux îles situées à l'embouchure du Saint-Laurent, et que, chassé par les glaces et la neige, ilretourna dans son pays avec une soixante de sauvages qu'il avait enlevés. Pierre Mariyr ne fait
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aucune mention des Cortereal, Dans le troisième volume de la collecrion des voyages de Ramusio, publié en 1556, p. 417, il est dit que Gaspar Cortereal fut le premier capitaine qui parvint à cetto partie du Nouveau Monde allant vers le nord (which runs to the north) en l’année 1500, à la recherche d’un passage plus court pour arrivé aux îles des Epices ; qu'il pénétra dans un pays très froid où il découvrit au 60e une rivière remplie de glaces qu’il appela Rio Nevado. Biddle et Iumbold ne parlent que d’une seule expédition. Antonio Galvano a publié en 1563 le récit de l'expédition de Gaspar Cortereal, et lui attribue deux voyages. Il nous apprend aussi que Miguel Cortereal alla en 1502 à la recherche de son frère, qui n'était pas oncore revenu de ea seconde expédition en Amérique.
Note C.—Verrazano (1).--Giovanni da Verrazano naquit vers 1485. [l passe pour avoir fait un voyage dans les Indes orientales et avoir demeuré plusieurs années au Caire et en Syrie. On a dit même qu'il commandait un
(1) Jean Verrazano, fils de Pierre Andrea de Verrazano et de Fiammetta Capelli, de Florence, appartenait à une famille distinguée, et qui s’est éteinte en 1819, à Florence, dans la personne du cavalier Andrea de Verrazano, (Etude sur les navigations de Verrazano, par M, George Green, ancien consul des Etats-Unis.)
des vaisseaux d’Aubert lors de son expédition en Amérique, durant l’année 1508. Verrazano apparaît en qualité de corsaire français en 1521 sous lo nom de Juan Florin ou le Florentin. L'’ambassadeur portugais en France, Joâo da Silveire, écrivait de lui à Ja date du 25 avril 1523 : “ Joâûo Verezano, dont l’intention eet d'aller à la découverte du Cathay, n’est pas encore parti, l’occasion lui faisant défaut, et aussi à cause de difficultés qui, si Jai bien compris, sont survenues entro lui et ses hommes.” Verrazano fit voile le 17 janvier 1524 pour l'Amérique et vint explorer les côtes de la Caroline du Nord en remontant jusqu’à New-York, puis à Boston. Il retourna en France, la même année. Nous perdons ensuite sa trace. M. Biddle, dans son Memoir of Sebastian Cabot affirme que Verrazano était le même personnage que ce pilote piémontais qui fut {né ct mangé par les sauvages lors de l'expédition de Rut en 1527. Cette opinion s'accorde avec celle de Ramusio. Maïs toutes deux manquent de fondement. Lescarbot, La Ho + Lo Beau ont donné cours à cette : a que le P. Charlevoix rejette.
4 1826, on trouvait sur un banc de sable, v18 à vis Champlain, un canon de bronze, de trois pieds, quatre pouces et demi de long, de
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construction très irrégulière comparée à ceux qui sont fondus de nos jours. Cette trouvaille donna lieu à une Dissertation qui fut favorablement reçue du public. M. le juge en chef Sewell en fit la lecture devant la Société littéraire et historique de Québec. Elle se trouve insérée dans le second volume des Transactions de cette société en 1831.
Cette dissertation est divisée on deux parties Dans la première, M. A. Berthelot, avocat, qui en est l’auteur, entreprend de prouver que Jacques Cartier n'a pas fait naufrage à l'endroit appelé par quelques écrivains la roche de Jacques Cartier. Dans la seconde, M.
Berthelot conjecture que ce canon a appartenu à Verrazano.
Jacques Cartier dans ses relations de voyages au Canada, ne fait aucune mention de naufrages. Le seul malheur arrivé à sa flottille, c’est l'abandon qu'il fut forcé de faire de la Petite Hermine à l'endroit où il avait hiverné en 1536, à l'embouchure du ruisseau Lairet, Or, du temps de Champlain et longtemps après lui, on appelait ce ruisseau la rivière Jacques- Cartier, en souvenir, sans doute, du découvreur. C’est probablement grâce à cette appellation qu'est restée cette tradition du naufrage d’un des vaisseaux de la seconde expédition sur la
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roche Jacques-Cartier. La rivière Jacques- Cartier est à dix lieues de Québec, en remon. tant le Saint-Laurent. Champlain, paroisse du comté de ce nom, est située une dizaine de lieues plus haut.
