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La principale objection, cependant, nous paraît êwe que Cartier répète, à plusiei :s reprises, que la messe fut dite. Par exemple, rien de plus clair que ce qui suit ; —"“ZÆf ordonna que le diméche en suyuant l'on diroit audict lieu la messe
i La messe dicte & clebrée.”" (Brief Recit.)
A cela nous pouvons répondre que ce n’est qu'un simple énoncé du fait, sans aucune des réflexions qui viendraient naturellement à l'esprit d’un bon chrétien, et que Cartier n'aurait pu s'empêcher de consigner dans son journal, s’il avait eu le bonheur d'assister à la première célébration du saint sacrifice dans la Nouvelle-France. Aux yeux de Cartier, cet acte sublime devait être ce qu’il a y de plus grand sur la terre. Et dire que celui qui se montre toujours si fidèle à noter les moindres incidents se rattachant à la religion—qui décrit au long l'érection d’une croix de bois, nous donne sa hauteur, et le texte de l'inscription qu'il y avait fait graver—qui raconte au long les cérémonies qui accompagnèrent cette prise de possession et l'effet qu'elles produisirent sur les sauvages, dire que ce narrateur si précis se serait contenté de mentionner, en passant, l’événement de la première élévation, en Canada, de la Divine Victime ellemême, sous les apparences visibles qu’elle a choisies pour se communiquer à nous, est une prétention que nous sommes incapables d'accepter. Nous aimons mieux croire que le mot ‘ Dom ? est une interprétation défectueuse de l'original (voir appendice E.), ou bien qu’il faut lui donner une signification différente de celle qu’on lui attribue généralement, (par exemple,
pas de natnre à faire supposer que ce sont ceux des aumôniers de l'expédition, Au lieu de paraître avec ceux des officiers, à la tête de la liste, où l'on s'attendrait naturellement à les trouver, nous les voyons près de la fin—les 54 et 55e, sur une liste e M un simple marin et un des charpentiers de l'équipage. (Voir Appendice E,
une abréviation de Dominique). De même, le mot ‘Messe’ pourrait signifier certaine forme du culte, qu'une réunion de laïques pourraient offrir à Dieu.“
Cette manière de voir nous parait préférable à la sup- | position que Cartier aurait entrepris des voyages périlleux, qu'il aurait vécu au millieu de peuplades infdèles que ses gens auraient souffert des privations de toutes sortes, la maladie et même la mort ; et que, ayant eu des prêtres avec lui pendant tout ce temps, il serait entré dans le détail de ses difficultés, sans faire aucune allusion à ceux dont le ministère sacré lui aurait été, en ces circon-
stances, d’un si grand secours.
Nous avouons que nos conclusions ne sauraient être décisives, mais il faut en reporter la faute à l'historien qui relate que la messe fut dite et ajoute, immédiatement après, qu'il n’avait pas avec lui ceux-là seuls qui avaient le pouvoir de la célébrer. Nous serons satisfait si nous avons réussi à établir que l’abbé Faillon et quelques autres historiens ne peuvent logiquement prétendre que cette question n’admet plus de doute.
Maintenant, revenons à nos voyageurs. Leurs pieux exercices terminés, ils continuèrent à remonter le fleuve jusqu’à l’île d'Orléans, sur le côté nord de laquelle ils jetèrent l'ancre. Ayant fait une descente à terre, ils rencontrèrent sur le rivage des sauvages qui firent d’abord mine de fuir, mais les interprètes leur ayant dit qu’ils étaient Taignoagny et Domagaya, ils se montrèrent plus rassurés, et s’'approchèrent en grand nombre des navires, apportant avec eux du
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NOTE 34,— L'abbé Faillon prétend que cette pratique était inconnue en France, parmi les catholiques, cependant nous voyons Cartier lui-mêtne, dont la catholicité ne saurait être mise en doute, faire la lecture de l'Evangile et des iivres d'oflice de l'Eglise, et prier en public, à Hochelagn.
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