‹ Jacques Cernol comedie en trois actesChapitre 5 sur 51 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

MAURICE. i

Dans le bul de rendre inon patrimoine en quelque sorte portatif. Car il m’a semblé nécessaire que tout fût prêt pour t

un départ... ■} . ■*

Vous partez?

Avec vous!...

MAURICE

AMÉLIE

Hein? Vous êtes fou! Vous voulez que j’abandonne cette maison, que je quitte mon mari ?...

MAURICE

Ce n’est pas moi qui le veux. A votre égard, je n’ai pds de volonté.

AMÉLIE

Cependant !

MAURICE

Les faits ont des conséquences inévitables... Et puis, là, je l'avoue, vous m’inquiétez, à la fin. Si vous sortez de cet état d'abattement où je vous vois le plus souvent plongée, c’est pour vous débattre contre des terreurs nerveuses qui ne vous permettent plus d’apprécier exactement les choses. En somme, voyons, la vie n’est jamais montée à ce diapason... (Plaisantant doucement). C’est votre imagination surexcitée et... (ne vous lâchez pas!) et un peu romanesque! qui vous la fait voir ainsi. Laissons cela aux romans, allez!

AMÉLIE, amère.

Vous êtes superbes, vous autres! Parce qu’avec un coup d’épée, il est convenu que vous satisfaites à tout, vous ne daignez pas voir au delà. On‘a tout sacrifié, on a foulé aux pieds

•JT

tout ce qu’on honorait jusque-là, et vous ne voulez pas qu’on ~ y pense! j’en suis fâchée, mon ami; vous trouverez cela bourgeois, sans doute ; mais j’ai des remords, moi!

MAURICE, demi et souriant.

Eh bien! moi, je n’ai qu’une préoccupation : vous arracher à ce milieu, où tout vous est pénible.

AMÉLIE

Je vous dis que vous êtes fou I

MAURICE

Soit! Soyez-en certaine; cependant, il faudra en arriver là, et il faudra faire malaisément alors, ce qui est facile et prudent aujourd’hui.

AMÉLIE

Allonsl c’est impossible! De ma part, ce serait un double scandale. (Sor oa mouvement de Maiirice et avec amertume). Sansdoutet c'est m’en souvenir bien tard !...

MAURICE, protestant.

Ah l vous vous méprenez. Quel homme serais-je donc, si, moi, j’accueillais une telle pensée!

AMÉLIE

C’est malgré vous, je ne vous le reproche pas. Y a-t-il rien de plus compréhensible que votre répugnance à subir une situation toute pleine de mensonges? Croyez-vous que je n'en sente pas l’horreur...? Si vous saviez ce que j’éprouve, quand je vous vois obligé de prendre la main qu il vous tend !

MAURICE

Vous vous méprenez, vous dis-je! Certes, quand votre

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