GUILLAUME COUSINOT
Un homme dont le nom est resté longtemps inconnu aux biographes et à la plupart des historiens s'était aussi attaché à la fortune de Charles VII dès les premières années de son règne, et avait donné des preuves de dévouement et d'intelligence qui lui ouvrirent plus tard l'entrée du conseil privé. Il s'appelait Guillaume Gousinot. Nommé successivement chevalier, chambellan, maître des requêtes et bailli de Rouen, Guillaume Gousinot reçut du roi une preuve particulière d'intérêt. Il avait été fait prisonnier par les Anglais qui fixèrent sa rançon à vingt mille écus d'or. Charles VII mit une taille de pareille somme pour le délivrer^. Guillaume Gousinot fut envoyé plusieurs fois en Angleterre pour y traiter de la paix. Au retour, il suivait le roi à l'armée, et on le voit figurer en 1449, à une attaque qui décida la capitulation de Rouen, dont il fut nommé bailli. Son expérience et son habileté devaient être grandes, car Louis XI, à son avènement, lui conserva toutes ses charges. Enfin, Guillaume Gousinot prit part aux affaires publiques jusqu'à un âge fort avancé. Il assistait, en 1484, aux États de Tours. « Et s'en mesloit fort, dit un historien contemporain, un « fort ancien homme qu'on nommoit maistre Guillaume « Gousinot*. »
Le fils d'un secrétaire de Charles VII, Etienne Chevalier, jouit auprès de ce prince d'une faveur égale à celle de Guillaume Gousinot. Envoyé deux fois comme lui et avec lui en Angleterre, Etienne Chevalier s'éleva jeune aux plus
* Godefroy, Vie de Charles F7f, p. G, de V Éloge du roi Charles VII, au commencement du volume.
* Saint-Gelais, Histoire de Louis XII, cilée dans Y Abrégé de la vie et actions mémorables de messire Guillaume Cousinot, chevalier, seigneur de Montreuil, etc. — Brochure d'environ cinquante pages, sans lieu ni date.