‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 164 sur 359 · FAVEUR CROISSANTE DE L'ARGENTIER · texte numérisé non relu

FAVEUR CROISSANTE DE L'ARGENTIER

De son côté, Charles YII n'oubliait pas son commissaire près les états du Languedoc. Dans une répartition de six mille écus d'or, où il retint trois mille écus pour lui, Jacques Cœur figure pour une somme de six cents écus, tandis que le parlement n'y est porté que pour deux cents. Un seul de tous ceux qui y participèrent eut six cents écus comme Jacques Cœur; ce fut l'évêque de Carcassonne, son ami le plus dévoué^.

Ainsi honneurs et profits lui arrivaient alors, comme ù l'envi. A toutes les époques, lorsqu'un homme est parvenu à une certaine élévation, tout conspire pour le faire croire partout indispensable et pour l'écraser en quelque sorte sous sa fortune. On a vu que Jacques Cœur faisait, tant à l'intérieur qu'à l'étranger, un commerce immense qui occupait trois cents commis; ses navires sillonnaient la Méditerranée; les mines d'argent, de plomb et de cuivre qu'il possédait dans le Lyonnais réclamaient ses soins ; il avait fondé une papeterie-; il était maître des monnaies à Bourges et à Paris, argentier et conseiller du roi. Chaque année, enfin, celui-ci le nommait un de ses commissaires aux états du Languedoc. Eu 1446, il le désigna pour faire partie, avec l'archevêque de Reims, Saint-Vallier et Tanneguy-Duchatel, prévôt de Paris et sénéchal de Provence, d'une ambassade ebargée

* Bibl. imp. Mss. Fonds Saint-Germain, n° 572; Procès de Jacques Cœur, p. 927.

* M. Rajnal dit, loc. cit., p. 89, note, qu'il a vu des registres du chapitre de Bourges, du quinzième siècle, composés d'un papier excellent, portant dans la pâle l'écusson de Jacques Cœur. M. Raynal en conclut naturellement qu'il avait une papeterie, et qu'il améliora la fabrication du papier. — D'après un article du Journal de la librairie (année 1862, n" 38, Chronique), où se trouve reproduit le filigrane de ce papier, l'établissement dont il s'agit n'aurait été fondé qu'après la mort de Jacques Cœur, par un de ses enTants.

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