ET AU PRÉVÔT DE LA CHESNAYE
sir de le despéchier; comme prie à Dieu, monsieur mon conpère, que vous doint ce que désirez. De Cucé, le pénultième jour d'apvril. La toute vostre servante et commère, Agnès ^ »
Enfin, la lettre suivante pour le prévôt de la Chesnayc montre que les malheureux n'imploraient pas en vain la miséricorde d'Agnès Sorel.
« Monsieur le prévost, j'ay entendu que quelques uns de la paroisse de la Chesnaye ont esté par vous adjornez sur le suspeçon d'avoir prins certains boys de la forest du dit lieu; et à eulz ont esté unes journées sur ce assignées pour entendre une informacion faicte sur leur inocence. Sur quoy, ayant sçeu qu'aucunes des dictes gens sont povres misérables personnes et que ilz aient grant misère à gaigner leur vie et gouvernement d'eulx, leurs femmes et enfants, ne veus en rien qu'il soit suivy oullre à la dicte informacion et journées et que les dictes gens soient empeschiez aulcunement en corps ne en leurs biens, mais por eulx au contraire soit mise la dicte afère à nient; et en ce faisant sans délay me ferez service aggréable. Priant Dieu, monsieur le prévost, qu'il vous doint bonne vie et vous tienne en sa garde. Du Plessis, ce vin' jour de juing. Vostre bonne mestresse, Agnès. »
La faveur dont jouissait Agnès Sorel durait depuis environ dix-huit ans sans avoir éprouvé d'interruption sensible. Pendant cette période, une révolution à laquelle elle semble avoir grandement contribué , s'était opérée dans la toilette. Le préambule d'une ordonnance
* La suscription est celle-ci : A mon très-homré s^ et conpère, mons' de la Varcnne, chambelant du Roy.