GEOFFROY SOREAU, ÉVÉQUE DE NIMES
core connu. C'est Agnès Sorel qui les porta, dit-on, la première dans tout leur éclata
Forte du long attachement de Charles VII, la favorite voyait sa fortune s'augmenter chaque année, et elle éclipsait par son faste la reine, les princesses et les duchesses, dont la plupart se ruinaient, sans pouvoir l'égaler. « N'estudioit qu'en vanité jour et nuit, a dit un chroniqueur, pour desvoier gens et pour faire et donner exemple aux preudes femmes de perdition d'onneur, de vergoigne et de bonnes mœurs, dont ce fut pitié que la plupart de France et des marches adjacentes, tout le souverain sexe s'en trouva beaucoup ensouillé. Et fit pareillement la noblesse du royaulme, qui, toute quasi donnée à vanité par son exhort et par son exemple, se desvoia ^. » En même temps, Agnès Sorel abusait de son inûuence pour avancer sa famille. En 1447, l'abbaye de Saint-Grépin-le-Grand de Soissons étant devenue vacante, des compétiteurs nombreux se présentèrent ; Agnès la fit donner à Geoffroy Soreau, son cousin ou son neveu, car il ne mourut qu'en 1303. Au mois de janvier 1450, Geoffroy Soreau était appelé à l'évêché de Nîmes*. Cette nomination parut-elle bien justifiée? Il est permis d'en douter sur le témoignage d'un grave annaliste contemporain, d'après lequel l'élévation subite de quelquesuns des parents de la favorite à de hautes fonctions ecclésiastiques aurait surtout confirmé les soupçons que l'on avait déjà de ses relations avec Charles VII *.
1 L'art de vérifier les dates, etc., loc. cit., p. 400.
2 Georges Chastelain, collect. du Panthéon littéraire, p. 255.
8 Galliachrisiiana, citée par M. Vallel de Viriville, ubi supra, p. 298.
* Roberii Gaguini Annales, lib. X, fol, 230 verso. Voici le passage: « Accessit ad stupri suspicionem propinquorum Âgnetis ad dignitate$ M ecclesiasticas repenlina promotio. »