‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 221 sur 359 · J98 LES LETTRES · texte numérisé non relu

J98 LES LETTRES

Et ont pris de la contenance Angloise, et ensuivy Diinslable .

Pourqiioy merveilleuse plaisance Rent leur chant joyeulx et notable *.

Tapissier, Carmen, Cœsaris, étaient donc les chanteurs français en vogue vers le milieu du quinzième siècle, et on les applaudissait surtout parce qu'ils imitaient l'Anglais Dunstable. Mais la musique n'avait pas seulement des interprètes payés. La classe moyenne, la bourgeoisie riche, la cultivaient aussi Le mobilier de Jacques Duchié, bourgeois de Paris, en 1434, en fournit la preuve, a Une salle, dit (i une description contemporaine, était remplie de toutes «manières d'instrumens , harpes, orgues, vielles, gui- (' ternes, psalterions et autres, lesquels ledit maître Jac- (' ques Duchié savait jouer de tous^. »

Si maintenant l'on examine l'état des lettres avant la renaissance, on reconnaîtra que cette époque de notre histoire littéraire n'est pas indigne qu'on s'y arrête. Par une fatalité inouïe et unique peut-être daus l'histoire des peuples, la langue française avait eu à lutter pendant des siècles pour parvenir à être écrite, ou même parlée. Près de huit cents ans durant, elle fut en quelque sorte proscrite, soit par le clergé, soit par l'administration *. Malgré cette espèce d'ostracisme, quelques œuvres

* 'Hla.TiïnFrsinc, Le champion des dames. — Martin Franc aécritcelivre vers 1460; cité par De Guasco, Dissertation, e[c.,Tp 233, et par l'abbé Gougei, Bibliothèque française, t. IX, p. 232. — Je prie le lecteur de ne pas apprécier la poésie du quinzième siècle d'après cet éctianlilion, et de diflérer son jugement.

2 M, Bonnardot, Éludes sur Gilles Corrozet, Parisien.

^ M. Francis Wey, Histoire des révolutions du langage en France, p. 42. .:

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