‹ Jacques Cartier, sa vie et ses voyages [microforme]Chapitre 35 sur 41 · A PE · texte numérisé non relu

A PE

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Pièceset Documents relatifs à la Tenure Seigneuriale, imprimés par l’ordre de la Législature, en 1851, vol, 1, p. 58.)

Les sauvages désignaient la rivière Saint-Charles sous le nom de Cabir-Coubat, à cause de son cours sinueux. Les Récollets lui donnèrent le nom qu’elle a gardé jusqu’à aujourd’hui, en l'honneur de Charles des Boues. grand-vicaire de Pontoise, qui fut le protecteur de la première mission que ces religieux établirent en Canada. L'île d'Orléans avait reçu des sauvages le nom de Minigo ; tandis que la capitale du royaume de Donnacona s'appelait Stadaconé, (ce qui veut dire ‘‘ une aile,” en langue algonquine), parceque la pointe de terre, corps entre le grand fleuve et la rivière Saint-Charles, sur laquelle la bourgade était bâtie, avait la forme d’une aile d'oiseau aùu vol. Voir Ferland, Cours d'Histoire du Canada, vol. 1, p. 27.

M. D’Avezac a ajouté, à sa reproduction du Brief Récit, deux chapitres que l’on ne rencontre point dans l'édition originale de 1545, autant que nous avons pu nous en assurer. Ils ne se trouvent certainement, ni dans Ramusio, ni dans Hakluyt. Cependant Lescarbot les donne dans sa relation des voyages de Cartier et la Société littéraire et historique de Québec les a

- aussi publiés, dans son édition de 1843. Quoiqu'il les ait placés

à la fin de son ouvrage, M. D’Avezac ne les regarde pas moins comme authentiques. ‘ Il ne nous semble donc pas hors de propos d’en donner ici un court résumé, tout en faisant observer qu'ils ne contredisent en rien le Brief Récit.

Le premier chapitre nous apprend que pendant le mois qui suivit le retour de Cartier de sa visite à Hochelaga, les sauvages de Stadaconé vinrent régulièrement aux navires échanger leur poisson contre des couteaux, des chapelets, et autres objets de même nature. Tout allait bien, lorsque Taignoagny et Domagaya—‘‘les deux meschans ”—comme ils sont appelés, réussirent à faire croire à leurs compagnons que les Français prenaient trop d'avantage sur eux dans ce commerce, et qu’au lieu de jouets insignifiants, ils devaient demander des haches et d’autres articles de plus grande valeur.

Sur ces entrefaites, Cartier fut averti, par ‘ un seigneur de la ville de Hagonchenda,” qu’il se tramait quelque complot contre lui ; il s'agissait d'enlever les trois enfants que Donnacona avait donnés en présent au capitaine. Les sauvages ne réussirent qu’à faire échapper la plus âgée des jeunes filles.

rivière de Layret,'' donnait pour la première fois, à cette rivière, 1 nom qu'elle porte aujourd'hui, mais les recherches du Dr, Dionne montrent que cinquantedeux ans auparavant, elle était déjà communément appelée le Latret.

fluence d’iceluy soleil, donner fruictz & generations selon leur

Le résultat de cette tentative fut que les communications furent, pour quelque temps, suspendues entre le fort et Stadaconé.

Le second chapitre commence par dire que les sauvages eurent bientôt chagrin de ce qu'ils avaient fait. Le 4 novembre, Domagaya, accompagné de quelques-uns de ses gens’ vint faire visite aux navires, et annonça au capitaine que Donnacona était parti à la recherche de la jeune demoiselle. Ilajouta, en outre, que Taignoagny était bien meladeet qu'il priat le capitaine de lui envoyer un peu de sel et de pain. Avec sa bonté habituelle, Cartier accorda ce qu'il demandait et lui fit dire” en même temps, que c'était ‘ Jésus qui estoit marri contre lui pour les mauvais tours qu’il avoit cuydé jouer,’ et qu'il devait considérer sa maladie comme un effet de la colère divine. Cette remontrance ne tarda point à produire son effet, car quelques jours après, la jeune fille fut ramenée aux navires, les sauvages donnant pour explication, qu’elle s'était sauvée parcequ'un des ‘ paiges’ l'avait maltraitée. La réconciliation fut bientôt faite et. pour la sceller, Cartier fit servir du pain et du vin aux envoyés de Donnacona. La paix étant ainsi rétablie, les Français et les sauvages vécurent ensemble ‘‘ en aussi grand amour que pardevant.”

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