ACTE PREMIER
Mais...
CERNOL , gaiement.
Au fait, c'est peut-être la vôtre, madame ! (virement.) Enfant, je plaisante I... Eh bien, tu pleures ?
AMÉLIE, fébrile et le visage contracté d’an sourire.
Moi? non.
CERNOL.
Je le vois bien... Excuse-moi, mon amie, c’est juste : il y a des choses sur lesquelles on ne doit pas même plaisanter...
AMÉLIE, toncliéo. *
Ce n’est pas cela, je te jure. Depuis ce matin je ne suis pas tics-bien...
En ce cas..
CERNOL.
AMÉLIE
Non. Achève, je t’en prie.
CERNOL.
Vrai?
AMÉLIE
Oui, je t'en prie...
CERNOL.
Eh bien, il est évident pour moi que Maurice a le dessein d’épouser Louise. Tout le trahit : sa réserve envers elle, ses prévenances envers toi. Ah! c’est un habile homme: il a voulu d’abord so concilier les grands parents!
AMÉLIE
Soit. Mais Louise...
CERNOL.
Quant à elle... elle m’amuse, la chère enfantt « Se douter de quelque chose I » y songez-vous? Elle ne sait seulement pas qu’il est là... (Bonnement.) Un gamin d’enfant que j’ai vu haut comme ça... Elle aime, à présent!... Mais patience! Maurice est revenu; ses dispositions sont donc prises. Et, dès demain peut-être, la chère petite aura de la joie plein le cœur, si, comme moi, tu penses...
AMÉLIE
Je pense... je pense que M. de Bliac est fort riche, et...
CERNOL.
Eh bien?... Et puis : * riche, riche !... » trente mille francs de revenus I Qui est-ce qui n'a pas trente mille francs de revenus ?
AMÉLIE
Que ce soit peu ou beaucoup, je crois qu’il est convenable d’attendre.
CERNOL.
Attendre!... Voilà précisément ce que je ne veux pas.
AMÉLIE
Parce que...?
CERNOL.
Parce que ma pauvre petite Louise se fait du chagrin à ce jeu, et il n’y a pas lieu qu’elle en ait seulement l’ombre.