‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 242 sur 359 · EXPLORATIONS MARITIMES · texte numérisé non relu

EXPLORATIONS MARITIMES

monnoie de Paris. » Quand, trois ans après (1461), Nicolas Jenson revint de sa mission, Charles VII était mort, et c'est à Louis XI qu'appartient l'honneur d'avoir autorisé et encouragé l'établissement de l'imprimerie en France ^.

Pendant que cette invention merveilleuse agrandissait à l'infini le domaine delà pensée, de hardis navigateurs reculaient les bornes du monde connu. Allant plus loin encore, les imaginations ne rêvaient que pays magiques et séjours enchantés. Les noms donnés aux terres nouvelles témoignent des préoccupations et des espérances du temps; c'étaient les lies fortunées, la Rivière dor, la Coste d'or. Un noble Génois avait, dit-on, découvert les Canaries au commeucement du quatorzième siècle. Dans le courant du siècle suivant, les Génois, les Espagnols, les Dieppois, les Portugais firent diverses excursions sur les côtes d'Afrique. Les îles Canaries et le cap de Bojador figurèrent dès lors sur les grandes cartes géographiques des peuples maritimes de la Méditerranée*. A peu près vers le même temps, un Français né en Normandie, Nicolas Oresme, évêque deLisieux, composa un Traité de la sphère, qui est resté l'un des monuments cosmographiques de l'époque. Suivant toutes les apparences, le traité de Nicolas Oresme dût être souvent consulté par les navigateurs dieppois*. Déjà , en 1364 , ils avaient reconnu les Canaries, le cap Vert, Sierra-Leone. Après un

1 De Guasco, ubi supra, p. 28.

• Depping, Histoire du commerce, etc., t. li, p. 256.

' M. Ferdinand Denis, Le génie de la navigation, p. 110 et suîv., notes. — M. Paulin Paris a donné divers fragments du Traité de la sphère, de Nicolas Oresme, dans son précieux Catalogue des manuscrits français de la Bibliothèque impériale, i. IV, p. 349. Enfin, M. Wdlowski a publié récemment; du même auteur, un Traictédes monnaies, contenant les idées les plus vraies et les plus saines au sujet d'une matière délicate qui causa, sous l'ancienne monarchie, tant de fautes ctièrement payées.

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