‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 257 sur 359 · A MADEMOISELLE DE BELLEVILLE · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE DE BELLEVILLE

puisse attendant votre veneue, faictes le moy sçavoir et le feray de très-bon cuer; et à Dieu, madamoiselle ma bonne amye, qui vous doint ce que désirez. De Candé, ce venredy après la Saint-Michiel. La toute voslre bonne amye, Agnès. »

La première des lettres adressées par Agnès Sorel au sire de La Varenne \ offre un intérêt particulier à raison de l'événement qu'elle y raconte, de la cause attribuée par elle ù la chute du voleur de ses diamants, et des termes mêmes du récit. La seconde témoigne de l'obligeance d'Agnès à l'égard de ceux qui recouraient à elle.

« Monsieur mon très-chier amyt et bon conpère, ge me recommande à vous tant comme ge puys. Ge vous envoyé les lettres de respit touchant l'ommaige de La Fresnoye, vous priant conjoinctement en voulloyr adviser et me fère se servisse de le meclre à bien, ne povant de dessa partyr; et pour pryères que luy en ay sceu fère, ne se veult

• Pierre de Brézé, seigneur deln Varenne. — D'après Delarue(Ejsat sur les trouvères, t. III, p. 327), Pierre de Brézé aurait été le personnage le plus complet de son siècle. Tout à la fois homme de conseil et lion capitaine, c'est à lui que reviendrait la gloire de la réforme militaire et de la plupart des actes importants du règne. Rien, je dois l'avouer, ne prouve que Pierre de Brézé ait exercé une si grande inQuence sur les événements de son temps. L'abbé Legrand [Histoire de Louis XI, liv. I, p. 104; II, p. lOo; Bibl. imp., Mss.) reconnaît pourtant que Brézé « Cfitoit un homme de teste et de main, et qu'il gouvernoit son maistre sans lui plaire. — Brézé, ajoute-t-il, avoit l'administration des finances, employ où il n'est pas aisé de contenter tout le monde. Sa trop grande liberté de parler luy faisoit beaucoup d'ennemis,- il n'épargnolt pas le Roy. » — Tel était le compère de la belle Agnès. Ajoutons qu'à son avènement au trône, Louis XI le fit mettre en prison et qu'il n'en sortit, dil-on, qu'à la condition que son fils, Jacques de Brézé, épouserait Charlotte, une des filles naturelles d'Agnès Sorel et de Charles VII. Le mariage eut lieu ; mais il eut des suites tragiques. A quelque temps de là, Jacques de Brézé surprit sa femme en adultère et la poignarda. Il obtint plus tard de Charles VIll des lettres de rémission à ce sujet.

Page 1