Le seul souvenir que lon garde d’un naufrage dans le Saint-Laurent à une époque aussi reculé se rapporte à Roberval, parti de Charlebourg-Royal avec huit barques pour pénétrer dans le pays que les sauvages appelaient Saguenay. Une de ces barques périt dans le voyage, avec huit Français qu’elle portait. Cette catastrophe, a peut-être servi de fondement à la tradition populaire, qui suppose qu'un des vaisseaux de Cartier se brisa contre un rocher dans le Saint-Laurent.
Note D.-—ITINÉRAIRE DU FREMIER VOYAGE DE CARTIER.—Les annotateurs de l'édition canadienne du premier voyage de Cartier avaient cru que celui-ci, en quittant les îles de la Madeleine, s'était arrêté pour la première fois dans le fleuve des Barques qui d’après eux, devait correspondre à la rivière Miramichi. Cette première erreur devait amener les biographes de Cartier à tracer un faux itinéraire de cette partie du premier voyage, à partir du moment où le découvreur quitta les îles de la Madeleine jusqu’à son
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arrivée dans la baie des Chaleurs, alors qu’il n’y a plus d'interprétation erronée possible.
Le 25 mai 1887, M. W.F. Ganong, A:M. de Cambridge, Massachusetts, communiqua à la Société Royale du Canada une étude très élaborée sur la route suivie par Cartier, L'opinion qu'il émit à ce sujet était partagée déjà par d’autres historiens canadiens, tels que MM. les abbés Laverdière et Casgrain. Nous croyons franchement, avec eux, que le trajet suivi par le grand navigateur, diffère absolument de celui que l’on trouve dans l'édition canadienno des voyages, non seulement pour cette partie, mais encore pour le trajet qu’il suivit depuis son départ de la baie de (rasyé jusqu'au moment où il se décida à repasser en France.
Traçons d’abord le routier à partir de l’île d'Alezay, une des îles du groupe de la Madeleine. Voici le texte original du récit de Cartier tel que rapporté par Michelant et Ramé dans leur édition de 1867 :
“Et le lendemain, pénultième jour dudit moys, le vent vint au Su, ung cart de Surouaist, et fismes couriz jusques au mardi derroin jour dudit moys, sollail à #st, sans avoir congnoissance d’auculne terre, fors que le soir, sollail recorsant, nous vysmes terre aparois-
sante comme deux illes, que nous demeuroict à Ouaist Surouaist, environ IX, ou X. lieues. Et celuy jour fismes à Ouaist jusques au lendemain, sollail à l'Est, environ quarante lieues; Et faissant chemyn, eusmes la congnoissance de ladite terre que nous avait aparut comme deux illes, que c’estoit terre ferme que gissoit Su Suest et Nord Norouaist jusques à un cap de terre moult beau, rommé cap d'Orléans.
Toute ycelle terre est basse, unye, la plus belle qui soict possible de voir et plaine de beaulx arbres et prairies; mais en icelle ne peumes trouvez hable, pour ce que c’est basse terre et poys soume et toute rangée de sables. Nous y fumes en plusieurs lieulx o nos barques, Et entre les aultres, dedans une belle rivière de peu de fons, où vysmes des barcques de sauvaiges, qui traversoinct ladite ripvière qui, pour ce, fut nommée ripvière de Barcques.”
Ici l’annotateur de l'édition publiée sous les auspices de la Société Littéraire et Historique de Québec, ajoute en note: ‘On pense que c’est la rivière de Miramichi.”
L'erreur est palpable, car la rivière Mira.
michi mesure à sonflentrée de 5 à 8 brasses d’eau, et est navigable pour les vaisseaux d’un fort tonnage. Le fleuve des Barques ne peut pas non plus correspondre à cette rivière.
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Il s'ensuit donc que Cartier ayant quitté les îles de la Madeleine, dirigea sa course vers l’ouest, tout en se rapprochant au sud vers l'île du Prince-Edouard qu'il prit pour deux îles. L'île du Prince-Edouard semble en eftet séparée à un certain endroit en deux parties distinctes par la baie de Richmond. Cette baie court dix milles au sud-ouest, et contient plusieurs îles et un grand nombre de criques ct do rivières, dont quelques unes sont navigables pour des vaisseaux de fort tonnage, et toutes pour des petits vaisseaux et des chaloupes.
