REQUÊTE DES ENFANTS REFUSÉE
il pouvait y avoir « danger de morts et autres inconvéniens et fortunes à garder plus longtemps le dit prisonnier, » le procureur général se décida, après avoir pris les ordres du roi, à vendre Berquigny pour 24,000 écus ^.
Pendant que l'arrêt rendu contre Jacques Cœur recevait ainsi son exécution, ses enfants ne négligeaient rien pour sauver de ce grand naufrage quelques-uns des biens qui lui avaient appartenu. Ils avaient d'abord fait valoir leur droit à la œoitiê de ces biens, comme héritiers de leur mère, s'en rapportant d'ailleurs à la grâce^ miséricorde et bénignité du Boy ^; mais leur requête trouva Charles VII inexorable, et treize de ses conseillers, assemblés en la Grand'Chambre du parlement à Paris, décidèrent, à l'unanimité, moins une voix, (25 août 1453) que «veu que le dit Cuer avoit esté déclairé criminel de crime de lèze majesté, que les biens qu'il avoit estoient venuz des exactions par luy faictes sur le Roy et sur le peuple, et que, au temps de sa prinse et de son procès fait, sa dite femme vivoit encore, la regueste des dits enfans n'estoit recevable ni raisonnable, et qu'ils ne povoient ne dévoient aucune chose demander es meubles et conquestz du dit Cuer, comme héritiers de leur feue mère'. »
. Le lendemain, 26 août, le procureur général enjoignit à l'archevêque de Bourges, sous peine d'une amende de mille marcs d'argent, de restituer la somme de dix mille écus à laquelle était évalué l'héritage de l'évêque de Luçon, frère
* Vente des biens, etc. Voir pièces justificatives, n* 1, extrait I, pojir les hanaps), et M. Ravnal, loc. cit., p. 88 [pour les prisonniers).
— La rançon du duc d'Orléans, qui avait été, comme l'on sait, longtemps prisonnier en Angleterre, s'était élevée à cent vingt mille écus.
* Vente des biens, etc., pièces justiGcalives, n° 1, extrait C. » Vente des biens, etc., n" 1, extrait F.