‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 190 sur 359 · AMIS PRINCIPAUX · texte numérisé non relu

AMIS PRINCIPAUX

ne (ioTine mieux gans doute une idée du crédit dont jouissait alors Jacques Cœur. Ses principaux amis, parmi lesquels on remarquait Jean de Bar, conseiller du roi, hs évêques d'Agde, de Carcassonoe et de Nevers, ainsi qu'une foule de chevaliers, assistèrent à cette entrée^, à l'occasion de laquelle Jacques Cœur donna dans son hôtel de La Chaussée, bien près d'être achevé, une fête splendide. De ses deux autres fils, l'un, nommé Ravant, mourut sans postérité , et n'a laissé que son nom; l'autre, Geoffroy Cœur, était jeune encore, et ne joua un rôle dans le monde que sous le règne suivant.

Tout réussissait, on le voit, à l'heureux argentier. Dans l'espace de vingt années, il s'était élevé au faite des honneurs, et il avait fondé la fortune la plus considérable qu'un particulier ait peut-être jamais possédée en France. Soit qu'il obéit à son naturel, soit calcul ou ostentation, il faisait de cette fortune un usage qui ne pouvait que relever encore le prestige de son nom. On a vu quelles sommes il avait dû dépenser pour faire construire, indépendamment de son hôtel, la sacristie et l'une des chapelles de la cathédrale de Bourges. Sa magnificence ne s'exerçait pas seulement dans sa ville natale. Paris et d'autres villes en ressentirent les heureux effets. « De son temps, dit un écrivain du seizième « siècle, Jacques Cœur, de Bourges, marchand et depuis « argentier de France, fonda le collège des Bons-Enfans et « la chapelle Sainct-Cler, en la rue Sainct-Honoré-. » En 1448, on frappait, à la monnaie de Bourges, cette monnaie

> Procès-verbal du joyeux avènement de Jean Cœur, aux archives du chapitre de Bourges, cité par M. Rajnal, t. III, p. 62.

Les antiquitez, chroniques et singularitez de Paris, par Gilles Corrozcl, Pari^en. Pans, 158G, 1 vol. in-8, p. I4.3, vmso. — D'après Michel Félihien, Histoire de Paris, t. I, p. 247, Jacques C'Eur n'aurait

Page 1