L'erreur dans laquelle est tombé l’annotateur du Premier Voyage de Cartier, édition canadienne, erreur partagée par nos historiens, est rendue plus manifeste par la description des côtes visitées par le navigateur malouin après qu’il eût quitté la baie de Richmond ou le fleuve des Barques. Suivons bien le récit :
“ It fysmes couriz au Nordest jusques au landemain, sollail à l'Est, premier jour de juillet, alla quelle heure vingt brumes et serrs ‘son, et mysmes les voylles bas jusques environ dix heures qu'il esclardit; et eumes congnoissance dudit cap d'Orléans, et d’un aultre qui en demeuroict environ sept lieues au Nort, ung cart du Nordest, qui fut nommé
le cap dez Sauvaiges, au Nord-est duquel, environ demye lieue, y a ung hessier et bancq de pierres fort dangereux.”
Le cap d'Orléans correspond au cap Kildare, situé à environ 11 milles du cap des Sauvages qui est la Pointe Nord de l’île du Prince- Edouard. Il existe à deux milles au nord-est de cette pointe un chapelet de récifs qui rend la navigation périlleuse à cause de la houle qu'ils produisent. -
Cartier continua son voyage en doublant Île Cap des sauvages, entra, tout en longeant la côte occidentale de l’île da Prince-Hdouard, dans le détroit qui sépare cetteîle du continent. Il l'appelle la baie Saint-Lunaire.
‘# Lo lendemain, dit-il, second jour de juillet, nous apersumes Ja terre au Nort de nous qui tenoict o celle de davant toute rangée, et congneumes que c’estoit une baye qui a environ vignt lieues de parfont et antant de traversée. Nous la noumasme la baie Sainct Limaire.”
C’est done à tort qu’on a pris la baie de Miramichi pour celle de Saint-Lunairo. La baie extérieure de Miramichi est large d'environ 14 milles, depuis les barres sablonneuses devant la pointe Blackland jusqu’au phare sur la pointe Escuminac,
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Idare, vages rincerd-est rend houle
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Après avoir travereé la baie Saint Lunaire, Cartier aperçut un cap vers le nord, et un autre au nord-est de ce dernier, à environ rept ou huit lieues de distance l’an de l’autre. ‘ Et entre les deux, dit-il, y a une baye, en manière de triangle, qui estoict moult parfonde...….…. i Cette description correspond parfaitement aux deux pointes qui forment l’entrée de la baie de Miramichi dont la forme représente un triangle. Les deux pointes sont, au sud la pointe Hscuminac, et au nord la poiute Blackland.
Il devient de plus en plu, facile .e suivre la route parcourue par Cartier dep is la rivière Miramichi jusqu'à la Baie des C'ialeurs. Nos écrivains s'accordent tous sur cette partie de son voyage. Mais la difficulté surgit de nouveau après son départ de la baie de Gaspé, jusqu’à ce qu'il ait atteint la côte nord du Saint- Laurent. Ici, M. Ganong déclure qu'il est étrange que Cartier, dans ses recherches d’un passage vers l’ouest, ait traversé à Pîle d'Anticosti après avoir quitté (Gaspé, et longé la côte de cette île, au lieu de remonter directement le fleuve Saint-Laurent. Pour mieux élucider la difficulté, citons le texte du Récit :
‘“ Lo landemain, XX Ve dudit moys, le vent vynt bon et appareillasmes du hable ; et nous estans hors de la dite ryvière, fismes porter à l'Est Nordest, pour ce que depuis la terre de la dite rivière estoit la terre rengée, faisant une baye en manière de demy cercle, dont auyons veues de toute la couste de noz navires ; Et en faisant la routte, vynmes querre ladite terre qui gisoit Suest et Nornoyst, le paraige de laquelle il pouoyt avoir de distance, deppuys ladite rivière, envyron XX lieues.”
Il est clair, d’après le contexte, que Cartier prit pour une baie la mer qui sépare l’île d’Anticosti de la terre ferme. Naturellement il crut qu'il fallait changer de direction et au lien de s’enfoncer dans cette baie supposée, il continua sa route le long de la côte qui, dit-il, “ya S. E. et N. O.” Arrivé à l’extrémité sud, il commença à contourner l’île, nomma le cap Saint-Louis, jour de la fête du roi de France. Puis il remonta vers le nord, aperçut un cap qu'il appela Cap de Memorancy.
