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ils touché le rivage, que la foule les entoura ; les femmes présentant leurs enfants aux Français pour les leur faire toucher, Ceux-ci retournèrent ensuite à bord des barques dans l'espérance de se reposer ; mais ce fut en vain, car les sauvages, decidés d’y passer la nuit, firent de grands feux de réjouissance, autour desquels ils dansèrent jusqu au point du jour.
Le lendemain matin, les gens de Cartier se preparèrent à aller visiter la ville, le capitaine ayant revêtu ses plus beaux habits pour la circonstance, Après avoir laissé un des capitaines et huit matelots pour prendre soin des barques, Cartier, accompagné des gentilshommes et de vingt mariniers, se dirigea vers Hochelaga, conduit par trois
‘vages envoyés audevant lui à cet effet. Le chemin tra-
sait des terres bien boisées ; la grosseur des arbres attira spécia ement l'attention des visiteurs. Ils remarquèrent aussi que le terrain qu’ils foulaient à leurs pieds était couvert de glands. Lorsqu'ils eurent marché environ une lieue et demie, ils rencontrèrent un des “principaux seigneurs” de la bourgade, qui était venu à leur rencontr:, avec une suite convenable. Ils se reposèrent ici auprès d’un grand feu, allumé pour les recevoir ; le chef profita de cette halte pour leur adresser une de ces harangues interminables, que les naturels du pays considéraient de rigueur en de telles occasions, leur exprimant qu'ils étaient les bienvenus. En temoignage d'amitié, Cartier fit présent à l’orateur de deux haches et d’un crucifix qu'il lui fit embrasser et le lui suspendit au cou; ce qui plut grandement au chef. Cette intéressante cérémonie terminée, ils continuèrent leur chemin et débouchèrent bientôt de la forét, pour traverser des terrains cultivés où le blé d'Inde était déjà mur. Au milieu
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de ces champs s'élevait la ville d'Hochelaga qu’ils désiraient voir depuis si longtemps. De même que le site de Stadaconé, l'endroit précis où s'élevait cette ville est encore un sujet de discussion. Selon Hakluyt, la bourgade était à une lieue de la montagne, mais le Zrief Récit ne donne que le quart de cette distance. Si l’on accepte cette dernière comme la plus correcte, il est probable que le site d’'Hochelaga correspondrait avec l'endroit où l’on trouva des antiquités sauvages, en 1860. Le terrain où ces débris furent trouvés s'étend depuis la rue Mansfield jusqu’à une petite distance à l’ouest de la rue Metcalfe, dans un sens, et de l'autre, à partir d’un point quelque peu au sud du Carré Burnside, jusqu’à environ soixante verges de la rue Sherbrooke—environ deux arpents en superficie.“
La bourgade était de forme circulaire, entourée d’une triple rangée de palssades ; celle du milieu était construite avec de grosses pièces de bois, plantées droites; les deux palissades, à l'extérieur et à l’intérieur, 'nclinaient l’une vers l’autre et se rencontraient à leur sonimet, donnant à cette structure l’apparence d’une pyramide. Le tout était fortement lié avec des branches et formait une barricade d’une grande résistance. A l’intérieur de cette fortification, il y a avait des galeries, placées de distance en distance, pourvoues d’échelles et chargées de cailloux, pour la défense en Noms ‘“Naturaliste Canadien,” pour les années 1860 et 1861, contient deux artieles intéressants sur ces antiquités, par le Dr, (aujourd’hui Sir William)
Dawson, auquel nous sommes redevable pour les détails que nous avons donnés sur l'endroit où les fouilles ont eu lieu,
[ y a dans Ramusio un plan très curieux d'Hochelaga, lequel malgré le défaut de perspective et un certain manque de vraisemblance correspond assez bien à la description qu'en fait Cartier, On y voit distinctement le mur d'enciente de la ville, flanqué de trois rangées de palissades, et les galeries avec les échelles qui x conduisent, tandisque pour mieux faire comprendre le système de dé'ense on nous fait voir les assiégés lançant des pierres du haut des fortifications sur les assiégeants qui sont au bas, Sur l'arrière plan, sont représentés les champs de blé d'Inde, ce qui confirme le texte qui porte que le Mont Royal était cultivé ‘tout autour.”
cas d'attaque. Ce rempart pouvait avoir environ seize pieds de hauteur (deux lances, selon le Brief Récit.) Une seule porte, renforcée par des pièces transversales, servait d'entrée à la bourgade.
