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l'armée, publié d'excellents règlemeuts sur les finances, rétabli l'ordre dans les monnaies, fondé l'administration et porté le premier coup à la féodalité, venait de se laisser mourir de faim, de peur d'être empoisonné par son fils!
Peu de souverains ont été jugés d'une manière plus différente et plus contradictoire. Frappés uniquement de ses défauts, la plupart des historiens lui ont refusé tout mérite personnel. Pourtant l'un d'eux a fait observer avec raison « qu'un prince chassé de son trône, dépouillé de la meilleure partie de ses états , traversé à tous moments par les factions des grands de sa cour, sans argent, sans ressources pour en avoir, parvient difficilement au point de grandeur et de puissance où Charles Yll arriva, si son habileté et son application ne suppléent aux autres moyens pour surmonter tant d'obstacles, et qu'on ne pouvoit, au moins, lui contester un grand discernement pour bien choisir les personnes qui le servoient^.» — «Le premier, » s'il faut en croire le plus illustre chroniqueur du siècle, « il gaigna ce point d'imposer tailles à son plaisir, sans le consentement des Estatz de son Royaulme^. » Or,
1446 par Charles VII pour la réformation de la justice. Une nouvelle ordonnance, qui embrassait toutes les parties de la procédure, fut promulguée au mois d'avril 1453, avant Pâques. Cette ordonnance, qui ne comptait pas moins de 125 articles, a été considérée par Henrion de Pansey « comme un monument très-précieux de la sagesse de nos pères, n « C'est, suivant l'illustre magistrat, notre premier code de procédure. »
1 Le P. Daniel, Histoire de France, t. VII, année 1460.
* Mémoires de Commines, livre VI, chap. VI. — Voici le passage textuel : « Le Roy Charles septiesme fut le premier (par le moyen de plusieurs saiges et bons chevaliers qu'il avoit, qui luy avoient aydé et servy en sa conqueste de Normandie et de Guyenne que les Anglois tenoient) qui gaigna ce point d'imposer tailles à son plaisir, sans 1 consentement des Estais de son royaulme. Et pour lors y avoit grand» matières, tant pour garnir le pays conquis que pour despartir les gent des coBipagnies qui pilloient le royaulme. Et à cecy se consentirent les