‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 3 sur 359 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

divergences considérables se sont produites, et, de nos jours encore, il est l'objet des appréciations les plus diverses. M. Henri Martin le représente, avec raison selon moi, comme la plus grande figure du règne, après celle de Jeanne Darc ^ bien entendu. Commerçant, bonime politique et citoyen, l'argentier de Bourges lui parait avoir rendu à la France d'immenses services, et il voit en lui une victime de la mauvaise foi et de la cupidité. M. Michelet, au contraire, ne lui attribue nulle influence, le traite de conspirateur, et, l'on ne voit pas pour quel motif, de marchand d^homnies. Je sais avec quelle circonspection il faut s'appuyer sur les écrivains du temps quand il s'agit de princes ou de personnages autour desquels des passions violentes se sont agitées; cependant, le témoignage, généralement trèsfavorable, des contemporains de Jacques Cœur, me paraît ici d'un grand poids.

Quand on étudie l'époque pendant laquelle a régné Charles VII (1422-1461), on demeure frappé du changement heureux qui s'opéra, à partir de 1435, dans la condition des populations jusqu'alors et depuis près d'un siècle en proie à l'avidité des bandes de routiers, d'écorcheurs, de retondeurs, sans compter les gens d'armes du roi lui-même et les Anglais. Dire en passant les excès des compagnies franches et la triste situation du pays à son avènement et pendant la première partie de son règne, est impossible. C'est un point

* C'est ainsi, en effet, que paraît devoir être écrit ce nom à jamais célèbre. La pucelle d'Orléans était fille de Jacques Darc, laboureur, originaire de Sepl-Fond. en Champagne. — Voir, à ce sujet, VExamen critique de l'histoire de Jeanne Darc. par M. de Haldat ; Nancy, 1850, p. 24. — « Les lettres d'anoblissement, dit à ce sujet M. Henri Martin, les manuscrits du procès de condamnation et de révision, et d'autres pièces oflicielles, portent le nom Uarc écrit sans apostrophe: tous les historiens antérieurs à Mézerai ont suivi cette orthographe. »

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