Celle-ci contenait environ cinquante cabanes, dont chacune avait une longueur de cinquante pas et une largeur de douze à quinze, Ces habitations, construites en bois et recouvertes d’écorces, étaient divisées par des cloisons et contenaient plusieurs familles Au milieu de chaque chambre était le foyer, autour duquel, hommes, femmes, enfants et chiens, se pressaient pêle-mêle. Au-dessus, il v avait des greniers ou l’on conservait la provision de mais pour l'hiver. Les légumes, teis que les pois, les fèves, les melons, et de ‘gros concombres” étaient en abondance. Ces légumes, dont pas un seul n’appartient originairement au sol du Canada, ont dû avoir été apportés des pays situés plus au sud ; maintenant, par qui furent-ils introduits et à quelle époque, voilà un problème d’histoire qu’il est plus facile de poser que de résoudre. Ils avaient aussi une grande quantité de poissons séchés qu’ils entassaient dans des vases de bois, pour la saison d’hiver. Comme il l'avait remarqué déjà chez les sauvages de Gaspé, Cartier mentionne que ceux d’'Hochelaga ne faisaient point usage de sel dans la cuisson de leurs aliments.
La description que Cartier nous donne des fortifications d’'Hochelaga, et de la façon dont les cabanes étaient construites, s'accorde exactersent avec ce que les missionaires Jésuites remarquèrent chez les Iroquois, un siècle plus tard, et ne permet point de douter que la nation qu'il trouva en cet endroit appartenait à la famille huronne-iroquoise. Leur système de fortifications était en usage chez toutes les
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tribus de la nation iroquoise, tandis que celui des Algonquins était tout différent.“
Il y a de fortes raisons de croire que les gens de Stadaconé appartenaient aussi à la famille huronne-iroquoise. D'abord, il est presque certain qu'ils parlaient la mème langue que ceux d'Hochelaga. Nous avons déjà vu comment Cartier fut frappé par la différence qu’il y avait entre les mœurs et le langage des sauvages qu'il trouva à Gaspé et ceux des sauvages qu'il avait rencontrés auparavant. Mais ii ne nous dit rien au sujet des habitants d’'Hochelaga qui nous porte à croire qu’ils différaient, d’une manière essentielle, de ceux de Stadaconé. Les faits connus établissent tout le contraire. Par exemple, le vocabulaire de mots sauvages, qui fait suite à larelation du deuxième voyage de Cartier, est intitulé ;”--""* /e /&gage des pays & Royaulmes de Hochelaga & Canada, aultrement appellée par nous la nouuelle Frame.” I! suffit de lire le récit de Cartier pour voir que, par le mot
Nore 44+.—Les premiers voyageurs ont, parfois, rencontré des bourgades chez les Algonquius du sud; mais dans ces cas, il n'y avait qu'un seul rang de pieux plantés droits en terre [l n’y a point d'exemple de cette pratique chez les Algonquins du nord =Voir: Beverly, History of Virginia— cité par Parkman.
D'après l'abbé Ferland, la description que fait Cartier des mœurs et des costumes des habitants d'Hochelaga indique qu'ils eppartenaient à la grande famille huronne, et il ajoute : ‘‘ce qui doune plus de force à cette opinion, c’est que les mots de la langue conservés par Cartier, appartiennent tous au huron.” Histoire du Canada ; Vol, I. p. 31.
Et cependant, chose étrange, il dit que les sauvages de Stadaconé appartenaient à là famille algonquine, quoique tous les mots de leur langue qu nous sont appartiennent cert inement à la langue huronne, si l'on en excepte, peut-être le mot Stadaconé lui-même, Voici ce que dit Faillom à ce sujet.
