LETTRES D'AGNÈS SOREL
({ Madamoiselle ma bonne amye, ge me recommande de bon cuer à vous. Ge vous pri volloyr bailler à se porteur Christofle ma robbe de gris doblée de blanchet et toutes paires de gans que trouvères en demeurer, aiant ledit Christofle perdu mon coffre où je en avois prins nombre. Vous pléra oultre recepvoir de luy mon levryer Carpet, que vouldrez norrir de vostre costé, et ne lairré aller à la chasse avesques nuz, cuar n'obéyt-il à sifflet ne apel, qui me faict cause de le renvéer ; et seroit autant dyre perdeu, que me seroit à grant paine; et l'aiez byen recommandé, ma bonne amye, et me ferés plésir. Priant Dieu vous donner sa grasse. De Razillé, ce viii* jour de septambie. La toute vostre bonne amye, Agnès. »
« Madamoiselle ma bonne amye, de bien bon cuer me recommande à vous. Plèse vous savoir que je m'esmerveille du raport que m'avés fait par le jeune Dampere et le vous rentourne pour aydier à vous mettre hors de cecy quy vous a deu estre de grant ennuy. Plèse vous savoir que nous esjoissons tant du mielx que pavons en ces cartyers et y debvez sytost venir que vous serez hors dudit ennuy qui sera tant tost, comme bien espère. Attendant, avons faict chace hyer à ung porc sangler; et s'est tournée mal la dicte chace au préjudice dudit petit Robin, aiant esté frappé d'ung taillion que ung des veneurs cuidoit tirer audit sangler en ung buisson, et luy en est assez grefve navreure, mais bien espère qu'en garira prompte voie, et le feray bien governer. Au demourant, s'il est aultre que pour vous faire
des anciennes lois, elc, t. VIII, p. 741.) Mariée plus tard au seigneur de Belleville, elle devint, à ce qu'il parait, l'amie intime d'Agnès.