DÉTRESSE DE LA REINE. 16S
d'argent que le peuple appela les gros de Jacques Cœur^, Ce qui accroissait l'inQuence que lui donnaient ses richesses, c'était la gêne relative de la famille royale, de la reine ellemOme, et de la plupart des hommes qui vivaient à la cour. En 1440, madame Aragonde de France, fille du roi, empruntait à Jacques Cœur 80 livres parisis «pour avoir une robe ^. » Le 18 juillet 4443, Marie d'Anjou, femme de Charles "VII, écrivait à un receveur des gabelles du Poitou de payer une somme de 343 livres empruntée du sieur Hélionnet Martin, son valet de chambre : « Pour laquelle somme, ajoutait la a reine de France, luy avons baillé et gaigé nostre Bible, la- « quelle il nous a rendeiie, et nous en tenons pour contente^. » Trois ans après, la reine faisait elle-même une spéculation sur les vins du Poitou et délivrait à un de ses intendants une lettre de crédit de 930 livres sur le receveur général de la province « pour charger, disait la lettre, une nostre nef de « 50 tonneaux de vin que nous avons fait acheter par nos « serviteurs en la ville de La Rochelle et la mener en Flan- « dre pour, par eschange d'iceux, avoir d'autres marchan- « dises nécessaires pour nostre hostel*. » Enfin, au mois de mars 4448, le sieur Pierre Berart, au service de Marie d'Anjou, déclarait avoir reçu de Guillaume de Yarye, l'un des associés de Jacques Cœur, « la somme de quatre cents « escuz sur la perle qui estoit à la Royne, laquelle perle « ledit Berart avoit engagée, icelle somme promettant ren-
pas été le fondateur, mais le bienfaiteur ou restaurateur du collège des Bons-Enfants.
' Chaumeau, Histoire du Berry, p. 240.
^ Bibl. imp., Mss. Inventaire des papiers de Jacques Cœur, -Wjir pièces justificatives, n° 2.
3 Bibl. imp., Mss. Portefeuilles Fontanieu, n<*M19-120.
* Bibl. imp., Mss. Portefeuilles Fontanieu, ii'^s 119-120.