GUERRES INTESTINES A GÊNES
de se rendre à Gênes et d'opérer l'annexion de cette ville à la France^.
La république de Gênes était depuis longtemps travaillép par des guerres intestines, et, plusieurs fois déjà, les partis qui s'y disputaient le pouvoir avaient fait appel à la France. En 1444, les Adorno d'un côté, les Campofregoso de l'autre, étaient les factions dominantes. Craignant de ne pouvoir l'emporter avec leurs seules ressources, ces derniers signèrent un traité par lequel ils s'engageaient à livrer Gênes à Charles VIT. Deux ans après, ils s'unirent aux Doria, armèrent cinq vaisseaux et vinrent à Marseille réclamer l'exécution du traité. L'ambassade dans laquelle figurait Jacques Cœur avait pour mission d'aider Jauus de Campofregoso à cbasser les Adorno de Gênes et d'opérer ensuite la réunion des deux pays. Mais à peine Campofregoso se fût-il emparé de la ville avec l'appui des troupes françaises, qu'il déclara, dit un chroniqueur, que « le pays et la ville il avait ic eonquestés à l'espée, et à Vespée les garderait contre tous. » Vainement les ambassadeurs se rendirent à Nice, et de Nice devant Gênes même, pour le sommer de tenir sa parole. Une dépêche de Jacques Cœur, relative à cet objet, est parvenue jusqu'à nous. Il s'était d'abord dirigé sur Montpellier, où des affaires de plus d'une sorte l'attiraient et d'où il devait rejoindre l'ambassade. Le 15 février 1546, il adressa aux ministres de Charles Vil, ses collègues, la lettre suivante, qui, malgré l'obscurité de quelques passages, mérite de trouver place ici^ :
1 Histoire chronologique du roi Charles VIT, par Berry, premier héraut d'armes; dans Godefroy, p. 4 29. — D'après Lt^grand {Histoire de Louis XI, iMss., t. V, Pièces jusliliealivi's), l'ambassade aurait été composée, outre Jacques Cœur, de Cliarl's de Poiliers, chevalier, de Sainl- Vallier, chambellan, et de Jean de Jambes, premier mailre d liôlel.
* EUe u été publiée pour la première fois dans le Cabinet histo-