La ÆRelation continue: ‘‘ Le samedi, premier jour d’Aoust, à soleil levant, husme congnois. sance et veue d’altre terres qui nous demouroyent au Nor et au Nordoest,......... Nous rangasmes les dites terres tant d’une part que d’aultre, passant à Nornest pour veoyr si
vent nous ter à ‘e de sant dont rires ; ladite raige ppuys
artier e l’île ement et au sée, il dit-il, é sud, le cap rance.
n Cap
‘emier gnOis lemou- Nous art que yr Si
c'estoit baye ou passage, jusques au cinquième jour dudit moys. Il y a de l’une terre à l’aultre environ XV lieues... et fusmes jusques au plus destroit d'icelle où l’on voyt la terre facillement de ung à l’aultre.”
C'est-à-dire que Cartier longea toute la côte avec l’intention de gagner vers l’ouest, jusqu’à ce qu'arrivé au plus destroit, les vents et la marée le forcèrent à prendre terre vis-à-vis d’un cap qu’il ne nomme pas. Mais il baptisa le détroit du nom de Saint-Pierre, fête du saint co jour-là. Ce devait être vers le 1 août, fête de Saint-Pierre aux liens, De cetendroit il résolut de retourner en France,après avoir consulté son équipage. Chemin faisant il aperçut la pointe de Nataskouan qu'il appela Cap Thiennot, en l'honneur du chef de la nation indienne qu’il rencontra en ce lieu.
Le reste du voyage est conforme aux récits que nous en ont laissé les commentateurs du premier voyage de Cartier.
Note E.—La rriBu DE HoNGuf£Do.—"* La Gaspésie, dit le Père Récollet Chrestien LeClercq (1), a une origine assez obscure et assez ancienne. La Gaspésie ou Gaspé d’où nos sauvages tirent leur origine et leur nom
(1) Nouvelle Relation de la Gaspésie,
rs
de Graspésiens, n’a pas soulement été fameuse et remarquable parmi les nations de l’Amérique Septentrionale, soit par la demeure ancienne et ordinaire que les premiers chefs et les capitaines qui sont les rois et les souverains de ces peuples y ont établi pendant le cours de plusieurs siècles comme le siège de leur empire et d’un gouvernement tel qu’il se peut trouver daris le Canada parmi les Barbares de la Nouvelle France; soit aussi par les guerres sanglantes et la fureur de leurs armes victoriouses et triomphantes qu'ils ont autrefois portées jusque chez les Esquimaux ot les autres sauvages qui demeurent le long des côtes du grand fleuve de Saint-Laurent.”
Note F,-—LE CULTE DE LA CROIX CHEZ LES SAUVAGES DE L’AMÉRIQUE.—Pierre Martyr (1) dit que les Espagnols qui abordèrent les premiers dans le Yucatan, y virent des croix.
Lopès de (omara (2) rapporte que les habitants de l’île d’'Acuzamil, ou (Gozumel avaient un temple en pierre dans lequel il y avait une croix haute de dix palmes qu'ils adoraient comme une divinité, qu'ils invoquaient pour obtenir de la pluie, portaient en procession.
(1) Ocean. Decad, Lib, 4, c. 1.
(2) Hist. Gen, de Indi, Lib. 3, c. 2.
neuse Améneure chefs sOUVeant Île ge de qu’il se ni les ; AURAI e leurs ils ont imaux le long urent.”
1EZ LES tyr (1) ent les H Croix.
ue les ozumel, s qu'ils s invonient en
Le Père Antoine Ruiz (1) nous parle d’une croix miraculeuse qui fut trouvée dans cette partie du Paraguay qu’on appelle Sainte-Croix. Ce Père regarde cette croix comme une preuve confirmant l’opinion que saint Thomas, apôtre, avait annoncé l'Evangile dans le Brésil, dans le Paraguay et le Pérou.
Le Père Chrestien Le Clercq (2) rapporte que le culte de la croix était si ancien chez les sauvages Porte-Croix ou Crucientaux, réfugiés sur la rivière Miramichi, que c’est, dit-il, “une matière suffisante pour nous faire conjecturer, et croire même, que ces Peuples n’ont pas eu l'oreille fermée à la voix des Apôtres, dont le son a retenti par toute la terre.”
