CAPITULATION DE BORDEAUX
se soumettre purement et simplement. Une pareille punition n'entrait pas dans les idées de Charles VII, qui admit la ville à composition, stipula que deux châteaux forts y seraient construits, et se contenta d'une amende de trente mille écus d'or. Enfin, les droits sur les vins, cause première de la révolte, furent remplacés en Guienne par un droit de 25 sous tournois sur chaque tonneau exporté. Un droit de 12 deniers pour livre fut aussi établi sur les autres marchandises tant importées qu'exportées^.
Une médaille, à jamais mémorable par la grandeur des souvenirs qu'elle rappelle et par la simplicité des légendes adoptées, consacra l'accomplissement de l'œuvre nationale
est, au contraire, fort importante. Ainsi que Talbot le déclare lui-même, le pavs élail fort mal disposé pour les Anglais ; il est donc bien naturel que cet habile général ait écrit de sa main pour réprimer des brigandages qui ne pouvaient que lui être nuisibles en empêchant l'approvisionnement de son armée et en soulevant le peuple contre lui.
« Quant à la seconde objection, elle est tellement absurde qu'on ne devrait pas avoir besoin de la réfuter. Ceux qui l'ont faile ignoraient jans doute que Talbot, qui a vécu près de quatre-vingis ans, a passé en France presque toute sa vie ; et ils ignoraient également que toutes les jjèces émanées des autorités anglaises pour l'administration de la Nornandie, de la Guienne et des autres provinces que les Anglais ont coupées en France pendant le quinzième siècle, documents conservés )ar milliers dans les arcliives du rojaume et dans d'autres dépôts pu- )lics, sont tous écrits en français.
« Cette lettre de Talbot ne renferme aucun élément qui puisse servir i en fixer la date d'une manière précise ; on ne peut donc que former les conjectures à cet égard. Cependant, comme elle est datée de Saintes, e serais assez porté à croire que Talbot l'écrivit vers la fin de 1452, orsqu'il se trouvait dans cette partie de la France, après avoir fait la enquête de la Guienne, conquête qu'il ne conserva pas longtemps. »
La lettre de Talbot me paraît être du mois de mai 1453, attendu u'il avait mis à la voile d'Angleterre pour la Guienne le 17 octobre 45^, et que la bataille de Caslillon, où il perdit la vie, se donna la 7 juillet suivant.
• M. Henri Marlin, Histoire de France, t. Vil, p, 401 à 4 H.