ACTE DEUXIÈME tt
Louise est sans dot, ou à peu près, il n’a trouvé rien de mieux, pour qu’elle n’eût point à subir une diminution de bien-être, que de convertir ses propriétés en renies. Co bois, ce château, où nous chassons celte nuit, c’est vendu. Il y tenait pourtant, son père y est mort. Je t’avoue même que j’en ai quelque scrupule; car, enfin, sur un mot d’explication, je lui eusse évité ce sacrifice. Mais, comme il a mis en vente d’autres propriétés qu’il possède dans le Midi, et que tout n’est pas encore terminé de ce côté-là, je crois devoir, dans l’intérêt commun, amener cette explication le plus tôt possible. Est-ce ton avis?
Certainement.
ALBERT
CERNOL.
Eh bien, ce soir, durant la chasse, je le mettrai au pied du mur, et il faudra bien qu’il formule sa demande, (a Louise ot plaisantant.) Vous m’y autorisez, ma belle demoiselle?
LOUISE
Mais, parrain, n’est-il pas mieux d’attendre que, de luimême, il en vienne...
CERNOL.
Eh ! n’aie pas peur! Je ne vais pas lui jeter notre enfant à la tête!
ALBERT
Il faut dire seulement ce que vous en pensez.
LOUISE
De quelle utilité, si...
CERNOL, riant.
En effet, c’est au moins superflu.
Comment?
ALBERT
CERNOL.
Est-ce que les femmes savent dissimuler leurs penchants !...
LOUISE, énervée.
Mais ne va-t-on pas dire que je l’ai encouragé ?.. , Mais, mon parrain, c’est faux, jamais, je...
CERNOL.
Calme-toi ! on ne te reproche rien.
ALBERT, insistant.
Certainement, Louise. Et il ne s’agit que d’une chose. Mon père vous demande une réponse précise, voilà tout.
CERNOL.
Voila !
LOUISE, it part.
Quelle torture 1
(Elle s’appuie à la table.)
ALBERT
Qu’avez- vous
LOUISE, ferme.
Rien... N’est-il concevable que, le premier moment de surprise... Je m’attendais si peu à cela, moi... Et puis, l’idée de vous quitter. Je suis si bien ici 1
CERNOL.
Nousquitter? pourquoi donc ? au contraire. Le toit est assez vaste pour abriter un bonheur de plus.