L'inca Garcillasso (3) assure que les rois du Pérou avaient dans une de leurs maisons royales une croix d’un jaspe cristallin, mêlé de blanc et d’incarnat, qu’ils conservaient dans un lieu sacré. Ils ne commencèrent à l’adorer qu'après l’arrivée chez eux des Espagnols.
La plupart des auteurs ont nié péremptoirement tous ces faits qui respirent le miraculeux, entre autres Oviedo et Jean de Laët. Nous ne nous attacherons pas à discuter la valeur des
(1) Conquista Espiritual del Paraguay, ? 23 et 25. (2) Rel. de la Gaspésie, ch. 9 et 10.
(3) Comm. Real, L. 2, c. 3.
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arguments apportés à l'appui des prétentions de ceux-ci, non plus que de Pierre Martyr, de Ruiz, de Lopès de (Gomara et de l'inca Garcilasso. S'il y a de l’exagération dans leurs ‘apports, on ne peut nier pourtant qu'il n’y ait du vrai au fond, Cependant si on peut dire ab uno disce omnes, en examinant l’assertion du P. Le Clercq au sujet des sauvages Porte-Croix, on a cette fois la preuve qu’il y a presque toujours une grand dose d’exagération, quand ce ne sont pas fables dans ces histoires merveilleuses. Le P. Le Clercq a visité les sauvages de la rivière Miramichi vers 1677.
Cartier était passé chez eux en 1534:
Champlain, Lescarbot, Poutrincourt, et tous ceux qui avaient tenté de s'implanter dans le voisinage de Micmacs ou Souriquois dont les CrucIENTAUX ne différaient que par le nom, et encore ce nom leur avait-il été donné par les Français, ne parlent aucunement de cette particularité qui devait les faire reconnaître de prime abord, car, au dire du P. Le Clercq, ils portaient des croix dans leur cou, ils en tatouaient leur chair, les berceaux et les langes des enfants en étaient ornés ; les écorces des cabanes, les canots et les raquettes même en étaiont toutes marquées. Champlain trouva un jour dans un des ports de la baie frarçaise,
tions r, de ’inca leurs l n’y tdire on du Jroix, esque quand toires ité les y 1677.
t tous lans le int les e nOM, né par B cette hnaître lercq, | ils en et les écorces même trouva rçaise,
à3 ou 4 lieues au nord du cap de Poutrincourt, ‘une croix qui était furt vieille, toute couverte de mousse et presque toute pourrie” Mais il ajoute ‘“ qu’elle montrait un signe évident qu'autrefois il y avait eu des Chrétiens.”
Les Jésuites qui visitèrent toutes les côtes du Nouveau-Brunswick, explorèrént la Baie des Chaleurs, le Cap-DBreton, et la Nouvelle- Ecosse, depuis 1634 à 1660, nous parlent de ces sauvages, mais nullement du culte de la croix. Comment le Père Le Clercq a-t-il pu avoir connu ce fait merveilleux, mieux que ses devanciers dans l’œuvre des missions ? Le P. Le Clercq, comme bien d’autres, s’en est laissé imposer par les exagérations de ces sauvages. Autant pourrait-on dire des autres écrivains qui s’en rapportaient à des oui-dire.
Note G.—ETyMoLzoaie pu mor ‘ CANADA. ”?
—-Les opinions varient beaucoup sur ce sujet.
Les uns font dériver €anada de l'espagnol, par corruption des mots Capo de nada, cap de rien, cap stérile, dénomination que les Espaguols auraient donnée à cette terre qu'ils croyaient stérile. .
D’autres ont prétendu que les sauvages, ayant entendu les Espagnols manifester leur déception, ne découvrant point de mines
précieuses, comme ils s’y attendaient, auraient
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saisi les mots : acanada, rien ici, et en auraient appelé leur pays de ce nom de Canada
Ces étymologies, tirées de la langue espagnole, doivent être tenues pour suspectes.
Dans la supposition où les Espagnols auraient foulé les premiers le sol de la Nouvelle Ecosse ou du Nouveau-Brunswick, et que les Indiens de cette région auraient appris d'eux le mot Canada, on ne peut guère s'expliquer comment ils auraient appliqué ensuite cette appellation à une contrée qui leur était peu connue. Car nous avons vu que du temps de Cartier les sauvages désignaient sous ce nom la région comprise entre l’Ile aux Coudres et Hochelaga.
Quelques écrivains ont cru que Canada signifiait terre.