“Un missionnaire, qui a passé près de vingt ans à instruire des Algonquins, dont il possède à fond la langue, & une Algonquine, fort connue en Canada, qui a appris sa langue naturelle à plus de vingt missionaires, nous ont assuré l’un & l’autre que le mot studaconé n'avait aucune signification en Algonquin, qu'il était mème entièren.ent étranger à cette langue, & se rapprochait plutôt de l'{roquois, On a écrit, il est vrai, que, dans la langue des sauvages sauteurs,” (Ojibewas—une branche de la famille algonquine) ‘‘le mot stadaconé signifiait une «ile, & que la pointe de Québec rassemblait, par sa forme, à une aile d'oiseau, "—(f JJistoire de lu Colonie Française.” Vol, EL p. 532.)
‘ Canada,” il comprend Stadaconé et la région avoisinante,* et dans ce cas, il faudrait en conclure que la même langue était en usage à Stadaconé et à Hochelaga. De plus, les noms propres que l’on trouve employés à Stadaconé, tels que : Canada, Donnacona, Taignoagny, Domagaya, Agouhanna, appartiennent tous à la langue huronne. Il est bon de remarquer ici, que le mot ‘Agouhanna, dont on se servait pour désigner Donnacona, et lequel veut dire ‘Seigneur,’ était également einployé par les sauvages d’Hochelaga pour exprimer le même titre honorifique. Le mot correspondant, en ircquois moderne, est ‘Acouanen” ; or la différence entre ce dernier et le mot ‘Agowhanna, tel que donné par Cartier, est à peine perceptible à l'oreille. Le même mot, dans le dialecte algonquin se rend par Aernini et Okima, qui, comme l’on voit, diffèrent complètement du premier. Il nous parait donc très probable que les sauvages que Cartier vit à Hochelaga, appartenaient à la famille huronne-iroquoise, et que les habitants de Stadaconé formaient partie de la même nation, tandis que ceux qu’il rencontra sur la côte du Labrador, à l'ile du Prince- Edouard, et dans la baie des Chaleurs, étaient de la race algonquine, dont certaines peuplades, venant de l’ouest, parcoururent, à une époque plus ou moins éloignée, le pays qui forme aujourd’hui les Etats de la Nouvelle-Amngleterre et les provinces Maritimes du Dominion. Lorsque soixant
dix ans plus tard, Champlain visita le Canada, Stadaconé
Note 45,—On voit, par le vocabulaire de Cartier, que les sauvages st vent du mot ‘ Canada” pour dire une ville, Hz appellent ver vide Canad Il nous apprend aussi que tout le pays, sur la côte nord du fleuve, depuis Coudelret jusqu’à une petite distance au-dessous de Québec, était appelé 4 l A l'oat de ce district se trouvait Ocuelay, puis Hochelaga, domr les l'O VAT pendaient ; tandis le pays du Saguenay s’étendait à l'est, depuis l'ile aux Cor
jusqu'à environ deux jours de marche de l’île d'Anticosti. Plus tard, le Saguenæs comprit tout le pays situé au nor , à l’est et à l'ouest de Canada et Hochelags
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Hochelaga avaient disparu et tout le pays était habité par les Algonquins.“
Arrivés à Hochelaga, Cartier et ses gens furent conduits dans une place carrée, au milieu de la ville, où les femmes et les enfants, réunis en foule autour d'eux, et tout émerveillés d’un spectacle si nouveau, les examinèrent avec admiration, et leur prodiguèrent toutes sortes de caresses. Ensuite, vint la réception officielle. Les femmes éloignèrent d’abord les enfants, puis elles revinrent, bientôt après, portant des nattes qu’elles étendirent sur le sol, et invitèrent les étrangers à s’y asseoir. Alors, porté sur les épaules de neuf ou dix hommes, apparut ’Agouhanna’ ou chef de la tribu, âgé d’environ cinquante ans ; il n’était guère mieux accoutré que les autres, si ce n’est qu'il avait autour de la tête, en guise de couronne, une lisière rouge faite de poils de porc-épic."
Nore 46,—On ne connaît point, d'une manière certaine, la signification véritable du mot Hochelaga (si tant est qu'il en possède une autre que celle qui lui est propre). L’Abbé J. A, Cuoq, dans son ‘‘ Lexique de la langue Iroquoise ” prétend que ce mot veut dire “à La Chaussé des Castors”.
