‹ Jacques Cartier, sa vie et ses voyages [microforme]Chapitre 34 sur 41 · PIERRE JONCHÉE · texte numérisé non relu

PIERRE JONCHÉE

Pierres.

Tous les historiens paraissent s’accorder sur ce point ; Champur Sagard, Lescarbot, admettent que Cartier hiverna à l’emouchure de la rivière Saint-Charles, Voici ce que nous lisons dans Champlain, édition de 1613, reproduite par Laverdière, p. 156—‘‘ Ie tiens que dans ceste riuiere qui est au Nort & vn. uart du Norouest de nostre habitation, ce fut le lieu où Iaques uartier yuerna, d'autant qu’il y a encores à vne lieue dans la riuiere des vestiges comme d’vne cheminée, dont on a trouué le fondement, & apparence d'y auoir eu des fossez autour de leur logement, qui estoit petit Nous trouuasmes aussi de grandes pieces d2 bois escarrées, vermoulues, & quelques 3 ou 4 balles de canon. Toutes ces choses monstrent euidemment que c'a esté vne habitation, laquelle a esté fondée par des hrestiens” &c.

Plus tard, parlant de la rivière Saint-Charles, il dit :— , ‘ Vne petite riuiere qui asseche presque de basse mer, qu’il

(Cartier) nomma Saincte Croix, pour y estre crriué le iour de l'Exaltation de Saincte Croix : lieu qui s'appelle maintenant la riuiere Sainct Charles, sur laquelle à present sont logez les Peres Recollets, & les Peres Iesuites, pour y faire vn Seminaire à instruire la ieunesse.”—Champlain, 1632, ed. Laverd, p. 13.

A la page suivante, il ajoute —

‘ Cartier.....qu'il fut contraint d’hyuerner en la riuiere Saincte Croix, en vn endroit où maintenant les Peres Ilesuites ont leur demeure, sur le bord d’vne autre petite riuiere qui se descharge dans celle de Saïincte Croix, appellée la riuiere de Iacques Cartier, comme ses relations font foy.”

Sagard rapporte que les Récollets aidèrent aux Jésuites à construire leur habitation ‘‘en ur: lieu que l’on appetle commu- RARMRS fort de Jacques Cartier.” (Histoire du Canada, vol,

On se demande comment Charlevoix, qui devait avoir eu connaissance de la Relation des voyages de Cartier, a pu prétendre que ce dernier choisit ses quartiers d'hiver à l'embouchure de la rivière Jacques-Cartier, vingt-cinq milles audessus de Québec. Il est évidemment dans l’erreur sur ce point.

La petite rivière Lairet, et le ruisseau Saint-Michel, environ deux cents verges plus haut, se déchargent dans la rivière Saint-Charles, presque vis-à-vis la Pointe-aux-Lièvres. A marée basse, ils ont environ 7 pieds de large à leur embouchure, mais comme la marée atteint quelque fois de douze à quinze pieds de hauteur, dans la Saint-Charles, un navire, du tonnage de la Grande Hermine, pouvait facilement entrer dans l’un ou l'autre ruisseau, à haute marée. Ainsi que nous l'avons dit ailleurs, nous croyons que Cartier choisit l’embouchure de la rivière Lairet pour y passer l'hiver de 1535-36, Quant au ruisseau Saint-Michel, nous en parlons, parceque dans son ‘‘ Picturesque p. 484, M. LeMoine vrétend

Re

* Nore.—L'auteur doit à M. N. E, Dionne, M.D., de Québec, ce renseignement des qu'il a pu vérifier à la bibliothèque du Parlement, à Ottawa. Lorsqu'il écrivit l'essai qu'il publie aujourd’hui, l'auteur était sous l'impression que le titre de concession de ce terrain, en date du 12 mai 1678, où il est fait mention de ‘la petite

sa w’on y a découvert les débris d’un navire qu'on croit être la | me etite Hermine, et dont certaines parties furent, pour cette ie raison, présentées à la ville de Saint-Malo, où elles sont mainte- 4 nant.

EE Du temps de Champlain, le Lairet portait le nom de rivière + de Jacques-Cartier, mais cette désignation n'était point la seule s la q L : 7? La” | ë en usage, car dans la concession faite par le duc de Ventadour, | ets vice-roi de la Nouvelle-France, aux Pères de la Compagnie de { de Jésus, à la date du 10 mars 1626, il en est fait mention sous le an nom de ‘ la petite rivière dite communément Lairet.” * ( Vide, 1 ent 4À 1} |

Re

be

D a re en

Page 1