Il n’y a, à notre sens, qu'une seule étymologie acceptable de ce mot. C’est celle que donne Jacques Cartier dans la nomenclature qu'il nous a laistée à la suite de la relation de son deuxième voyage. Il nous dit que Canada ou Xannata signifie une ville. La plupart des historiens admettent cette dénomination comme venant des Hurons-[roquois, “et avec d’autant plus de vraisemblance, ajoute l’abbé Faillon, que les Hurons qu’on dit avoir autrefois habité ce pays emploient souvent le D là où les Iroquois £e servent du 7’; en sorte que
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le mot ÆXanata des Iroquois reviendrait à celui de Canada, dans la langue des Ifurons, pour signifier un village ou une bourgade.”
Le Père Charlevoix affirme que les mots conservés par Cartier appartiennent tous au huron.
Que dire de l’étymologie apportée ces dernières années, faisant dériver Canada du montagnais Æannatat, qui veut dire étranger.
Or, Cartier n’a eu aucun rapport, que nous sachions, avec la triba montagnaise dispersée, comme on sait, le long de larivière Saguenay, le lac St-Jean et ses tributaires. Nous avonsétabli clairement que Cartier n’eut affaire lors de son second voyage qu'aux hurons-iroquois de Stadaconé et d'Hochelaga. Kt ce fat à la suite de ce voyage qu’il écrivit sa liste de mots sauvages qu’il avait sans aucun doute appris d'eux. Dans son premier voyage il ne mentionne que les Esquimaux et la tribu de Honguedo, à laquelle appartenaient Taignoagny et Domagaya. Ce furent ces derniers qui lui apprirent, une fois arrivés aux environs de lu rivière Trinité, que c'était l’entrée du royaume de Saguenay, et que c'était ‘le commencement du grand fleuve de Iochelaga, lequel allait toujours se rétrécissant jusques à Canada.”
Dans l’idiôme des Mohawks, Canada veut dire ville ou village.
Belleforest et Thévet traduisent Canada comme un mot indien signifiant terre.
CEA PLIRE V
Note A.—SEconn voya“e D# CARTIER AU CanADa.—La relation du second voyage porte le titre suivant :
“ Brief Récit et succincte narration de la Navigation faiteen MDXXX V et MDXXX VI par le capitaine Jacques Cartie: aux îles de Canada, Hochelaga, Saguenay et autres, avec particulières mœurs, langage et cérémonies des habitants d’icelles : fort délectable à voir.”
C’est la seule relation dont nous possédions sûrement la rédaction française originale. 11 en existe une édition, imprimée à Paris, en 1545, en un volume de 48 feuillets petit in8, et conservée à Londres, au British Museum.
Le texte de ce second voyage nous est parvenu par Ponce Rosset, dit Faucheur, et Anthoine le Clerc, Frères. Un fac-simile de l'édition Rosset à été imprimé en 1863, chez Tross, à Paris, par les soins de M. d'Avezac.
Il existe, à Paris, à la Bibliothèque Impériale, trois exemplaires manuscrits contempo-
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rains de ce second voyage, apparemment de la même main, et qui, cependant présentent des différences relevées avec soin dans l'excellente édition de M. d’Avezac, avec les variantes de ces manuscrits.
Le premier de ces manuscrits, (A), classé sous le No 5653, du Fonds Français portait autrefois le No 611 dans la Bibliothèque royale de Fontainebleau. Il est richement relié et décoré en or, sur les plats, des armes et du chiffre de Charles IX, et porte le titre suivant : ‘“ Seconde navigation faicte par Le commandement et voulloir du tresxpieu Roy françois premier de ce nom au parachement de la descouverture des terres occidentalles estant soubz le climat et parrallelles des terres et Royaulme dudict Sr. et par luy precedantement ja commencees a faire descouvrire. Icelle navigation faicte par Jacques cartier natif de Sainct Malo de lisle en bretagne, pillote dudict Sr, en lan mil cinq cens trente six.”
Le deuxième manuscrit a le même titre et porte le No 5589, Il est relié en maroquin rouge à filets dorés et médaillon ovale aux armes royales sur les plats. C’est le Ms B.
Celui-ci et le suivane ont des intitulés de chapitres et une épître au roi, intitulés etépître qu’on trouve aussi dans l’imprimé, mais qui manquent dans le premier de ces manuscrits,
Le troisième manuscrit (C) est désigné sous le No 5644, et provient de la bibliothèque de Philibert de la Mare, érudit bourguignon, qui mourut en 1687, laissant une riche bibliothèque dont les manuscrits provenaient de Saumaise, et que Louvois fit transporter par ordre du Régont en 1719 à la Bibliothèque du Roi. Ce manuscrit ne porte pas de titre et est couvert d’une demi reliure moderne à dos de maroquin rouge du Levant, avec papier d’Annonay marbré sur les plats.