Un chef des Six Nations, établi sur la réserve de Brant, dit un jour à l’auteur de ce travail, que le mot Hochelaga signifie, en iroquois, ‘‘sur le feu,” ou plutôt ‘“charbons,” et que les gens de sa nation se servent de re mot pour exprimer l’action de faire rôtir la chair, à petit feu, comme il est d'usage dans le Sacrifice au Chien blane. Ceci semblerait indiquer que c'était à Hochelaga que les Iroquois faisaient autrefois leurs sacritices religieux, pendant lesquels leur divinité les honorait d’une apparition. Or, il y a, dans le récit de Cartier, un passage qui donne une certaine vraisemblance à cette interprétation. Nous avons rapporté, plus haut, comment Donnacona et ses gens cherchèrent à dissuader Caitier de se rendre à Hochelaga, en faisant appel au surnaturel. Voici comment Taignoagny explique l'apparition des trois ‘diables.’—#“Et le capitaine voyant leurs mines et
que c'estoit qui estoit survenu de nouveau ; lesquels repondirent que...... leur
dits estoient venus de par lui leur annoncer les nouvelles,” ete. On peut, tout d'abord, se demander : comment se fait-il que Cudragny parle à Hochelaga et envoie, de'à, ses messagers avertir les gens de Stadaconé, à moins que Hochelaga ne lui soit en quelque sorte consacré. Cela n'empêche pas que sa présence ne se fasse sentir ailleurs, car, dans un autre chapitre, on voit que le peuple de Stadaeoné ‘n'a aucune créance de Dieu qui vaille, car ils croyent dans un qu'ils appellent Cudruaign: et disent, qu'il parle souvent à eux, et leur dit le temps qu'il doit faire,” (édit de 18435).
Nore 47,— Nous conservons, ici, la phraséolog'e pompeuse que l’on trouve dans la Relation Originale ; quoique les termes Roi et Seigneur ne représentent rien dans l'échelle sociale des sauvages de l'Amérique, ils ne trompent personne, et donnent une certaine originalité au récit,
Il était perclus de tous ses membres, au point que ses genoux s’entrechoquaient. Les porteurs, après l'avoir déposé sur une natte, près de Cartier, se retirèrent en silence. Alors, le chef souhaita la bienvenue, par signes, à tous ceux qui étaient présents, puis se tournant vers Cartier, il le supplia de le guérir en touchant ses membres malades, ce que fit Cartier qui consentit à lui frotter braset jambes. Le pauvre vieillard fut tellement touché de ce procécé que, détachant de sa tête l’insigne de sa dignité il le déposa sur la tête de Cartier, alors, comme s’il eut voulu que tous ceux de ses sujets qui étaient malades et infirmes, profitassent de la vertu curative attachée à l’attouchement de l’homme blanc, il les fit tous amener et mettre en une rangée, pour que Cartier les guérit, tant il était persuadé que ces étrangers étaient des êtres d’une nature supérieure.
Un tel spectacle dut paraître bien touchant à un homme du caractère de Cartier, rappelant à son esprit des circonstance bien semblables dans la vie du Sauveur ; et au souvenir de ces paroles toutes puissantes que proférèrent ses lèvres divines en pareilles occasions :—‘“Je le veux, sois guéri” —‘“Recouvre la vue”—“Prends ton lit et marche”—il dut désirer ardemment le don de guérison, ne fut ce que pour quelques instants. Et faut-il s'étonner que, rempli de compassion pour ces pauvres gens dont les infirmités corporelles n'étaient qu’une faible image de leur condition spirituelle, faut-il s'étonner, dis-je, qu’il ait tout d’abord cherché à leur faire connaître, dans la mesure de ses forces, le suprême Guérisseur de nos infirmités, dont la toute-puissance pouvait accomplir ces prodiges qu’il reconnaissait bien audessus de ses forces et que, tout rempli de ce désir, il en soit naturellement venu à leur raconter, dans les termes
mêmes du texte sacré, l’admirable avènement du Verbe fait Chair ? Sa conduite, en cette occasion, nous paraît éminem. ment convenable et s'impose à l'admiration de tout cœur chrétien,
Chose étrange : la démarche de Cartier a paru ridicule et digne Ge mépris à certaines gens qui se flattent de posséder une croyance bien plus éclairée que celle qui animait le Capitaine breton ; nous croyons cependant que ces critiques trouveraient bien difficilement le courage de suivre l'exemple de Cartier.#
Après avoir lu le premier chapitre de l'Evangile selon St. Jean, Cartier offrit une prière à Dieu pour lui deman-
NoTE 48.--M. Kingsford dans son ‘Histoire du Canada,” maintenant en voie de publication, fournit un exemple frappant de la manière fausse dont la conduite de Cartier, en cette occasion, est généralement interprétée,
“Cartier was fed and caressed, even looked upon as God and asked to perform miracles in healing the sick. Cartier tells us that he mumbled the opening words Of St. John's Gospel, as he says: ‘Zn principio, de.” Kingsford, History 0j Canada, Vol, 1, p. 4.
