SIÈGE DE CHERBOURG
jusqu'alors partagé avec lui la charge de grand-mai tre de l'artillerie de France, fut seul grand-maître. Au siège de Cherbourg, il plaça des canons dans la mer même, de telle sorte que, les eaux se retirant, la ville était battue en brèche de très-près, avec une vigueur qui décida le succès. A Rouen, à Castillon, dans toutes les batailles et dans tous les sièges du temps, Jean Bureau rendit à la France les plus grands services ^
lerie, par le prince L. Napoléon Bonaparte, t. 1, p. 50. — D'après la version de Thomas Basin, Jean Bureau aurait d'abord servi chez les Anglais, Cependant l'on a vu plus liant qu'il avait été commissaire au •Chàtelet et cliargé de diverses missions. 11 est donc plus probable que c'est Gaspard Bureau, dont Tiiomas Basin ne parle pas, qui aurait été, pendant quelque temps, au service des Anglais. C'est probablement aussi un des deu\ frères qui fit fondre ce canon mentionné par un iiislorien de Charles VU, dont la pesanteur était telle qu'il fallait, disait-on, cinquante chevaux pour le traîner sur son affiît. {Histoire de la milice en Frcmce, par le P. Daniel, t. 1, p. 446.)
> Martial d'Auvergne, le poêle populaire de l'époque, les chanta ainsi dar^i ses Vigilles de Charles Vil :
{Siège de Cherbourg.) Près dudlt Clierbourg et autour, Où François leurs engins dressoient, Venoit le flot deux fois le jour, Dont Anglois fort s'esbahissoient, Bureau y fist là grant chief-d'œuTre.
[Entrée de Rouen.) Et quant est de rartillerie , Bureau qui estoit gouverneur, Y fist une triumpherie El y acquist moult grant honneur.
[Journée de Carillon.) Bureau alors ne dormoit pas.
Car avoit sept cens manouvriers Qui faisoient fossez par compas El un fhamp clos audit d'ouvrier».
Dans ledit champ si fust enclose T.iiiip ladicte droguerie,