‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 141 sur 359 · LES EXACTIONS DES GENS DE GUERRE · texte numérisé non relu

LES EXACTIONS DES GENS DE GUERRE

préjudice du commerce, «en quoy, les marchands et le peuple « du royaume avoient été moult opprimez et grevez. » L'article 41 constate en outre que, précédemment, Charles VII avait, du consentement des trois états, étahli des tailles pour en affecter le montant à la solde des gens de guerre; mais les seigneurs et barons l'avaient constamment traversé, soit en s'en attribuant le montant sous prétexte de sommes qui leur étaient dues, soit en les augmentant à leur profit de telle sorte qu'ils en rendaient le payement impossible. Charles VII proscrivait sévèrement de pareils abus. Il ordonnait enfin aux officiers du parlement, aux baillis, aux sénéchaux et à tous les autres justiciers du royaume d'exécuter strictement ses volontés sous peine d'être privés de leurs offices et de voir leurs biens confisqués^.

Cependant, il ne suffisait pas, dans ces temps malheureux, défaire des règlements; il fallait encore en assurer l'exécution, et la difficulté n'était pas médiocre, à raison de l'étendue des abus à déraciner et de la condition même de ceux qui en vivaient. L'ordonnance du mois de novembre 1439 n'avait pas produit des effets immédiats; dans tous les cas, elle n'avait remédié au mal qu'en partie. Dans les années qui suivirent, Cbarles VII mit tous ses soins à compléter l'œuvre commencée. Après avoir été longtemps étudiée sous toutes ses faces, la question fut définitivement résolue en 1445, par la création de quinze compagnies d'ordonnance, commandées chacune par un capitaine à la nomination du roi et composées de cent lances, chaque lance comprenant six personnes, savoir : l'homme d'armes, son page ou valet, trois archers et un coustelier, c'est-à-dire un écuyer armé d'un couteau ou

i Ordonnances des rois de France, t. Xlll, p. 295 et 30G.

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