L'AQUITAINE SE RÉVOLTE
« Les concessions qui leur avoient été faites de la part du prince dévoient, disaient-ils, être respectées. Du temps des Anglois, ils avoient toujours été libres de l'incommodité des garnisons, des impositions et des tailles; ce seroitmal pourvoir à leur véritable avantage, si, par une crainte peu fondée de malheurs incertains et invraisemblables, on les assujc'ttissoit à un esclavage présent et éternel. » — La députation fut reçue par le Roi à Bourges, et n'en fut pas écoutée. Indignée de ce refus, la province comprit qu'on étoit résolu à la traiter comme les autres provinces de la France où les sangsues de l'Etat avancent hardiment, comme une maxime fondamentale de gouverner, que le Roi a le droit de rendre tous ses sujets taillables, comme et quand il lui plaît. Dans cette position, les peuples de l'Aquitaine, surtout les habitants de Bordeaux , effrayés et consternés, de plus, excités par une partie de la noblesse, s'occupèrent secrètement à chercher le moyen de recouvrer leur ancienne liberté, et comme ils avoient beaucoup de rapports d'amitié et de relations d'intérêt avec plusieurs Anglois, ils traitèrent avec eux^... »
Le 20 octobre 1452, un homme qui , depuis quarante ans, commandait les Anglais dans toutes les grandes batailles qu'ils avaient livrées et dont le nom seul était un objet d'effroi dans les provinces françaises du littoral, Talbot, débarqua en Guienne avec cinq mille combattants, bientôt suivis de quatre mille autres. Il n'avait pas moins de quatrevingts ans et pouvait à peine marcher, disent les chroniques, tant il estait vieil homme et usé. A son approche,
* Thomas Basin, liv. V, chap. IV. — Passage (radiiit dans un article de Du Theil, inséré dans le 1. 1, p. 403, des Notices et extraits des manuscrits de la Eibliothèque du Roi,