Voilà tout ce que cet écrivain trouve à dire sur ce sujet, dans une histoire où les détails abondent. C'est plus qu'il n'en faut, cependant, pour laisser l'impression que Cartier chercha à se faire passer pour un faiseur de miracles, et se servit du texte inspiré comme d'une formule mystique dans une ineantation, Or ceci est ne falsitication des faits, et il est difficile de s'expliquer comment un écrivain quelconque, dénvé de préjugés, peut tomber dans une semblable erreur, à la lecture du récit de Cartier. Voici la texte même de Ja version d'Hakluyt :
RU that done they brought before him diverse diseased imen, some blinde, some criple, some Jame and impotent, and some so old that the haire of their eyelids came down and covered their cheekes and layd them all a ong before our Captaine, to the end they might of him be touched ; for it seemed unto them that God was descended and come downe from heaven to heale them. Our Captaine seeing the misery and devotion of this poore people, recited the Gospel of Saint John, that is to say, in the beginn ng was the word ; touching everyone that were diseased, (faisant le signe de lu Croix sur des pauvres malades) praying to God that it would please him to open the hearts of this poore people, and to make them know his holy word, and that they might receive Baptisme and Christend me; that done, he tooke a Service-booke in his hand, and with a loud voyce read all the passion of Christ, word by word, that all the standers by might heare him; all which while this poore people kept silence and were marvellously attentive, looking up to heaven and imitating us in gestures.” .
Nousavouons que, our éertaines gens e’est une opinion reçue que les catholiques ne font jamais que ‘marmotter” machinalement leurs prières, muis lorsque la relation originale constate, en termes explicites, que Cartier lut l'Evangile à ‘haute voix" et mot à mot, pour que tous les assistants pussent l'entendre, i} nous semble que Mons. Kingsford aurait dû se croire justifié de faire une exveption 8 ce qu'il paraît croire la règle généra'e, en faveur Qu Capitaine malouin: ‘ Le fait est de peu d'importance, cependant, il montre de quelle man‘ère injuste, on peut écrire l'histoire même lorsque l'on prétend se mettre audessus des préjugés religieux.
der de se faire connaitre à cette peuplade sauvage. Puis, prenant un livre d’'Heures, il lut à haute voix le récit de la passion de Notre-Seigneur aux sauvages qui écoutaient avec la plus grande attention. Il distribua ensuite, à chacun d’eux, quelques petits présents, mettant beaucoup de discernement dans cette distribution ; après quoi, 1l donna ordre à ses gens de sonner les trompettes, dont la musique remplit les sauvages d’admiration. La réception se termina ici; les Français, ne croyant pas devoir accepter l'hospitalité des sauvages, parceque ‘* leurs mets n'avaient aucun goût de sel,” se préparèrent à retourner à leurs chaloupes. Mais Hochelaga leur réservait d’autres surprises. Comme Cartier et ses gens étaient sur le point de partir, les sauvages lui persuadèrent d’aller visiter ‘une grande montagne qui est à l’entour d’icelle, bien labourée et fort fertile. Nous nommasmes icelle montagne le Mont Royal.” Les Français s’y rendirent donc, accompagnés des guides et gravirent la pente escarpée de la montagne, du sommet de laquelle ils virent se dérouler devant eux le splendide panorama qui fait aujourd'hui l’admiration des touristes.