Ce texte a été reproduit par Lescarbot. La narration y est faite à la troisième personne, excepté dans la dédicace au roi. C’est une copie, paraît-il, de l'original présenté au roi, écrit à la main et couvert en satin bleu. A la page 268 de son ouvrage, Lescarhot dit que d’abord il avait résolu de ne donner qu’un abrégé de ce voyage, mais que pour l'avantage des navigateurs il le donne en son entier.
M. d’Avezac est disposé à penser que le premier de ces trois manuscrits n’est autre que l'expédition originale, destinée au roi, soit que Cartier luimême ait été admis à la lui présenter, comme le donnerait à croire Lescarbot, soit qu’elle ait passé par les mains de l’amiral de Brion.
Il existe une traduction en anglais des voyages de Cartier, d’après Ramusio. Elle est
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de John Florio, et fut imprimée à Londres en 1580.
M. Ternaux-Compans en tira une copie qu'il fitimprimer en 1841, en tête du second volume de ses Archives de voyages. La Société littéraire et historique, ayant fait prendre une copie du troisième manuscrit, l'a reproduite dans son volume de 1843, à la suite du Premier voyage.
La relation du second voyage est de Jacques Cartier. Il ne saurait y avoir de doute sur ce point, puisqu'il nous l’apprend lui- même dans le récit du troisième voyage (chapitre D), quand il dit: ‘Le roi ayant ouï ce qu'avait rapporté le capitaine Cartier de ses doux premiers voyages, tant par ses écrits que verbalement..…..…....”
Nous avons en outre le témoignage écrit d’un de ses neveux et héritiers, Jacques Noël, qui lui attribue, dans une lettre de l’année 1587, les Relations des voyages qu'il fit au Canada: ‘Je ne manquerai pas de m’informer par moi-même, écrivait-il, s’il y a moyen de trouver ces Aelations, que le capitaine Jacques Cartier a écrites après scs deux derniers voyages au Canada.”
Note B.—LEe Sizron.—Voir Note A, chapitre III.
Note C.—R£évéReND PÈRE EN Dieu MONSIEUR DE SAINT MALO.—La question est de savoir qui était ce révérend Père en Dieu, lequel en son état épiscopal donna sa bénédiction aux équipages de la seconde expédition.
L’abbé Faillon prétend que ce fut Mgr Denis Briconnet (1), ‘“ fervent prélat, aussi charitable pour les autres que dur et austère pour luimême, et vraiment digne des temps apostoliques.” Dans d’autres ouvrages Mgr François Bohier, aumônier ordinaire du roi François I est cité comme ayant présidé à cette cérémonie si éclatante. Tout ce que nous pcavons savoir au sujet de ces deux prélats, c’est que le premier Mgr Briconnet mourut, dans son abbaye de Cormery, en Touraine, le 15 décembre 1535. Son successeur Mgr Bohier avait prêté le serment de fidélité le 3 janvier 1535, c'est à dire quatre mois et demi environ avant le départ de Cartier. Il est donc assez probable qu’à cette date du 156 mai 1535, Mgr Briçonnet était rendu en Touraine, après avoir laissé les rênes administratives du diocèse de Saint-Malo à son successeur Mgr Bohier. Ce dernier resta évêque de Saint-Malo jusqu’à sa mort en 1569.
(1) C’est Briçonnet et non Briconnet,
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Note D.—LE FLEUVE SAINT-LAURENT.— Cartier raconte que Taignoagny et Domagaya, lui apprirent une fois arrivés à l'entrée du Saguenay, que ‘c'était le commencement du grand fleuve de Hochelaga.”” On rapporte que dans les tomps les plus reculés les sauvages avaient baptisé ce fleuve majestaeux du nom de ZLadauanna. \V. les Institutions de l'Histoire du Canada, par Bibaud, jeune, p. 62.) Il porta ensuite le nom de Fleuve Canada.
Lescarbot l'appelle la Grande Rivière du Canada.
Note E.-—Nomus DONNÉS A L'ILE D’ANTIcosTI.—10 Le nom primitif donné à cette île par les sauvages était Matiscotec. (Jean de Laët.)
