PRÉFACE. XXXV II
l'huile, de grandeur naturelle, au musée de Bourges, mais il parait moderne, et tout porte à croire qu'il a été fait d'après la gravure de Grignon.
Peint aussi à mi-corps, de la même grandeur, l'autre portrait figurait, il y a quelques années, dans une des salles de l'hôtel de Jacques Cœur ; c'est évidemment une copie, et elle ne parait pas avoir deux siècles. Il se distingue du premier par une de ces coiffures du temps appelées chaperons, dont les houts flottent sur les épaules; le cou est entièrement découvert. Ce costume imprime à la physionomie un air résolu, hardi. La comparaison que j'en ai faitfe avec le portrait dont Godefroy a donné la gravure me fait préférer ce dernier. On découvre, au surplus, en les examinant attentivement, une grande ressemblance dans les traits principaux, et ils sont tous deux peints aux trois quarts. On peut conclure de là que l'un des deux a dû être fait d'après l'autre avec un costume différent, et que celui d'après lequel Grignon a exécuté sa gravure a servi de modèle. Plusieurs statuettes, ainsi que des médaillons en bronze et en plâtre, représentant Jacques Cœur, mais d'une date plus récente encore que les portraits, se voient également au musée de Bourges.
Le dessin au trait qui nous le montre faisant amende honorable devant les gens du roi, à Poitiers, a été copié fidèlement sur un manuscrit à miniatures du quinzième siècle^. Ce manuscrit, contenant les chroniques de Monstrelet, a fait partie de la magnifique collection que Colbert avait formée. Quelles tristes réflexions le spectacle de cette humiliation ne dut-il pas éveiller dans l'esprit de l'illustre ministre qui
> Blbl. imp., Mss, n» 8299-6 ; l. II, p. 277, — Ce dessin et le por- Irait de Jacques Ccjtur ne figurent, à cause de leur dimension, que dans l'édition in-8 du priisent ouvrage.