‹ Jacques Cernol comedie en trois actesChapitre 21 sur 51 · ACTE DEUXIÈME CERN0L, fia · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME CERN0L, fia

Pas même à M. le comte de Bliac ?

LOUISE, altérée.

M. de Bliac ?

CERN'OL, à Albert.

Ah!... on ne rit plus, tu vois. Il n’y a plus «péril en la demeure»... Ah çà I tu crois donc que je n’y vois pas clair? Mais, chère petite, fussé-je aveugle-né, que ma volonté de te rendre heureuse me douerait de clairvoyance. — Voyons, Louise, remets-toi; la chose est simple en somme...

LOUISE

Vous vous méprenez, mon parrain; ce mariage est impossible.

ALBERT, qui l’obtervtit.

Impossible? Pourquoi donc, Louise?...

LOUISE, à part et baissant les yeax devant le regard d'Albert. Mon Dieu!...

CEBNOL, b Albert.

Je vais te dire : jusqu’ici, je n’ai pas cru devoir lui rendre des comptes de tutelle; elle ignore sa situation de fortune et suppose qu’il lui est interdit de prétendre si haut!... Mais il est temps de te fixer sur ce point, ma chère enfant, tu n’es pas seulement une belle et brave fille, tu es aussi un trèsbon parti, comme disent les grands parents... Cependant, ne regrette pas trop de n’en avoir rien su, jusqu’à présent, car, après tout Bliac, qui n'en sait pas plus que loi, le recherche de la façon la plus désintéressée et tu peux le vanter d’être aimée... pour tes beaux yeux. *

Eh bien, Louise?

LOUISE

Se peut-il vraiment que M. de Bliac ait le projet de m’épouser?

CERNOL, riant.

Est-ce que tu as peur à présent que je ne m'illusionne ; tu demandes des gages? Ah çàl crois-tu que s’il me restait l’ombre d’un doute, je m’exposerais à te causer cette fausse joie.

LOUISE, accablée, à part.

Une fausse joie !

CERNOL.

Fie-t’en à moi, ma belle ; il y a assez longtemps que je l’observe pour être certain de mon fait. Au surplus, j’ai un peu mieux que mes observations et ma conviction personnelles. Une conversation que j’ai eue avec le notaire de Maurice, les a confirmées pleinement.

LOUISE, à part.

Ce serait possible!...

CERNOL, à Albert.

Quand tu le connaîtras bien, ce garçon, tu t’en feras certainement un ami.

ALBERT, b part.

Je rêve, moi !...

C’est qu’il s’est conduit, en cette circonstance (j’ai appris cela du notaire), avec une délicatesse exquise. Supposant que

Page 1