20 L'Ile de l'Assomption ; nom donné par
30 L'Jle de l'Ascension ; par Roberval.
4° Les Français firent Anticosti par corruption du mot Matiscotec.
59 Thévet l'appelle MNaticousti.
60 Les Montagnais la désignent sous lo nom de Nataskoueh, c'est-à-dire lieu cù l’on va chercher l'ours.
70° Quelques uns lui reconnaissent le nom de Laisple.
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Note F.—Noms DONNÉS A L'ILE D'ORLÉANS.
—En visitant cette île pour la première fois, Cartier la nomme Jle de Bacchus, parcequ'il y trouva force vignes. Au printemps de 1556, il change ce nom en celui d’Zle d'Orléans, “en l'honneur, dit Thévet, d’un des fils do France qui lors tivait et se nommait lors Valois, duc d'Orléans, fils de ce grand roi de France de Valois, premier de ce nom.”
Thévet, ami de Cartier, nous apprend que l'ile d'Orléans était appelée Minigo par les sauvages (1),
Lors de leur séjour dans cecte île, en 1651, les Furons l’appelèrent Jle de Sainte-Marie, en souvenir de leur ancienne demeure au pays des ITurons (2).
En 1675, l’île appartenant à M. Francis Berthelot, fut érigée en comté noble, sous le nom d’Jle et Comté de Saint-Laurent. À partir de cette époque jusque vers 1700, elle a porté alternativement le nom de Saint-Laurent ot d'Orléans. Celui de Saint-Laurent prévalut cependant dans les actes et documents publics. Depuis près d’un siècle, on ne donne plus à l’île que le nom d’Orléans (3).
(1) Le Grand Insulaire, A, Thévet.
(2) Relations des Jésuites, (3) Histoire de l’île d'Orléans, par L, P. Turcotte,
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Il est assez singulier de trouver dans la Relation de 1632, écrite par le P. Le Jeune, le nom de Saint-Laurens donné à cette île, car ce nom ne se retrouve plus avant 1675.
Le populaire l'appelle aussi l’île des Sorciers. Les habitants de la côte sud croyaient sincèrement que cette île était peuplée de feuxfollets, de loups-garous etde sorciers. L'origine de cette croyance populaire provenait de ce que les pêcheurs de l’île circulaient durant la nuit sur les rivages pour aller visiter leurs pêches à l’anguille. Les flambeaux ou fanaux dont ils se servaien. alors firent croire aux gens de la terre ferme que c’étaient autant do sorciers faisant leurs promenades nocturnes.
Note G.—Srapaconé.-- D'après l'abbé Ferland, Stadaconé était situé dans l’espace compris entre la rue de la Fabrique et le côteau Sainte-Geneviève, près de la côte d'Abraham.
En effet, de ces deux points à la rivière Lairet, il y a environ une demi-lieue de distance. Il fallait de l’eau pour les besoins du village, et les sauvages n'aiment pas à aller la chercher bien loin : ici ils en auraient eu en abondance, car un ruisseau avait son lit là où est maintenant la rue dela Fabrique; il allait tomber dans la rivière Saint-Charles, près du lieu où est l'Hôtel-Dieu A l'extrémité du terrain, un
autre ruisseau descendait le long du côteau Sainte-Geneviève. |
L’étymologie du mot Stadaconé la plus connue, est celle qui veut que ce mot sauvage soit algonquin et signifie aile. Mais nous est avis que C’est une erreur, car une aile d’oiseau se traduit onigouigan dans le dialecte des Algonquins. Ce mot devait être huron, de même que les sauvages qui habitaient alors la bourgade de Stadaconé.
Jacques Cartier ne donne à ce lieu d’autre nom que Stadaconé et Stadacona. Jean Alphonse l’appelle toujours Canada, et Jean de Laët Stadaca et Stadaconé.
Note H.-—LaA RIVIÈRE SAINT-CHARLES.-— Elle fut primitivement désignée sous le nom de rivière Sainte-Croix par J. Cartier. Les sauvages l’appelaient Cabir Coubat, à raison de ses nombreux méandres. Les Récollets changèrent le nom de Sainte-Croix en celui de Saint-Charles, en mémoire de M. Charles des Boüûes, grand-vicaire de Pontoise, fondateur de la maison des Récollets en Canada (1).
(1) La Potherie, t, 1, p. 124.
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raison écollets bn celui Charles , fondaada (1).