CHAPITRE VI
Note A.—La Bouraane D'HOCHELAGA.—- L'édition originale des voyages de Cartier paraît avoir été illustrée de cartes ou de plans. Dans sa traduction italienne Ramusio nous a laissé une vue idéale à vol d'oiseau de Ja bourgade d'Hochelaga. Elle montre la construction de ses palissades de bois, la forme et l’arrangement des maisons et elle donne une idée grossière de l’aspect des environs. Elle nous permet de comprendre les dimensions que Cartier donne aux #habitations: ces dimensions évidemment ne se rapportent pas à des demeures particulières qui sont carrées, mais à une suite de quatre ou cinq maisons.
De plus elle donne environ 120 verges pour le diamètre de l’enceinte circulaire, et environ 30 verges pour chacun des côtés du carré placé au centre. Elle montre encore que le village était situé près de la base de la montagne, (laquelle ne paraît pas cependant, parce que le point de vue était pris du sud,) qu'il y avait un petit ruisseau à l’ouest et probablement un autre à une grande distance vers l’est (1).
Note B.—-POoPULATION DES ABORIGÈNES A L'ÉPOQUE DE CARTIER.—Si on en jugeait par
(1) Canadian Naturalist, JT. W, Dawson.
la variété et la multitude des tribus sauvages d'alors, on serait porté à croire que leur nombre était très considérable. S'il fallait aussi s’en rapporter au dire des sauvages sur ce point, on serait souvent trompé, car ces peuples primitifs font un grand abus de Ja métaphore, et pour eux mille âmes c’est une vaste multitude.
Le premier des états de population indigène date de 1611; il a été préparé par un missionpaire jésuite, et se trouve inséré dans la Relation de cette année-là. Un autre recensement fait en 1639 par les missionnaires, porte à 12,000 le chiffre de la population huronne. Du temps de Champlain, on l’évaluait à 30,000 et plus. C'était exagéré.
Des évaluations faites avec le plus grand soin, dit un historien, portent à 180,000 âmes le chiffre total de la population des aborigènes da Canada. Et, sur ce nombre la famille algonquine figure pour la moitié, c. a. d. 90,000. Comment se fait-il qu'en 1611, le recensement ne lui accorde que 10,000 âmes? Cependant rien dans l'intervalle n’était venu pour changer l'accroissement normal de ce peuple. Il y avait donc eu exagération. Comme le dit si justement M. le docteur Taché dans son Introduction aux Recensements du Canada :
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aborigène, faites par les auteurs, tant anciens que modernes, sur les données fournies par les sauvages eux-mêmes, les voyageurs et les traiteurs, sont entachées d’exagération, que le critique a rarement découverte, tant on a de peine à admettre comme exact le chiffre de l'énorme superficie de territoire nécessaire à l'alimentation de l’homme par la chasse.”
Le chiffre de 180,000 âmes pourrait être ramené à 100,000, et nous seriors assez près de la vérité. Nous ne parlons ici que des sauvages du Canada, depuis le Labrador jasqu’au lac Huron. Dans ce même rayon, les sauvages comptent aujourd’hui une population de 34,412.
La population indigène diminue peu, eu dépit de la vie nomade de plusieurs tribus.
Les Micmacs comptent aujourd’hui 4,106 individus. Du temps des premiers missionnaires, ils ne dépassaient guère 4,000. C'est probablement la nation la mieux conservée.