‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 288 sur 359 · VENTE D'UN PRISONNIER ANGLAIS · texte numérisé non relu

VENTE D'UN PRISONNIER ANGLAIS

meubles et marchandises que Jacques Cœur avait à Bourges eut lieu dans le mois d'octobre 1453. Elle fut précédée de la même déclaration publique qu'à Tours. Il en fut ainsi à Paris, à Lyon, à Poitiers, à Montpellier, partout enfin où il avait, soit une maison, soit un entrepôt de marchandises. A Bourges, le procureur général procéda à divers interrogatoires dans l'espoir de retrouver « six hanaps plains, dorez par dedans et goderonnez par dehors; laquelle goderonneure estoit dorée et blanche; et estoient esmaillés au fond de personnages. » Il résulta de l'enquête que ces hauaps avaient été offerts par Macée de Léodepart à l'ambassadeur du pape, chargé de pourchasser la délivrance de Jacques Cuer. On a vu qu'au moment de son arrestation, l'hôtel qu'il faisait construire à Bourges n'était pas achevé. Le mobilier en fut estimé à 368 livres seulement. Diverses tapisseries, dont l'une « était faicte de cerfs voulans et aux armes du Roy, une chambre de damas de vermeil brodé de l'histoire de Nabugot de Nozor, » furent évaluées à 1475 écus. Le procès-verbal des ventes opérées à Bourges constate que Jacques Cœur et Dunois possédaient deux prisonniers anglais, les sires de Berquigny et d'Ormond ^ Jacques Cœur en avait les trois quarts ; l'autre quart était à Dunois. On abandonna d'Ormond à ce dernier; puis, au mois de septembre 1456, on mit Berquigny aux enchères. Comme

• Un Jean Dormond, lîls du comte Dormond d'Irlande, commandait Vernon pour les Anglais, en 1449. Dunois ayant fait sommer la ville de se rendre, Dormond lui envoya, dit Monstrelet, « en signe de dérision et de moquerie, « toutes les vieilles clefs qu'il put trouver chez les serruriers de la ville. Les canons de Dunois le firent bientôt changer de langage, et il fut obligé de rendre la ville quelques jours après. {Histoire de la ville et du canton de Vernon, par M. Théodore Michel, p. 97.) Le sire Dormond, qui appartenait par indivis à Jacques Cœur et il Dunois, est probablement le même qui avait commandé à Vernon.

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