PACIFICATION DE L'ÉGLISE
cevoir et le baiserait à la bouche, sans exiger de lui d'autres marques de respect et de soumission; enfin, il conserverait l'habit et les ornements du pontificat, moins l'anneau du pécheur, le dais et la croix sur sa chaussure.
Quelques-unes de ces conditions n'avaient pas obtenu l'assentiment de Charles VII. Nicolas V, de son côté, refusa d'abord d'y adhérer. Mais les ambassadeurs français l'y décidèrent. L'année d'après, au mois d'avril, Félix transféra le concile de Bâle, qui l'avait élu, à Lausanne, et s'y déposa solennellement, suivant ce qui avait été arrêté. Dès ce moment, Nicolas V fut reconnu pape par toute la chrétienté, et le schisme cessa, après avoir duré neuf ans^ En annonçant à la Chambre des comptes, par une lettre de Lausanne du 20 avril 1449, la conclusion de cette grande afi'aire, l'évéque de Poitiers exprimait l'avis qu'il conviendrait de rendre grâce à Dieu de l'entière pacification de l'Eglise. C'est ce qui eut lieu bientôt. « Le jeudy au soir, « 13^ jour de may 1449, dit à ce sujet un chroniqueur, par « l'ordonnance des prévost des marchands et eschevins de « la ville de Paris, furent faites réjouissances et festes par V tous les carrefours, et autres plusieurs lieux en la ville (t de Paris. Et le lendemain furent faites processions géné- M raies à Nostre-Dame, et d'illec allèrent à Saint-Victor re- « mercier Dieu^. »
Les historiens sont unanimes pour rendre hommage à la prudence et à l'habileté consommées dont le gouvernement de Charles VII fit preuve dans cette grave question. Un prélat contemporain, ordinairement sévère pour ce prince, a constaté son heureuse influence dans les longues négocia-
1 Le P. Daniel, Histoire de France, t. VII. — Toute celte partie y est traitée avec un véritable talent.
* Doin Luc d'Achery, Spicilegium, etc., t. III, p. 784.