PAR LA PESTE DE
« pies du Midi et de l'Orient^ les nations occidentales et les « froides contrées du Nord se confiaient vainement dans la « grande pureté de leur atmosphère... Le nombre des per- « sonnes ensevelies fut plus grand que le nombre même des « vivants. Les villes sont dépeuplées ; mille maisons sont « fermées à clef; mille ont leurs portes ouvertes, vides « d'habitants, et sont remplies de pourriture. » Faisons la part de l'exagération ; la réalité devait être encore navrante. D'autres auteurs contemporains ont estimé tiue la peste de 1348 avait emporté un quart de la population de l'Europe ^.
conclut de la population présumée de certaines villes d'après le nombre de feux indiqués dans les rôles d'impositions, et de la quantité d'habitants que ces villes comptent actuellement, que la population, au moyen âge, était intérieure à ce qu'elle est aujourd'hui {Délia economia politica del medio evo ; Turin, 18-39, cap IV ; Della popolazioue ; p. 40() et suiv.). Conclusion trop absolue. En effet, le mouvement de la population a pu n'èlre pas égal en France et en Italie pendant plusieurs sièiles. Rien, au surplus, dans le travail de M. Cibrario, n'infirme les évaluations de Dureau de la Malle, dont le Mémoire explique parfaitement les causes qui, du milieu du quatorzième siècle à 17t5,ontdù exercer, en France, une dépression puissante sur le chiffre de la population. C'est là, dans tous les cas, une question sur laquelle il ne sera possible de se prononcer avec certitude que lorsqu'on aura pu établir le chiffre de la population d'un certain nombre de communes ou provinces de divers points de la France, à plusieurs époques du moyen âge.
Population, d'aprèslescontemporains, de diverses villes Population actuelle' au quinzième siècle. {agglomérée).
Rouen. . . . 250,000 habitants. 94,679
Bourges. . . 60,000 — 20,195
Montpellier. . 100,000 — 39,605
Au seizième siècle.
Dieppe. . . . 60,000 — 17,833
1 M. Littré a publié, dans la Bibl'wthhiue de V École des Chartes, l'® série, t. II, p. 201, le poëme de Symon de Covino.
* D'après le recensement de 1861, déduction faite des troupes, des prisonniers, des aliénés, des malades, en un mot de la population flottante, et de la banlieue.