RESTITUTION D'UNE PARTIE
grande faveur. Après la violation de territoire dont il s'était rendu coupable, René se vit forcé de le sacrifier. Ses biens furent confisqués; on jeta sa femme et ses enfants en prison, et il aurait été peut-être plus durement traité luimême, s'il n'avait eu la précaution de se sauver. Jacques Cœur mort, les dispositions à l'égard de tous les siens et de ceux qui lui étaient restés fidèles changèreutimmédiatement. Jean de Village sollicita et obtint sa grâce pleine et entière. Par lettres du mois de février 1 457 ^, Charles VII le remit en « sa bonne famé et renommée » et lui rendit tous ceux de ses biens dont il n'avait pas disposé. Au mois d'août suivant, Ravant et Geoffroy Cœur furent mis en possession « de la grande maison que leur père avoit fait faire à Bourges, avec ses appartenances et dépendances, ensemble le mesnage et ustenciles qui estoient dedans, tant de bois que de cuisine. » Jean et Henri Cœur, qui occupaient tous les deux de bautes positions dans l'Église, avaient probablement renoncé, en faveur de leurs frères, à toute réclamation personnelle. Ceux-ci obtinrent de plus la restitution « de toutes autres maisons, places, jardins et rentes assises en ladite ville de Bourges, vignes, terres, prez et autres héritages assis à l'entour de ladite ville et généralement au pays de Berry qui n'avoient esté adjugées par décret et délivrées à ceux qui les avolent mis à prix. » Deux maisons situées à Lyon, ainsi que les mines d'argent, de plomb et de cuivre que l'argentier possédait dans le Lyonnais furent également rendues à ses enfants. En même temps, Ravant et Geoffroy Cœur furent autorisés à se partager par tiers, avec Guillaume de Varye, l'un des principaux associés de
1 Nouveau slyle, Procès, etc., p. 929 à 949. — Voir les leltres d'abolilion en faveur de Jean de Village, aux piècos juslificatives, n» 9.