CHRISTINE DE PISAN
line de Pisan el Alain Chartier, avaient précédé, cependant Antoine de La Salle, qu'ils dépassèrent de beaucoup, non en talent, mais en popularité. D'origine italienne, élevée à la cour de France sous le règne de Charles V dont son père, Thomas de Pisan né à Bologne, était astrologue, Christine pouvait lire et avait lu, dans leur langue même, les poètes grecs et latins, tous les historiens de l'antiquité, les Pères de l'Eglise. A trente-sept ans, elle se trouva veuve, sans fortune, et, stimulée par la nécessité, elle composa, en quinze années, plus de vingt ouvrages, dont la moitié seulement étaient eu prose. Les dix autres, ne renfermaient pas moins de vingt-cinq mille vers^ Le livre des faits et bonnes mœurs du sage roy Charles V , survécut seul à
nors des couvents, un petit nombre de privilégiés, amis des princes et des grands, pou\aienl î-euls éludier les productions de quelque élenduri. Il en résu tait que le progrès était nécessairement fort restreint. Ce n'étaient pas, en eiTet, les liomnies que la nature avait le mieux doués pour la culture dfs lellres qui s'y livraient, mais ceux enlre les mains desquels le hasard des relations ou d licureu.-ies circonstances avaient fait tomber quelques livris. Encore était il rare qu'ils eussent la facilité de lire tous ceux qu'il leur eût importé de connaître; la bibliothèque de Charles V, ([ui se composait de neuf cents volumes, ne possédait pas un seul Cicéron.
1 C'était le Débat des deux amans dans lequel on discutait longuement si de l'amour vennic honneur ou bien fiontr-, si c'esioii maladie ou graut sanié ; le Dit de Poissy, le hit delà Rose, le Dit de la Pastoure, les Dits moraux, les Dits amoureux, le Dire des vrays amans, VEspilrt au dieu d'amour, VEspitre d'Utlua la déesse, qu'elle envoya à Hector de Troye, à iciye de quinze ans (deux mille vers\ le Chemin de longue estude, tou à fait digne de son tilre; car il n'avait pas moins de six mille vers. Celait b en la peine d'avoir lu, comme l'avait fait Christine, Homère Platon, Arislole, Virgile, Horace, Tibulle, Juvénal, Cicéron, saint Jérôme, sainl Ambroise, saint Augustin, etc., etc. Quelques-unes des compositions en prose de la trop féconde Christine avaient pour tilre : la Cité dfs Dames, le Livre des trois vertus, le Corps dePolicie, le Livre de la vision, le Traité de la paix, elc.