MÉDAILLE COMMÉMORATIVE
que la Providence avait réservée à Charles VIL D'un côté, ce prince était représenté assis sur son trône, le glaive de la justice à la main, ayant un ange ailé à sa droite et un autre à sa gauche, avec cette légende : Deus judicium tuum
REGI DA ET JUSTITIAM TUAM FILIO REGIS. Sur l'aUtrC effigie
de la médaille, un cheval lancé au galop emportait Charles YII, une épée nue à la main. La légende était fière et s'inspirait bien du sujet ; Deus! Karolus maximus, aquita-
NIORUM DUX. FkANCORUM FILIUS^.
On a vu, à l'occasion de la mort d'Agnès Sorel, que la place de la favorite n'avait pas tardé à être occupée et que sa cousine Antoinette de Maignelais lui avait promptement succédé. La conduite privée de Charles YII continuait d'être pour ses peuples un sujet de scandale toujours grandissant. Nous avons dit qu'Antoinette de Maignelais avait épousé le seigneur de Yillequier. Celui-ci avait-il sollicité l'honneur de cette alliance qui lui valut une partie des dépouilles de Jacques Cœur^? Dans tous les cas, la nouvelle favorite ne
* Le P. Daniel, Histoire de la milice française, t. I, p. 404. — Le P. Daniel pense qu'on donna à Charles VII le litre de fils des Francs à raison du dévouement que lui témoignèrent quelques provinces du royaume, dans sa lutte de trente ans avec l'Angleterre.
* Le mariage eut lieu au mois d'octobre 14 50. A cette occasion, Charles Vil fit don à la dame de Villequier des îles, terres et seigneuries d'Oleion, de Marans, d'Arves, etc. L'année suivante, il y ajoutait encore d'autres terres et seigneuries (voir Femmes célèbres de l'ancienne France, par M. Leroux de Lincy, p. 441, note). Les autres terres dont il s'agit avaient été confisquées à Jacques Cœur. Du reste, s'il faut en croire les chroniqueurs, la dame de Villequier se montiait fort reconnaissante de ces faveurs. M. Leroux de Lincy cite, d'après Jacques Du Clercq (rUlt. du Panthéon littéraire, p. 91), une anecdote des plus significatives. « La fille d'un écuyer de la ville d'Arras, nommé Antoine de Rebreuves, vint à la cour de France, en la compagnie de la dame de Genlis. Cette jeune fille, qui s'appeloit Blanche, étoit bien la plus belle qu'on pût voir. La dame de Villequier l'ayant rencontrée,