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Michelle, fille de Jehan Gorgeu et de Martine Jalobert, qui fut baptisée le 17 novembre 1555. Il y a une entrée sur le registre qui peut avoir quelque rapport avec son voyage au Brésil. C'est l’acte de baptême, en date du 30 juillet 1528, d’une fille sous le nom de ‘“ Catherine du Brezil,” et dont Catherine des Granches fut la marraine. Ne serait-ce pas là une jeune indienne ramenée du Brésil par Cartier, comme cela se pratiquait souvent alors. Par le fait que le nom de Catherine des Granches se trouve sur le registre, en cette occasion, il n’est point nécessaire d’en conclure que Cartier assistait à la cérémonie, car il y avait alors à Saint-Malo plusieurs personnes de ce nom; mais comme le parrain, ‘Guyon Jamin,” était parent de Cartier, la déduction nous semble assez naturelle.
Nous ignorons en quelle année et sous quelles circonstances le grand-amiral de France fit la connaissance de Cartier, et le présenta au Roi, comme un marin parfaitement qualifié pour continuer les explorations de découvertes au Nouveau-Monde. Ilest également impossible de trouver la commission qui lui fut accordée pour ce voyage.’
Cartier doit avoir comparu devant le Roï avant le 19 mars 1533, Car, à cette date, on le trouve à Saint-Malo reclamant l’aide de la Cour pour compléter lescadres desonéquipage. Il est toutefois certain que le Roi fut si favorablement ir pressionné par la supplique de Cartier, qu’il approuva immédiatement son projet, et donna ordie de faire équiper, à ses frais, deux vaisseaux dont il lui donna le commandement, avec instructions de faire tout en son pouvoir pour découvrir le passage aux Indes Orientales que l’on cherchait en vain de-
Norte 9—I1 est probable que ce document jetterait de la lumière sur les découvertes de Verrazzano.
puis des années. Charles de Mouy, sieur de la Meilleraye et vice-amiral de France, qui se montra dans la suite le protecteur de Cartier, surveilla lui-même les préparatifs du départ. Suivant les ordres du Roi, Cartier se rendit à Saint-Malo, où il équippa deux navires de soixante tonneaux chacun, montés par soixante marins,” formant avec le chef de l'expédition soixante-un hommes en tout.
Après avoir investi Cartier du commandement absolu, le vice-amiral réunit les équipages et leur fit jurer solennellement de bien et fidèlement se comporter au service du Roi, sous la charge du dit capitaine Cartier."
Les préparatifs étant terminés, Cartier mit à la voile et partit de Saint-Malo, le 20 avril 1534, en route pour les côtes de Terreneuve. La traversée fut heureuse, et aidés par un vent favorable, le ro mai suivant, ils arrivaient en vue du cap de Bonavista (Cap de Bonneviste KR. O.). La saison n'étant pas assez avancée, les glaces flottantes empéchèrent les explorateurs d'entrer dans la baie ; ils firent alors voile vers le sud-est et jetèrent l'ancre dans un havre que Cartier nomma Sainte-Catherine,* probablement en l'honneur de sa femme. Dans la suite de cette étude nous verrons le capitaine breton, en plus d’une occasion, faire ainsi hommage à son épouse de témoignages d’une affection conjugale d’autant plus remarquable qu’elle se rencontre assez rarement chez les hommes qui suivent la carrière aventureuse qu’il avait choisie.
Ils s’arrêtèrent dix jours en cet endroit, et y réparèrent
Norg 10,—Voir Appendice A.
Nore. 11.—Voir Appendice B.
. Note 12.—La R, O0. dit:—‘Vng haure nomme Saincte Katherine.” Suivant l'édition de 1598 il faut lire :—‘ Vn port que nous nommasmes de S. Catherine.”
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