SCÈNE VI t i
CEJRNOL, AMÉLIE.
Ainsi tu crois?...
AMÉLIE
CEKNOL.
Qu’elle l’aime? Mais cela saute aux yeux. Est-ce que les femmes peuvent dissimuler!... (1). (Aussi, je ris souvent en lisant ce que les romanciers écrivent sur leur puissance à cet égard. A les en croire, ce dont le ciel me préserve ! la plus ingénue est de taille à donner du fil à retordre au plus avisé de nous. Simple rubrique, il est vrai, pour se concilier la bienveillance des dames... (sar an mouvement d’Amélie.) Allons I vous aimez cela; ça humilie le sexe fort! Mais c’est chose si fausse, qu’à tout prendre, le monde a parfaitement raison de bafouer le mari trompé; car s’il l’est et que cela dure, c’est qu’il s’en accommode l (sur uu autre mouvement.) Non, non! Moi je prends la chose à la façon dont l’entendrait Molière. Ce mari-là ne m’intéresse pas; j’en ris plutôt. Voyons, Amélie, entre nous, même dans leurs romans, est-il assez grotesque, hein?
AMÉLIE, à part.
, C’est atroce I
(1) Ce qui est entre parenthèses peut être supprimé à la représentation. — En cas de suppression, l’artiste relie le texte par la conjonction : Aussi.
1 Mé
il JACQUES CEKNOL
CERNOL.
Car on a beau dire, s’il n’en est certain, il s’en doute. Affaire de temps tout au plus, car tout se sait à la lin!
AMÉLIE, frappée. A part.
Lui aussi!
CERNOL.
Pas vrai?
AMÉLIE
Nous voilà bien loin...
CERNOL.
De nos amoureux. J’y reviens et (i) ) je dis que, pour être certain de ce dont il retourne, il n’y a qu’à raisonner. Maurice est notre plus proche voisin, sans doute; il y a même porte de communication dans le mur mitoyen. Mais tu reconnaîtras qu’il en vient à passer le meilleur de son temps chez nous, ce qui n’est, au surplus, mystère pour personnel
AMÉLIE
Ah !...
CERNOL.
Eh?... Je le dis moi-même à qui veut l’entendre; qu’y a-t-il à ménager? Au total, c’est chose si connue, que nos connaissances me demandent de ses nouvelles à Paris.
AMÉLIE, abattue. A part.
Mon Dieu !
CERNOL.
Or, sans y mettre un excès de modestie, je suppose que ce n’est pas exclusivement ma conversation qui l’attire à ce point.
(1) Fin de la parenthèse.