AUMONES ET DONATIONS D'AGNÈS SOREL
qu'elle disoit être du roi, « comme du plus apparent. » Mais, selon lui, Charles VII s'en était toujours défendu. Il y avait à la cour de la reine, ajoutait-il, de bien grands seigneurs, et cette Agnès pouvait bien avoir emprunté et gagné ladite fille d'ailleurs ^.
En même temps qu'elle étalait un luxe de toilette et d'ameublement inconnu jusqu'alors, Agnès Sorel distribuait d'abondantes aumônes aux pauvres, aux mendiants, et faisait aux églises des donations considérables. L'église collégiale de Loches, non loin de laquelle elle avait une résidence nommée dans le pays la maison de la petite reine , profita principalement de ses largesses. D'autre part, Charles VII portait une dévotion particulière ù cette église située dans l'enceinte du château royal qu'il avait fait reconstruire et où sa maîtresse avait, suivant l'expression d'un chroniqueur bourguignon, un quartier de maison qu'on appelle encore aujourd'hui le logis de la belle Agnès ^. C'est à Loches que Charles VII et Agnès Sorel résidaient habituellement. En 1444, la favorite faisait don au chapitre de l'église collégiale d'une croix d'or destinée à enchâsser un morceau de la vraie croix. Elle offrit de plus à la même église une petite statue de sainte Marie-Madeleine, en argent doré. La statue, renfermant de si précieuses reliques, portait cette inscription : « En l'honneur et révérence de sainte Marie-Madeleine, noble damoiselle mademoiselle de Beaulté a donné cet image en cette église du château de Loches; auquel image est enfermée une coste et des cheveux de la dite sainte; et fust l'an mil cccc quarante et
1 Jean Charlier, Histoire de Charles Vil, roy de France, dans Godefroy, p. 190 et 181.
2 M. A. de Pierres, Tablettes de Loches, citées par M. Vallet de Viriville, ubi supra.