‹ Jacques Cernol comedie en trois actesChapitre 4 sur 51 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

AMÉLIE

Mon Dieu!

MAURICE

Qu’avez- vous ?

AMÉLIE

Je suis perdue...

MAURICE

Pour une lettre égarée...

AMÉLIE

Je vous l’ai écrite sous l’empire d’une terreur aveuglante, et dans ma précipitation, j’ai pris le premier papier venu; il porte, je crois, le timbre de l’usine.

MAURICE

Ah! quelle singulière idée, aussi!

AMÉLIE

Que va-t-il arriver?

MAURICE

Rien. Que voulez-vous qu’il arrive? Je vais envoyer à Paris.

AMÉLIE

Mais vous y étiez ce matin encore, à Paris, et il y a plus de quinze jours que je vous l’ai adressée cette lettre...

MAURICE

Où cela ?

Chez voire oncle, à Saint-Arnaud, n'est-ce pas?

MAURICE

Il y a quinze jours, je n’élais plus chez lui.

AMÉLIE

D’où venez-vous donc?

MAURICE

Je viens précisément vous en instruire. — Voulez-vous me permettre de prendre un siège? (souriant.) Dam! vous ne me l’offrez pas! C’est cette lettre égarée qui vous préoccupe? Rassurez-vous. En rentrant, j’enverrai mon valet de chambre la réclamer à l’Administration des postes. Il me la rapportera par le train de six heures, ce soir. Ce n’est pas autrement compliqué... Vous voilà rassurée ?... Vous pouvez m’enlendre dès lors?...

AMÉLIE

Vous ne comprenez pas ces appréhensions-là, vous !

MAURICE

Je ne les comprends pas?. . . Eh bien! veuillez m’écouler ; vous verrez... Si votre lettre ne m’a pas trouvé chez mon oncle, c’est que j’étais occupé, ailleurs, de l’exécution d’un projet, dont j’ai voulu ne pas vous entretenir avant l’heure.

AMÉLIE, inquiète .

Que voulez-vous dire? Que projeLez-vous?

MAURICE

Tout bonnement de Taire vendre, à bref délai, tout ce que je possède en immeubles.

AMÉLIE

Dans quel but ?.. .

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