Le tableau a bien changé depuis le jour où Cartier le contempla pour la première fois. Les champs de mais ondulants sous le souffle de la brise et la bourgade sauvage ont disparu depuis longtemps, pour faire place à la belle métropole commerciale du Dominion. Mais le fleuve superbe, et ses rives ensoleillées, et les montagnes qui se dessinent à l'horizon, sont encore là, et semblent redire à l’observiteur qui s’attarde à faire revivre les siècles écoulés qu'un jour viendra où Montreal, comme Hochelaga, aura disparu pour faire place à un nouvel ordre de choses.
Les touristes, qui vantent les beautés du coup-d’œil que
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l’on obtient sur la montagne, parlent comme si le coté sud seulement méritait l'attention. Aussi, lorsqu'on arrive au sommet le regard se porte naturellement sur Montréal, et le paysage est si enchanteur qu’on s’y attarde trop et qu’on oublie de porter ses regards de l’autre côté, négligeant ainsi un point de vue bien digne d’attention. (Car le paysage au nord et au nord-ouest offre un caractère plus accidenté et plus imposant que celui de la côte sud.
N'ayant point le panorama de la erande ville pour le retenir, Cartier ne commit point cette erreur. Arrivé au sommet de la montagne, il embrassa du regard le fleuve Saint-Laurent, et distingua aisément les rapides de Lachine. Les guides sauvages lui dirent qu’il y avait trois sauts semblables, en amont de la rivière, et qu’une fois franchis, on pouvait naviguer pendant trois mois, sans rencontrer d’autre | obstacle. Ils lui montrèrent ensuite la rivière Ottawa et:
| lui donnèrent à entendre que, comme le Saint-Laurent, elle
| venait de l’ouest. ‘“ Nous estimons,” dit-il, “que c’est la
rivière qui passe par le Royaume et Province de Saguenay”.
| Entrainés par la curiosité, ils semblent avoir consacré une
| partie du temps qu’ils furent sur la montagne à examiner
l'Ottawa, s’efforçant d'obtenir sur la dite rivière, tous les
| renseignements que les guides pouvaient ou voulaient leur
| donner. Si l’on considère que ni les uns ni les autres ne
| pouvaient se comprendre, on peut s’imaginer que la conversation dut naturellement en souffrir.
Sans que Cartier ne leur eut fait aucune question, un des sauvages, prit la chaîne d’argent du sifflet que le capitaine portait au cou, et ie manche en laiton du poignard qui pendait au côté d’un des hommes de la suite de Cartier, et étendant la main dans la direction de l'Ottawa, lui fit
entendre, par signes, que ces métaux se trouvaient aussi dans cette region. Or, il n’en est rien du tout. Il faut que les guides aient cherché à tromper la confiance de Cartier, ou bien encore, qu'ils aient voulu faire allusion au contraste entre les eaux argentées du Saint-Laurent et la couleur jaunâtre de celles de l'Ottawa, laquelle différence demeure apparente plusieurs milles après que les deux rivières n’en font plus qu’une. Ils lui parlèrent aussi d’une nation belliqueuse, les Agouiondas, qui demeuraient au nord-ouest, étaient toujours armés jusqu'aux dents, se couvraient d’une armure d’osier, et faisaient continuellement la guerre à leurs voisins.
Avec quelle intensité Cartier ne dut-il pas fixer son regard vers le nord-ouest, dans la direction de ce passage aux Indes, dont la découverte, nous en sommes certain, était toujours la grande préoccupation de son esprit. Debout sur le sommet du Mont Royal, et en face de la forêt primitive, Cartier ne vit-1l pas quelque vision prophétique passer devant ses yeux émerveillés ? Eut-il l’idée, qu’un jour, les générations établies sur le site d'Hochelaga résoudraient le problême qui occupait sa pensée, qu’alors son rève chéri se réaliserait, et que les richesses de l'Inde prendraient cette route et s'écouleraient de l'Occident à l'Orient? Mais le chemin de fer du Pacifique Canadien était un des secrets de l'avenir.
Après avoir épuisé les renseignements de ses guides, Cartier et ses compagnons reprirent le chemin de leurs embarcations, suivi d’une foule nombreuse, qui, les voyant partir à regret, les accompagna à une certaine distance le long du rivage. Les habitants d’'Hochelaga étaient, paraîtil, de mœurs simples, généralement adonnés aux travaux