COURROUX ET RÉCLAMATIONS DE CHARLES VII
en sûreté, il se rendit en tou'e hâte par terre jusqu'à Nice. Un navire armé y était à ses ordres ; il s'y embarqua, fit voile vers Pise, et arriva bientôt à Rome où le pape Nicolas V l'accueillit avec la plus vive satisfaction.
Jacques Cœur avait bien fait de ne pas s'arrêter même un seul jour dans les états du roi René, et de chercher un refuge auprès du pape. Dès qu'il connut cette évasion et les circonstances qui l'avaient accompagnée, Charles Yll dépêcha deux de ses conseillers et un de ses écuyers vers Arles pour reprocher au viguier et aux syndics de n'avoir pas pris immédiatement des mesures dans le but d'arrêter les auteurs des violences commises à Beaucaire. Ces magistrats répondirent qu'en apprenant l'enlèvement de Jacques Cœur, ils avaient envoyé de tous côtés pour le prendre avec ses complices. Ils ignoraient, du reste, ajoutèrent-ils, qu'aucun de leurs concitoyens lui eût prêlé secours dans cette occurrence \ Les délégués de Charles VII furent obligés de se contenter de ces excuses. Quant à lui, s'acharnant contre son ancien ministre, il écrivit à la république de Florence où le bruit courait qu'il s'était arrêté, pour le réclamer, mais elle lui fit réponse (14 juin 1455) qu'il n'était pas dans son territoire, et que, s'il y était venu, elle n'en avait rien su. Une nouvelle lettre du roi dans le même sens provoqua une réponse analogue et l'assurance que la République n'avait fourni aucun subside à Jacques Cœur^. Cependant, peu après la mission à Arles, trois des compagnons de Jean de Village dans son expédition avaient été pris, jetés dans les prisons de Tarascon, et transférés en-
* Expositio, requisitioqtte, etc., à la date du 30 mars 1455, Pièces justificalives, n° 8.
* Négociations diplomatiques de la France avec la Toscane, par M. Desjardins, l. I, p. 81. (Collection des documents in<5dils.)