‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 42 sur 359 · LVIII VALEUR · texte numérisé non relu

LVIII VALEUR

Se séparant complètement des maîtres de la science au sujet de l'évaluation des sommes historiques, Rossi prétendit que le problème de la mesure de la valeur était la quadrature du cercle en économie politique, et qu'on ne pouvait rien conclure de l'appréciation qui était faite de celle valeur à une époque donnée, attendu que, en cas de variation dans les prix, il n'était pas possible de dire si c'était la valeur du blé ou celle de l'argent qui avait varié. Suivant lui, l'une de- deux marchandises pouvant être devenue plus abondante, l'autre plus rare, l'une plus facile à produire, l'autre moins facile, tout était également variable d'un côté comme de l'autre. Rossi ajoutait que, pas plus que le travail et la monnaie, le blé ne fournissait le moyen de résoudre un problème qui se refusait à toute solution; que, lorsque des questions de statistique ou des travaux historiques nous faisaient sentir la nécessitéde déterminer lavaleur comparative d'une même denrée, dans des lieux situés à de grandes distances, il fallait s'attacher, avant tout, à l'étude des conditions spéciales du problème, et proportionner les moyens de solution aux difficultés qu'il renfermait. Il persistait d'ailleurs à croire que ce problème était particulièrement insoluble s'il s'agissait de temps très-éloignés l'un de l'autre, et, à plus forte raison, de peuples qui n'étaient pas compris dans la même sphère commerciale '.

D'un autre côté, M. Michel Chevalier fait observer que si l'on

sans en donner la preuve, que les calculs faits avant lui à ce sujet sont faux.

' Cours d'Économie politique, 1840, t. 1, 9« ef II* leçons, p. 150 et 189. — Ces observations portent l'empieinle de l'esprit éminemment pratique et positif de Rossi. Sans doute, on ne pourra jamais indiquer avi^c une précison mathi^matique la valeur relative des monnaies des Grecs, des Romains, et même des temps anciens de notre histoire; mais cette précision est-elle absolument indispensable.^ N'y a-t-il pas, d'ailleurs, une véritable salisfaclion à s't-n rapprocher le plus possible? Il est constant que les historiens avaient pendant longtemps accrédité à ce sujet les erreurs les plus grossières. Or, déjà on doit aux investigations de la science d'importants résultats, et il n'est pas permis de douter que de nouvelles études permettront d'obtenir, sur la valeur relative de nos monnaies à cliaque siècle, et même sous chaque règne, des notions aussi approximatives qu'on peut le souhaiter.

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