DÉCOUVERTE DE L'IMPRIMERIE
à jouer avait conduit à celle des images des saints, qui donna elle-même l'idée de la gravure des inscriptions ou lé gendes, d'où serait née l'imprimerie^. Quoi qu'il en soit de son origine, trois compagnons allemands, Schœffer, Guttenberg et Faust, avaient, vers i43o, découvert l'art de l'imprimerie en caractères mobiles. Après quelques années d'essais et d'ébauches, l'imprimerie mit en circulation (1455) son premier chef-d'œuvre, la Bible. Peu de temps auparavant, un artiste florentin, Maso Finiguerra, avait trouvé l'art de la gravure en creux sur métal. La France, au surplus, ne restait pas en arrière dans ce grand mouvement artistique du quinzième siècle. Vers 1450, Bernard Milnet gravait sur bois une Vierge avec l'Enfant Jésus, un Saint Bernard et plusieurs autres sujets^. De son côté, Charles VII songeait à introduire l'imprimerie dans ses états. Un manuscrif contemporain raconte l'anecdote suivante: « Ayant sçu qu'il y avoit à Mayence gens adroits à la taille des poinçons et caractères, au moyen desquels se pouvoient multiplier par l'impression les plus rares manuscrits, le Roy, curieux de telles choses et autres, manda aux généraux de ses monnoies d'y dépescher personnes entendues à la dite taille, pour s'informer secrètement de l'art et en enlever subtilement l'invention. On envoya Nicolas Jenson, un de ses graveurs de la
sur bois. » (Duehesne, Gravure, dans Le moyen âge et la renaissance, l.V.)
* Leber, Études historiques sur les cartes à jouer, t. XVI des Mémoires de la Société royale des antiquaires de France. — Leber s'appuie à ce sujet sur Topinion suivante du baron Heinecken , qui est, dil-il, l'homme le plus versé dans la connaissance des premiers produils de la xylographie. nThe names engraved in ivood under the figures [or cnrds) are the first knovm impressions of lelters, By degrees, a greater quantity of text was added, and in process of time, not nnly eri' tire pages, but evm books were prinled. »
• Duehesne, ubi supra.